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LA NÉCESSITÉ DE TROUVER SES VRAIS BESOINS

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J’ai 64 ans. Bon, ce n’est plus un secret pour personne.

J’ai aussi des diplômes très variés dans des domaines forts différents, des connaissances à n’en plus finir et près de 15 années de thérapie dans le corps.

On peut dire, dans un sens, que je me connais bien.

Pourtant, depuis deux semaines, je m’adonne à des activités que je qualifierais de compulsives. Car j’ai aussi, comme tout le monde, des compulsions.

Habituellement, quand j’entre dans une de ces activités compulsives je sais que c’est pour un temps, une sorte de fuite bénéfique (c’est toujours une fuite, une compulsion) afin de ne pas entrer en contact trop brutalement avec quelque chose qui me dérange de moi.

Ça dure quelques heures et je peux ensuite retourner en moi et voir ce qui s’y passe.

Pourtant, ce n’est pas comme ça que ça s’est passé cette fois.

Ça a duré deux semaines « non stop ». Sans que je puisse m’arrêter.

Je me voyais aller, mais n’avais pas accès à mon cœur. Je savais qu’il s’y passait quelque chose, mais je ne savais pas quoi et quand je m’arrêtais de faire mes activités, brutalement, par la seule force de la volonté, je ne faisais que penser à retourner à mes activités plutôt que d’avoir accès à mon cœur.

Ces deux semaines furent entrecoupées par un temps d’immobilisation. Une douleur morale, jusqu’au fond de mon être, m’a fait retomber durant trois jours dans une peine et un désespoir que je croyais avoir dépassés, sans comprendre du tout pourquoi ça arrivait.

Une autre semaine de compulsion me fit fuir à nouveau ce que j’avais vécu.

Conscient que j’étais dans la fuite, j’ai fini par me donner la permission de contacter mon cœur. En trouvant mon besoin.

Parce que dans des activités compulsives, il y a non seulement toujours une fuite mais aussi un message. Un besoin qui n’est pas répondu.

Beaucoup de gens, d’ailleurs, s’adonnant à une passion en faisant une activité croient que l’activité est leur besoin. J’ai déjà expliqué dans un autre texte qu’une activité n’est pas un besoin. C’est une stratégie pour y répondre. Le besoin, hélas, est quant à lui très souvent inconscient. C’est d’ailleurs pour cela que les activités peuvent servir de fuite. En étant constamment occupés, nous pouvons nous cacher nos besoins, qui nous ramène à nous, inévitablement.

J’ai donc pris le taureau par les cornes et osé entrer en contact avec ce fameux besoin. Caché au fond de mon être. Du coup, mon « besoin d’activisme » s’est calmé. Je suis devenu songeur, puis déprimé, puis mon cœur s’est ouvert. Un peu pour commencer. Beaucoup par la suite.

J’avais besoin d’amour.

Oh mon Dieu comme il était grand ce besoin.

Non pas l’amour d’un autre. Le mien.

Je dois ici vous expliquer.

Depuis quelques années, je m’étais investi dans des projets qui n’ont pas abouti comme je le souhaitais. De tout mon être. Et quand je dis de tout mon être, je veux dire de toute ma tête, de tout mon cœur et de toute mon âme. Tout. Vraiment. Complètement.

J’aurais voulu réussir dans mes activités. Parce que ça voulait dire réussir ma vie. Et je croyais fermement que mon besoin, c’était la réussite.

Or, la vie n’avait pas été clémente envers moi. C’est une sorte d’immense ravin qui m’attendait au bout du chemin. (Je vous ferai grâce de ce qui m’est arrivé depuis un an, j’ai déjà expliqué cela.)

Au terme d’un long cheminement et de deuils incroyables, je pensais être arrivé à me connecter à assez de confiance en moi, assez d’estime de moi pour reprendre mon chemin comme si rien ne s’était produit. Seulement voilà. Au moment où je pensais y être arrivé, la compulsion s’est pointée, affirmant inexorablement : « il manque encore quelque chose ».

J’étais maintenant en contact avec ces échecs. Totalement. Complètement.

Et surtout, j’étais en contact avec des côtés de moi auxquels j’attribuais ces échecs.

Quel était donc mon besoin?

Le pardon? Non, j’y étais arrivé. Je m’étais pardonné les actions que j’avais posées et qui avaient contribué, parfois pour beaucoup et parfois pour bien peu à tous ces échecs consécutifs. J’avais aussi pardonné aux autres.

La confiance? Non plus. J’avais repris confiance en moi et en mes capacités. Oh, il restait une partie à gagner sur la confiance par rapport aux autres mais j’avais de bonnes stratégies et je croyais bien y arriver… avec le temps.

Quel était donc ce besoin qui m’avait mis dans un tel état? Quel était ce manque qui apparaissait alors que je croyais avoir identifié tous mes besoins (en passant, les besoins, ça n’est pas fixe, ça change… on a toujours à réévaluer ses besoins).

La meilleure piste était le pardon. C’est là que je revenais constamment. Une partie de moi se disait que j’avais encore besoin de pardon. Pourtant, une autre partie me soufflait que non, c’était vraiment fait.

Et ça a éclaté.

En sanglots. En gros sanglots.

Oui je m’étais pardonné mes erreurs, mais je n’avais pas aimé ces parties de moi qui les avait provoquées.

Un immense besoin d’amour. Grand et gros comme le ciel. Grand et gros comme l’univers. J’étais en manque.

Et ça a été comme une révélation.

Je devais aimer ces morceaux de moi qui, oui, m’avaient fait faire des erreurs, mais constituaient aussi une immense richesse.

Je devais aimer ma capacité d’aimer qui m’avait conduit à ne plus m’aimer moi-même mais qui avait fait en sorte que j’aime très fort. Vraiment. Trop fort? Et puis non, pas trop fort. Vraiment pas.

Je devais aimer ma capacité d’intensité qui m’avait conduit parfois à l’aveuglement, mais qui, oui, était une grande qualité de cœur.

Je devais aimer mon côté passionnel qui m’avait parfois conduit à l’aveuglement mais qui me permettait aussi de vivre avec mes tripes plutôt que dans ma tête.

J’avais besoin d’amour.

——

Il arrive parfois que nos activités cachent une grande part de nous-mêmes. Surtout si elles sont compulsives.

Il ne faut pas les abandonner.

Je m’adonne encore à ces activités qui ont occupé mes deux semaines. Mais ce n’est plus compulsif.

Il faut plutôt trouver le besoin qui se cache derrière cette immense pulsion pour notre activité.

Je connais une personne qui n’est pas capable de supporter que les choses traînent à la maison. Du coup, la majeure partie de son temps se passe à ramasser les autres et à être en colère contre eux parce qu’ils ne partagent pas ce qu’elle appelle son « besoin de propreté ». Mais ce besoin en cache un autre. Plus profond. Plus grand. Et plus criant.

En le trouvant, cette personne continuera quand même à aimer la propreté. Mais plus posément. Moins compulsivement. Et avec sans doute plus d’indulgence pour elle et pour les autres.

Trouver son besoin caché, ce n’est pas toujours une mince affaire. D’autant plus que l’on considère trop souvent l’activité comme étant le besoin.

Pourtant, répondre à son besoin caché, c’est le plus sûr et le plus rapide chemin vers un plus grand développement.

Encore faut-il prendre le temps de le trouver.

Vous n’avez pas le temps?

Voilà bien l’indice et le symptôme qui me permettent d’affirmer qu’il faut que vous le preniez.

Il y va de votre évolution.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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