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L’AMOUR VA FRAPPER FORT.

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Quand seulement quelques personnes de cette terre commenceront à ne regarder qu’eux-mêmes au lieu de juger les autres, l’amour va frapper fort.
Je n’ai pas de vision, pas de téléphone rouge, pas de contact direct avec le Créateur.
Je n’ai pas encore beaucoup avancé dans ma vie.
Mais à chaque fois que j’ai avancé, c’est parce que je regardais à l’intérieur de moi.
C’est parce que je parlais de moi aux autres et non pas d’eux.
C’est parce que, plutôt que de critiquer, je regardais en moi ce qui me dérangeait dans ce comportement-là.
Lorsque ma mère, après une agonie d’environ un an et demi, m’a dit, juste à la fin : je voulais vous écrire chacun une lettre, mais je n’en ai pas eu le temps. Sache pourtant que ça peut se résumer comme ça : l’amour c’est tout ce qui compte.
Elle avait raison.
Mais je n’étais pas prêt à l’accepter.
J’avais en moi une telle colère, une telle révolte, une telle haine, que je m’offusquais, je me fâchais, je pétais les plombs à propos de tout et de rien, pensant à chaque fois que cette colère était justifiée.
Je suis resté et je me suis fâché dans des relations que j’aurais dû quitter sereinement.
J’ai laissé libre cours à toute cette colère parce qu’il fallait qu’elle sorte.
Il fallait dénoncer.
Dénoncer les cons, les stupides, les pas d’allure de ce monde.
En tout cas, cette dénonciation me portait très fort.
J’avais même écrit un article intitulé l’homme en colère qui présumait que certaines personnes naissent porteuses de colère et qu’ils sont là pour faire changer les choses.
Je me sentais un dénonciateur de la connerie et un apôtre du bien.
Je me trompais.
J’ai alors regardé en moi.
Et quelle surprise : j’y ai trouvé le con, l’absurde, le stupide, le pas d’allure…
Tous enfouis en moi.
Très très loin en moi.
Et j’ai dû les regarder.
Regarder la partie de moi un peu conne qui fais des réflexions dignes des histoires de blondes.
Regarder la partie de moi absurde qui a de la difficulté à trouver un sens à quoi que ce soit.
Regarder la partie stupide qui aime les choses quétaines, les choses que les autres trouvent laides, les choses « niaiseuses ».
Regarder la partie « pas d’allure » qui est capable d’être n’importe quoi, vraiment…
J’ai découvert en moi un personnage pour chaque chose qui m’énervait et me mettait en colère.
J’ai découvert surtout que je les jugeais beaucoup.
Et puis j’ai appris, par la force des choses, à les aimer lentement, une à une. Vraiment très lentement.
Et j’ai senti ma colère fondre, euh, comment dit-on déjà? Comme neige au soleil, voilà!
Je me sentais trahi, je trahissais aussi.
Je me sentais abandonné, j’abandonnais aussi.
Je me sentais blessé, je blessais aussi.
C’est ça le miracle qui se produit quand on regarde son ombre : tout ça nous appartient.
Et c’est sans doute ce qui a inspiré Christiane Singer lorsqu’elle écrit :
Devant toute souffrance, toute violence, toute dégradation, monte la question harcelante: qu’y a-t-il en moi qui souffre, qui mord, qui frappe, qui tue, qui dégrade?
C’est en plongeant ainsi au cœur de notre être que l’on découvre soudain que plus on porte de colère, plus c’est sur nous que le travail doit être fait. Non pas dans la dénonciation, même de soi-même, mais dans la compassion. Pour soi d’abord, et ensuite pour les autres. L’inverse n’est pas possible parce que c’est en nous que se cachent  les racines de ce mal en même temps que la lumière à apporter au monde.
Si je n’entre pas dans la compassion par rapport à moi-même, je ne pourrai pas l’apporter à d’autres puisqu’elle ne sera pas à l’intérieur de moi.
Dans toute « relation », la « reliance » est justement de transmettre à l’autre un peu de soi-même. Comment pourrait-on d’ailleurs lui transmettre autre chose?
Il faut commencer par soi, affronter ses démons, puis découvrir la joie et non pas la colère.
Car la vision compatissante de ses démons amène une joie si grande que toute forme de colère disparaît.
Comme le dit Christiane Singer :
Seul celui qui a osé voir que l’enfer est en lui y découvrira le ciel enfoui.
 
Et si seulement un petit nombre d’entre nous découvrent leur ciel. Si seulement un petit nombre d’entre nous découvrent la joie.
Alors là, oui, l’amour va frapper fort.
Et qui sait, peut-être, transformer un bout de notre terre…
Et cela pour toujours.
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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

4 COMMENTAIRES

  1. Ce que tu viens d'écrire me bouleverse totalement…comme si tu venais de me frapper.
    Comme si ce '' coup de poing '' venait de me faire réaliser bien des choses…qui changeront bien des choses.

  2. Allo !

    Ce que tu écris est toujours tellement plein de sens… Cela me fait réfléchir beaucoup… J'adore te lire… ça fait du bien. Continue !! Bye

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