Accueil Amour UN ESPOIR POUR LES COUPLES : LA THÉRAPIE CENTRÉE SUR L’ÉMOTION.

UN ESPOIR POUR LES COUPLES : LA THÉRAPIE CENTRÉE SUR L’ÉMOTION.

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Dans mon dernier article, je vous partageais mon enthousiasme pour une formation en thérapie de couple centrée sur l’émotion (TCÉ) que je viens de suivre.

Au départ, je prenais cette formation parce qu’elle m’avait attirée du fait qu’elle était recommandée par Marc Pistorio à qui je reconnais une belle expertise dans le domaine de l’attachement. Il me semblait en effet que de vouloir travailler sur le couple sans travailler sur les modes d’attachement de chacun était un peu illusoire.

Je m’attendais donc à une belle surprise, mais ce fut en fait une surprise magnifique.

J’ai été étonné par la puissance de cette thérapie, par la validation scientifique qu’elle a reçue et par la confirmation d’intuitions que j’avais depuis longtemps au sujet de l’amour et du couple.

Aujourd’hui, je voudrais tenter de vous expliquer pourquoi j’ai décidé de me former à ce style thérapeutique et en quoi les couples devraient, à mon avis, chercher un thérapeute formé à cette approche.

Loin de moi l’idée de dénigrer les autres thérapies conjugales, que je ne connais que peu et au sujet desquelles je ne pourrais pas vraiment parler.

Pourtant, je vous assure qu’avec mon expérience et le regard sur toute mes tentatives de couple par le passé, j’irais sans aucun doute en TCÉ aujourd’hui s’il m’était donné d’avoir à régler un problème de couple. J’aurais l’impression d’avoir là la meilleure approche qui soit.

Dans mon dernier article, j’écrivais ceci :

« Le partenaire anxieux est quelqu’un qui garde en tout temps son système d’attachement ouvert. Il s’est vendu l’idée qu’il a besoin de l’autre pour se compléter et pour répondre à ses besoins. Il a une peur bleue de l’autonomie et cherche la fusion dans laquelle il nage comme un poisson dans l’eau.

À l’inverse, le partenaire évitant garde sons système d’attachement fermé. Il s’est vendu l’idée qu’il doit à tout prix être autonome et qu’il est toujours préférable de se débrouiller seul. Il ne croit pas qu’’à deux on est plus fort et considère que de dépendre de quelqu’un d’autre pour quoi que ce soit est un risque qu’il ne peut se permettre de prendre, convaincu que tôt ou tard, l’autre le rejettera. C’est un champion de l’autonomie mais il se méfie de la fusion comme de la peste et par conséquent devient incapable de réelle intimité.

Ainsi, quand les deux se rencontrent, ils voient dans l’autre la partie qui leur manque : la fusion pour l’évitant et l’autonomie pour l’anxieux. Ils sont donc attirés, même chimiquement, par cette part d’eux-mêmes mis en veilleuse en eux mais très reconnaissable chez l’autre.

Au début, l’évitant fait preuve d’une grande proximité et l’anxieux d’une grande méfiance. On pourrait presque dire que chacun imite l’autre. La méfiance de l’anxieux est interprétée comme de l’autonomie par l’évitant et la proximité de l’évitant est assimilée à de la fusion chez l’anxieux. Il se disent donc : oh, voilà une personne comme moi, nous allons nous entendre. Ils ne réalisent pas que c’est exactement le contraire qui les a attirés l’un vers l’autre.

Avec le temps, l’anxieux devenant plus confiant accepte la relation et embarque véritablement dans la fusion apparente de l’évitant. Celui-ci, devant cette intimité réelle, prend peur et se retire graduellement, ce qui fait paniquer l’anxieux qui se met à le poursuivre sans relâche pour obtenir ce qu’il croit avoir eu au début. Mais plus il poursuit l’autre, plus l’évitant fuit, au point même de ne plus être en contact lui-même avec ses propres émotions.

Ainsi s’installe une cassette où l’un poursuit l’autre qui se sauve. Si la cassette se répète constamment et qu’on ne sort pas de cette dynamique nocive où plus jamais on est au même endroit en même temps, le couple est menacé et prendra fin à plus ou moins brève échéance.

Chacun des deux est dans sa peur la plus grande : l’anxieux d’être abandonné une fois de plus, l’évitant d’être envahi et de ne plus jamais s’appartenir, donc de disparaître. »

Il y a plus.

