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AVOIR DE L’ARGENT… OÙ EST LE PROBLÈME?

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Supposons que mes affaires marchent…

Oui, oui, supposons que je me mette à faire des conférences et que je fasse de l’argent avec ça.

Supposons que je gagne à la loterie.

Supposons que je devienne tout à coup millionnaire.

Supposons au final que je finisse par avoir ma maison deux étages sur le bord d’un lac et ma Mini Cooper décapotable. Un rêve.

Supposons…

Est-ce que ce serait grave?

Est-ce que je deviendrais un pervers, un salaud, un arnaqueur?

Est-ce que je deviendrais un exploiteur?

Est-ce que je deviendrais la cible du mouvement « Occupy »?

On entend souvent les gens associer l’argent à tous les maux de la terre. Comme si, en soi, avoir de l’argent, c’était très grave. Comme si obligatoirement les gens qui en font étaient une injustice sur deux pattes. Comme si c’était important de ne pas avoir de rêves « matériels ».

Je n’ai rien contre les gens dont le rêve est de parcourir la planète avec un sac à dos dans des auberges de jeunesse. Absolument rien. Si c’est leur goût, vraiment.

Personnellement, j’aime bien les 4 ou 5 étoiles. J’aime mieux aller une semaine quelque part dans l’abondance qu’un mois en faisant attention. N’est-ce pas mon choix? Est-ce que j’ai le droit?

Oui mais, me dira-t-on, il y a des gens qui n’ont rien…

Bien sûr. Et j’y suis sensible.

Mais est-ce que je leur dois absolument tout?

Je ne crois pas, non.

Mais je leur dois quand même quelque chose.

Je dois bien sûr contribuer à augmenter la justice sociale. Je dois me préoccuper des gens qui sont nés plus défavorisés que moi. Je dois aider les gens qui sont dans la rue. Je dois faire ma part pour un monde où les gens ne mourront pas de faim et auront accès à des soins de santé et à une éducation valorisante.

Parce que l’abondance, ça doit circuler.

Mais pas en me culpabilisant de bien gagner ma vie.

Pas en me cachant comme un criminel lorsque je me paye une voiture.

Pas en minimisant mon succès comme si c’était une tare, un défaut, un échec.

De mon point de vue, ce n’est pas tant l’argent qui est mauvais que la façon dont on l’obtient.

Et j’avoue que dans le monde, il y a des gens qui en ont beaucoup, qui veulent en faire encore plus et qui magouillent ensemble pour cela.

Là, il y a un problème.

Là, il y a un vrai défi.

Car le problème, rendu là, j’ai bien peur que ce ne soit plus l’argent.

Réfléchissons un peu.

Si j’ai tellement d’argent que je peux me payer tout ce que je veux et que je manque d’imagination pour tout dépenser, ma motivation ne peut pas être de faire encore plus d’argent. Non. Ma motivation alors, ça risque d’être le pouvoir.

Et c’est bien là que le bât blesse.

L’argent n’est pas un mal, pour moi. C’est lorsqu’il s’associe au pouvoir qu’il peut le devenir.

Et là, j’ai bien peur qu’on ne parle plus de gens qui gagnent 100 000$ ou même 200 000$ par année. Non.

Là, nous sommes en train de parler de gens qui luttent pour le contrôle du monde. De gens dont la soif de pouvoir n’est jamais assouvie. De gens dont l’unique but est de sentir la puissance qu’ils ont… et de leurs quelques larbins qui les aident moyennant statuts et finances.

Oh, non, je ne suis pas adepte de la théorie du complot. S’il y avait complot, ce serait caché, non? Ce n’est pas un complot. Ce n’est même pas un secret.  (Peut-être aussi qu’il y en a, mais je ne parle même pas de ça).

On voit des gens, dans le monde, qui s’associent régulièrement pour tout avoir.

On les voit. Ils ne se cachent pas.

Et pourquoi veulent-ils tout avoir alors qu’on a l’impression qu’ils ont déjà tout?

Parce que le pouvoir, la puissance, le contrôle sont des plus grandes sources de satisfaction que tout le reste.

Parce que lorsqu’on a déjà tout, soit en se retourne vers soi-même et on se développe à l’intérieur, soit on continue à vouloir toujours plus de l’extérieur.

Mais le problème, c’est que l’extérieur n’assouvit pas.

Il s’ensuivra inévitablement une escalade.

Parce qu’on en veut toujours plus.

C’est juste que vient un temps où avoir plus, ce n’est plus de l’argent. C’est du contrôle et du pouvoir.

Et à ça, il n’y a pas de limite, à moins d’être le maître du monde.

J’espère vraiment un jour faire assez d’argent pour me payer ma maison et ma voiture. J’espère en faire assez pour faire au moins un voyage par année. J’espère en faire assez pour ne plus me demander si tout sera payé ce mois-ci.

Oui, j’aimerais ça avoir du fric.

Et je ne crois pas que ce serait mal.

Juste parce que je l’aurai gagné.

Je vous souhaite à vous aussi cette abondance… si vous la désirez.

Mais de grâce, obtenez-la avec de bonnes méthodes éthiques, n’exploitez pas les gens qui travaillent pour vous et ayez le souci de faire circuler cette abondance dont vous avez la chance de bénéficier.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

2 COMMENTAIRES

  1. Merci de votre commentaire. Le lien inclus dans ce commentaire n'a pas été publié de façon à ce qu'on y ait accès en "cliquant". J'en suis désolé. Je ne peux rien y faire malheureusement car si je peux choisir de publier ou non, je ne peux pas, en revanche, intervenir dans le texte. Un inconvénient de "blogspot".

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