Accueil Amour MOI, JE L’APPELAIS JOHNNY

MOI, JE L’APPELAIS JOHNNY

338
0
PARTAGER

Johnny est mort…

Je l’ai appris dernièrement par Michel Drucker.

 

Et je suis resté sous le choc. Comme lui.

Johnny est mort…

Ça aurait pu être Monsieur Hallyday, Monsieur Smet ou encore simplement Johnny Hallyday. Pourtant, moi, je l’appelais Johnny. Et pour dire vrai, je n’avais pas envie de faire autrement. Même si je ne le connaissais pas intimement.

C’était Johnny comme Céline Dion est Céline et qu’il ne nous viendrait pas l’envie de l’appeler autrement.

Celui qui entre dans nos maisons et qui est constamment invité chez nous, même si nous, on n’est pas invités chez lui, on a un peu l’impression qu’il fait partie de la famille. Celui qui va où nous allons, qui nous rattrape quand on ne pense plus à lui, qu’on entend partout, un peu tout le temps, il en vient à faire partie de nous.

Johnny, c’est un peu ça. Et comme sa carrière a été longue, hé bien Johnny m’a accompagné durant toute ma vie.

À l’annonce de sa mort, j’ai publié une vidéo avec pour seule mention : « RIP Johnny ». Pour moi, ça disait tout.

C’était Johnny. Juste Johnny.

Il avait dix ans de différence avec moi. J’avais assisté à sa vie : ses ruptures amoureuses, ses succès de carrière, ses déprimes profondes, son intensité à tout rompre.

Quand j’avais dix ans, Johnny en avait vingt. Et il chantait « Pour moi la vie va commencer ». C’était vrai pour lui, c’était aussi vrai pour moi.

Quand j’avais 16 ans et l’âge de mes premiers frémissements amoureux, Johnny en avait 26 et chantait « Que je t’aime » qui représentait exactement ce qui m’avait fait vibrer un soir de novembre de cette année-là. Un soir comme on ne l’oublie jamais.

Quand j’avais 24 ans, Johnny en avait 34. Je me mariais cette année-là. Lui, ça faisait déjà 12 ans qu’il avait épousé Sylvie Vartan. Et il chantait « J’ai oublié de vivre ».

Je pourrais continuer ainsi pour toute ma vie.

Peu importe l’année, peu importe ce que je vivais, il était là. Bien présent. Intense. Entier. Comme une bête. Une bête de scène.

 

C’était Johnny.

Il vivait à fond. Et il donnait tout.

Il s’était marié cinq fois.

Il avait eu deux enfants puis deux autres adoptés avec la femme avec qui il finira sa vie, de 32 ans sa cadette, la superbe Laetitia qui lui déclara son amour plus d’une fois dont celle-là qu’il ne faut pas manquer :

 

C’était Johnny.

Il était là. Dans ma vie. Dans la vie de tout le monde. Et il durait.

Plein de vie.

À défoncer la vie.

À conserver son côté ado, rebelle, impolitiquement correct. Avec démons comme disait son épouse.

Je crois, au final, que je me reconnaissais en lui.

En moins intense, peut-être.

Mais tout de même.

Et il ne me semblait même pas possible qu’il parte. Pas avant moi.

Il avait toujours été là. Pour moi, il serait toujours là.

Il avait fait un duo avec la magnifique Isabelle Boulay – c’est ce duo que j’ai publié sur Facebook à l’annonce de la nouvelle -. Il m’avait marqué. « Tout au bout de nos peines, tout au bout de nos vies, qu’aurons-nous fait de nous? » Ce sera mon mot d’ordre pour mes dernières années sur terre. Ça vaut la peine de porter attention aux paroles :

 

Mais il n’était pas question d’aller là. En tout cas pas tout de suite.

C’était Johnny. Il était éternel.

Pourtant ce ne fut pas le cas.

Un cancer du poumon l’a terrassé.

Il en est mort.

Tout au bout de ses peines, tout au bout de sa vie, a-t-il été content de lui? J’espère que oui, je pense que oui. Je veux croire que oui.

Oui, ça aurait pu être Monsieur Hallyday, Monsieur Smet ou encore simplement Johnny Hallyday. Mais moi, je l’appelais Johnny.

Parce que c’était Johnny.

Juste Johnny.

Merci pour tout, Johnny.

Et repose en paix.

——————————–

Vous avez aimé cet article et vous désirez contribuer? La publication de ces textes est désormais une des seules façons que j’ai de gagner ma vie. Si donc vous en avez les moyens et l’élan, vous pouvez faire un don en cliquant plus bas.




 

PARTAGER
Article précédentL’AMOUR EST LA CONSCIENCE DE L’ATTACHEMENT… ET L’APPEL DE L’ENGAGEMENT.
Prochain articleNE SALISSEZ JAMAIS L’AMOUR
Jean Rochette

Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l’auteur de « Faites exploser vos couleurs » et « Des silences ébruités » aux Éditions du Dauphin Blanc.
Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

6 + dix-neuf =