À force de discussions stériles, d’engueulades ou de querelles où définitivement, le partenaire anxieux en vient à faire de longs monologues, l’évitant n’attendant plus qu’une chose, que ça finisse, il peut arriver (et il arrive effectivement) que l’un des deux (parfois les deux) fasse quelque chose qui blesse l’autre profondément.

C’est ce qu’on appelle une « blessure d’attachement ». Un moment où quelque chose casse à l’intérieur et où l’on se dit : « je ne peux pas lui faire confiance ».

Or, l’attachement mutuel réside d’une part dans l’affection qu’on se porte mais aussi dans la sécurité de la conviction que quoi qu’il arrive, l’autre sera là pour moi.

Parfois, même souvent, le couple n’a pas conscience de ce qui vient de se produire. Ça peut partir d’ailleurs de quelque chose qui parait banal. Mais à l’intérieur, il y a maintenant une cassure dans l’attachement.

Si rien n’est fait pour réparer cette cassure, le couple ne résistera pas, quoi qu’il en soit de sa volonté de survivre.

Le conjoint blessé minimisera les bons coups de son partenaire et verra comme une confirmation de la blessure chacun des mauvais coups. Le conjoint blessant aura beau multiplier les gestes de bonne volonté, il partira perdant à la base. Et le tout, très souvent, sans qu’aucun des deux n’en ait conscience.

Pour arrêter ça, la blessure doit être identifiée, nommée, reçue, assumée puis pardonnée.

Identifiée et nommée par le partenaire blessé, reçue et assumée par le partenaire blessant, puis pardonnée par le partenaire blessé.

C’est là que la TCÉ excelle (et c’est sa plus grande force à mon avis). Car elle est constamment à la recherche de ces blessures d’attachement sans la réparation desquelles un attachement sécurisant n’est plus possible.

Je me rappelle, dans ma propre histoire, qu’avec une partenaire à l’époque, j’avais commis un geste qui me semblait un geste de loyauté. Elle avait arrêté de fumer depuis quelques semaines et nous étions en train de nous engueuler. Elle m’a alors dit : « Donne-moi une cigarette. » J’ai refusé en lui disant que si elle voulait recommencer, elle n’avait qu’à aller s’en acheter elle-même, que je refusais que mes cigarettes soient la cause de sa rechute. Pour moi, il s’agissait d’être loyal envers sa décision et donc envers elle. Je ne voulais pas être complice de sa rechute. Elle pouvait donc se fier sur moi. Pour elle, ce fut un manque de respect, un refus de la considérer et une marque de mépris pour ce qu’elle voulait. En ne pouvait donc se fier sur moi.

Ainsi, alors que je croyais faire preuve de loyauté, pour elle, j’avais fait preuve de déloyauté. Et ce jour-là, elle me l’avait partagé, quelque chose avait cassé en elle. Comme si son amour s’était brisé.

C’est ça, une blessure d’attachement. Un moment où la personne se dit : « je ne peux pas lui faire confiance ».

Évidemment, à l’époque, nous ne savions pas quoi faire avec ça ni l’un ni l’autre et le couple a fini par disparaître. J’en ai beaucoup souffert. Probablement qu’elle aussi, puisque même quand la sécurité de l’attachement disparaît, l’affection reste encore un certain temps.

Aujourd’hui, je sais que la TCÉ aurait permis de réparer cette blessure.

Il n’est pas donné à tous de pouvoir nommer cette cassure. Mais il y en a toujours au moins une quand un couple va mal. Parfois plus d’une. De part et d’autre.

La repérer et avoir les outils pour la réparer est la grande force de l’approche centrée sur les émotions. Et c’est la meilleure garantie de la restauration de l’attachement. Un attachement sécurisant. Un attachement réel où j’ai de nouveau la conviction que, quoi qu’il arrive, l’autre sera là pour moi.

N’est-ce pas magnifique?

Je suis bien conscient que cet article ressemble à une immense publicité. D’autant plus que je vais commencer à prendre des couples à partir de cette approche.

Mais je vis en Estrie au Québec. Mon blogue est lu par beaucoup d’autres que les gens de ma région. Mon but n’est pas de m’attirer des clients.

C’est réellement une approche magnifique.

C’est la seule, à mon avis, qui permet de réparer en profondeur les blessures infligées, souvent sans le vouloir, par des partenaires qui s’étaient promis d’être là l’un pour l’autre et qui se retrouvent face à face, comme des étrangers, démunis devant ce manque de confiance qu’ils ont désormais face à celui duquel ils attendaient le plus.

N’attendez pas que votre grand rêve se brise.

Guérissez-vous.

Et soyez heureux.

À deux.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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