ÊTRE PÈRE

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Quels que soient les efforts que l’on mette dans la fusion des rôles parentaux et l’égalité des sexes, les femmes – les études le démontrent toujours – sont encore désespérément attirées par les hommes riches, puissants, les beaux mecs bâtis, les cocktails de testostérone ambulants.
Il semble que ce soit l’image de sécurité qu’ils projettent qui attire tant les femmes.
Écho de notre lointaine « cro-magnonnerie », les femmes recherchent, semble-t-il, essentiellement, un reproducteur puissant et sécurisant pour s’assurer la survie de sa progéniture.
Faut-il se battre contre cela ou l’assumer? On dirait bien que l’époque des hommes roses n’ait pas eue le succès escompté. Pourtant cette époque ne passe pas non plus.
Au grand désespoir des hommes qui ne savent plus quel rôle adopter, on dirait bien que les femmes veulent à la fois le « bad boy » d’antan et le rose d’aujourd’hui. Un homme rempli de testostérone, à la fois sauvage et cajolant, une sorte de tendre brute aux muscles d’acier et au cœur tout en tendresse.
Pour nous, les mâles, ça ressemble à la quadrature du cercle. Une sorte d’impossibilité en soi.
Pourtant, lorsqu’on regarde le rôle que devrait prendre le père dans l’éducation des enfants – du moins ce qu’on en sait actuellement – ça s’éclaire agréablement.
Le premier rôle du « père » potentiel est, du point de vue génétique, d’amener le bagage héréditaire le plus adéquat possible. L’évolution n’est pas philosophe : seuls les plus forts s’en sortent. On espère donc du père qu’il ait des gènes impeccables. Et il faut bien l’admettre : celui qui réussit dans la vie, qui est beau et intelligent, semble – en tout cas de l’extérieur – avoir plus de chances de rencontrer ces critères que l’autre, frêle et sans envergure, dont on a l’impression qu’il s’excuse d’être là.
Puis, lorsque l’enfant paraîtra, il sera totalement fusionné à sa mère qui, admettons-le, ne fera pas grand-chose pour que cet état de fait se modifie.
On aura alors besoin d’un homme qui, loin d’être frustré de perdre sa femme et d’être jaloux de son enfant, comprendra qu’il doit veiller à ce que l’enfant se sépare de sa mère. Ce sera son boulot. Sa vie. Son rôle ultime. Un rôle valorisant par ailleurs puisque, du même coup, il réclamera à sa femelle son dû de mâle, empêchant ainsi la femme de se perdre dans son rôle maternel et de rester femme.
C’est lui qui lancera le bébé dans les airs au grand désespoir de la mère.
C’est lui qui insistera pour qu’il fasse ses premiers tours de vélo dans la rue.
C’est lui qui interviendra pour qu’il vole de ses propres ailes.
C’est lui qui assistera son fils dans ses passages rituels.
C’est lui qui confirmera à sa fille qu’elle est belle et désirable pour un homme.
C’est lui qui, au final, incitera les siens à s’envoler du nid, fier de leur réussite et confiant dans leurs capacités.
Et pour ça, pour donner confiance à l’enfant de quitter le giron maternel, il devra donner une image de force et de courage, mais aussi de tendresse aimante.
Il devra être celui sur lequel on peut s’appuyer. Celui qui ne laissera jamais tomber. Celui qui ose. Celui qui encourage. Celui qui est capable de sortir des sentiers battus.
C’est pour cela qu’un père qui est absent ne peut remplir son rôle, peu importe qu’il ramène un tas d’argent à la maison. On a besoin de sa présence.
C’est pour cela qu’un père qui est victime d’alcoolisme ou d’une autre forme de dépendance ne peut remplir son rôle et doit se faire traiter au plus vite. On a besoin de sa sécurité.
C’est pour cela qu’un père qui est violent doit prendre son courage à deux mains et entrer en thérapie. On a besoin de sa tendresse.
C’est pour cela qu’un père qui est effacé et absent même quand il est présent ne peut être adéquat. On a besoin de sa force.
Un père, c’est une sorte de superhéros qu’on peut prendre comme modèle.
Un père, c’est une sorte de « tendre-salaud » qui arrache les enfants à leur mère.
Un père, c’est un dieu mythique qui a le pouvoir de « juger » ses enfants adéquats ou pas. C’est le centre de l’estime que ses enfants auront d’eux-mêmes.
Un père, c’est aussi un humain un peu gauche qui apprend comme il peut et qui ne sait pas trop quoi faire avec la petite boule qui vient de venir au monde, qui ne parle pas encore et qui pleure à tout rompre quand elle a mal au ventre.
Un père, c’est celui qui sait et qui transmet la connaissance de la réussite dans la vie. C’est aussi celui qui ne sait pas et qui est capable de l’admettre et de dire : sur ce coup-là, on va apprendre ensemble. Admettre l’un et l’autre est l’expression d’une force dont on a besoin pour grandir.
Un père, c’est quelqu’un qu’on doit inventer. Souvent parce qu’on ne l’a pas vécu nous-mêmes.
Un père, c’est un rôle fondamental qui n’a rien à voir avec un rôle de mère.
La mère est la puissance de l’amour intériorisant. L’amour qui entre en soi, qui attire et qui cajole. L’amour qu’on ne veut pas perdre et dont l’éloignement semble dramatique.
Le père est la puissance de l’amour extériorisant. L’amour qui sort de soi, qui pousse dans le monde avec fierté et qui, tout en tendresse, manifeste que l’éloignement n’enlève rien à l’amour que l’on porte.
L’amour d’une mère fait entrer l’enfant en intériorité.
L’amour d’un père doit propulser l’enfant dans le monde, convaincu qu’il peut le conquérir.

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Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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