Accueil Éducation La fête du choix de la maternité

La fête du choix de la maternité

1497
0
PARTAGER

Au Québec, aujourd’hui, c’est la fête des mères.

Traditionnellement, on a attribué aux femmes ce rôle de mère qu’on considérait comme inné. Il était normal pour elles de devenir enceintes, de s’occuper de l’enfant, de changer ses couches, de le nourrir, de le soigner, de le cajoler. Tellement normal que femme et mère étaient presque synonymes dans notre culture.

Pourtant, les données de la psychologie montrent clairement qu’il n’y a pas d’ « instinct » maternel. Ça n’existe pas. Je me souviens d’ailleurs de ma résistance lorsque j’ai entendu cela pour la première fois! Tout mon être résistait à cette idée tellement elle était ancrée en moi. Jusqu’à ce que je prenne connaissance des études. On devait se rendre à l’évidence : ce que l’on nomme « instinct maternel » est en fait une série d’habiletés apprises dès l’enfance au contact de sa propre mère et des autres.

Cela peut sembler décevant au premier abord puisqu’on a l’impression que ça enlève de la magie. Mais la magie de quoi? La magie d’une croyance qui fait de la femme la seule possible pour s’occuper adéquatement du bébé? La magie du renforcement de l’idée que le père est moins important? La magie qui fait de celles qui ne sentent pas l’appel de la maternité des égoïstes patentées?

Quand on y pense, le fait que l’ « instinct maternel » n’existe pas est au contraire une bonne nouvelle.

Une bonne nouvelle car être mère devient non plus une sorte de karma inévitable mais un choix. La maternité s’inscrit maintenant dans une vision de liberté. Être mère est maintenant une possibilité et non plus une évidence.

C’est ce qui fait que toutes les femmes qui ont choisi vraiment d’être mères peuvent être saluées d’une double façon.

C’est la fête des mères aujourd’hui.

C’est la fête de celles qui ont fait le choix d’engendrer de nouvelles vies. Le choix de mettre en veilleuse temporairement d’autres choix. Le choix de vivre l’aventure avec ses responsabilités, ses beautés mais aussi ses inconvénients.

C’est la fête de femmes qui ont choisi.

Oh, pas encore tout à fait. Les mentalités n’avancent pas au rythme des recherches et il faudra encore quelques années avant que cette maternité ne devienne complètement un choix libre.

Mais en cette fête des mères, nous pouvons bien sûr anticiper, féliciter pour leur choix celles qui en ont fait un et encourager les autres à demander aux pères de prendre de plus en plus de place dans les soins et l’éducation des enfants. Si l’instinct maternel est quelque chose d’appris, il doit bien y avoir également un instinct paternel à apprendre.

Bonne fête donc à ces femmes merveilleuses qui ont choisi de mettre au monde de nouvelles vies, un nouvel apport de sang neuf à l’humanité, de nouveaux participants à la grande aventure de l’humanité.

Soyez remerciées aujourd’hui de ce choix.

Et osez prendre conscience que vous auriez pu choisir autre chose.. et élevez vos filles dans la liberté.

Et que, toujours davantage, la fête des mères devienne la fête de celles qui auront fait un choix.

Bonne fête du rôle de mère.

Bonne fête de la maternité.

Bonne fête de la liberté.

Bonne fête des mamans.

PARTAGER
Article précédentALLER VITE OU L’ART DE TOURNER EN ROND.
Prochain articleLES NARCISSIQUES SONT SURTOUT VICTIMES D’EUX-MÊMES… OU LE DEVRAIENT.
Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

neuf − sept =