PRÉDICTIONS DE FIN DU MONDE ET MOMENT PRÉSENT.

PRÉDICTIONS DE FIN DU MONDE ET MOMENT PRÉSENT.

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J’ai toujours trouvé très amusant que certaines personnes continuent d’annoncer la fin du monde pour une date précise proche de nous. D’autant qu’à chaque fois, bien sûr, ils se trompent et voient leur crédibilité tomber avec leur prédiction.

La base de cette croyance est chrétienne puisque la Bible parle d’un temps de la fin.

Mais normalement, du point de vue chrétien, la fin du monde est censé être une bonne nouvelle puisque selon ces croyances, Jésus n’a pas terminé sa mission encore. Il est ressuscité mais nous laisse ici le temps de prêcher la bonne parole. Par la suite, il reviendra chercher celles et ceux qui ont entendu cette parole, laissant les autres… dans la merde… Une merde bien brûlante appelée « enfer ».

Mais personnellement,  le thème de la fin du monde me ramène toujours une petite histoire que j’avais lue lorsque j’étais enfant au sujet de la vie de saint Jean Bosco.

On raconte, selon la légende, qu’un jour, alors que Bosco était à l’école, un professeur avait fait le tour de la cour pendant la récréation et avait demandé aux enfants : que feriez-vous si vous saviez que vous alliez mourir dans 20 minutes?

Certains enfants disaient des choses comme : « Moi, j’irais embrasser mes parents; j’irais me confesser; j’irais me réconcilier avec mon ami etc. » Et on raconte que Bosco avait cessé de jouer quelques secondes, avait réfléchi et avait répondu : « Moi, je continuerais à jouer. »

Sage parole, je trouve, qui a guidé toute ma vie et qui pose la question la plus importante : quelle est ma place? Quelle est ma place, là, tout de suite?

Quand on peut répondre à cette question : « ma place est vraiment d’être ici, maintenant », il me semble que toute la question du moment présent est résolue d’emblée.

Il est souvent dit : vivez le moment présent, ça ne sert à rien d’anticiper le futur ou de se torturer avec le passé.

Mais ce moment présent doit aussi être le bon.

Si je suis en froid avec quelqu’un et que je me dis : « un jour, je me réconcilierai ». Pourquoi pas maintenant?

Si j’ai à m’occuper de quelque chose aujourd’hui et que j’ai le sentiment que c’est important, n’est-ce pas que tout autre chose ne serait pas adéquate?

Personnellement, j’avoue ne pas toujours y arriver, mais lorsque je peux me dire, au moment de faire quelque chose : « c’est ma place, là, maintenant », j’éprouve un sentiment de plénitude tel que le passé ou le futur ne me préoccupent guère. Je suis là, dans le présent, ancré dans cette certitude que ma place est là, aujourd’hui, maintenant.

Lorsque, par une circonstance hors de mon contrôle,  j’ai dû enlever de mon Facebook des gens à qui je tenais, j’ai eu le sentiment que je n’étais pas à ma place. J’ai souffert de ça. Ça me tiraillait. Et en restant dans ce malaise, la solution est apparue très vite.

Au moment où je suis entré dans le bureau de M. Untel pour signer ma démission de l’endroit où je travaillais, au moment où j’ai vu la ligne réservée à ma signature, j’ai eu le sentiment très net que là, j’étais à mal place. J’étais bien. C’était LE moment.

Et lorsque, mardi soir dernier, j’entendais la présentation qui allait « inaugurer » mes activités de conférencier, j’avais un sentiment de plénitude tel que je sentais mes pieds, bien ancrés au sol. Une impression très nette d’être là où il faut, quand il faut. C’était MA place, ce soir-là.

Lorsqu’hier, dans l’après-midi, je me suis assis sur la galerie chez moi avec en main le dernier Guillaume Musso et que j’ai ouvert la première page, ce sentiment d’être à ma place m’a donné l’impression que là, tout de suite, j’avais un rendez-vous avec l’auteur.

Et quand j’écris ce texte, je n’ai pas l’impression que j’ai envie d’écrire ce texte, mais que ce texte a envie de sortir de moi. C’est ma place, là, maintenant.

Dans ces moments privilégiés où je sens que je suis à ma place, la fin du monde ou tout autre machin truc annoncé peut bien arriver. Je suis là où je dois être à cet instant précis. Alors ça peut bien arriver…  Qu’importe? Je n’aurai ni regrets ni remords puisque j’étais là où il le fallait.

À ma place.

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Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

1 commentaire

  1. J'aime! S'assurer d'être à sa place demande une vigilance et une écoute constante. Ça doit venir de là l'expression "Être à côté de ses pompes"!

    Pour ma part, je n'ai pas pris de chance avec cette histoire de fin de monde. J'ai terminé le pot de "Dulce de leche"!

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