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AIMER

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Aimer, c’est s’aimer d’abord, bien sûr, mais si fort que tout cet amour déborde de partout et rejaillit sur l’autre, de toutes les manières.

Aimer, c’est sentir un lien. Un lien parfois de toute éternité. Un appel à vivre quelque chose. Pour soi et pour l’autre.

Aimer, c’est un choix d’entretenir. De prendre soin de ce lien senti. De le coocooner, de le garder, de le soigner de toutes les manières possibles et d’en inventer d’autres lorsque les premières sont épuisées. Pour qu’il se maintienne. Pour qu’il s’ancre et s’enracine.

Aimer, c’est choisir en toute autonomie de dépendre désormais d’un autre et qu’il dépende de nous.

Aimer, c’est de porter l’autre dans tout ce qu’on fait, non pas dans une absence qui fait mal mais dans une présence authentique, même en son absence.

Aimer, c’est choisir de garder le cœur dans l’accueil du nouveau de l’autre, dans l’étonnement, dans la surprise.

Aimer, c’est aussi prendre plaisir aux gestes quotidiens, créer une bienveillante routine qui, meublée de chacun de nos banals gestes, prendra l’allure de l’aventure qui dure, de la sécurité, de la prévisibilité.

Aimer c’est accepter que la force ne soit pas égale tout le temps. Que parfois je serai le pilier et d’autres fois ce sera l’autre.

Aimer, c’est se créer une histoire. À deux, d’abord, puis ensuite à trois ou quatre ou deux cents selon les lieux de notre fécondité. Juste parce qu’à deux, on est plus forts.

Aimer, c’est aussi oser la différence, l’affirmation, la confrontation parfois, toujours dans la bienveillance et le respect mutuel. Toujours pour se dire plus soi-même et accueillir plus l’autre qui se dira aussi.

Aimer, c’est l’engagement, la gageure folle qu’il y aura du meilleur, qu’il y aura du pire, mais qu’au final il y aura toujours plus de meilleur que de pire.

Et être aimé, c’est la même chose.

Mais dans l’autre sens.

C’est pour ça qu’il faut être deux pour bâtir un amour.

Et que rien n’est possible si un seul a dit oui.

 

 

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

3 COMMENTAIRES

  1. Mignon. Plutôt poétique et la poésie donne accès à bien des choses. Mais malgré tout très inhabituel dans vos productions, cher Jean Rochette (que je viens de découvrir avec enthousiasme) : cela manque de contrepoint, de complexité, de perspectives scientifiques, d’expériences tirées de votre pratique de la thérapie de couple. Du coup, du moins pour moi, je trouve que c’est vite lu vite oublié.
    Aimer c’est aussi savoir gérer la haine, l’autre côté -sombre- de la médaille ; reconnaître celle-ci et savoir lui donner sa juste place (s’appuyer sur elle pour aborder ensemble ce qui ne va pas, par exemple). Aimer c’est permettre à Eros de supplanter Thanatos, ce qui ne veut pas dire négliger cette pulsion destructrice sous peine de la voir tout ravager lorsqu’elle pourra trouver un accès. Aimer c’est retrouver les bases infantiles de l’émerveillement fusionnel, et savoir cependant qu’on en mourrait si ces bases étaient pleinement vécues dans notre âge adulte. Je sais bien que vous savez tout ça ; c’est juste pour vous dire mon étonnement devant cet écrit d’aujourd’hui.
    Mais je suis moi-même tout autant, bien sûr, en quête de cet amour complet, et porteur de la blessure d’amour et de manque, commune à tout être humain.
    Bien cordialement, et merci pour votre beau travail.
    Jean-Marc HENRIOT

    • Bonjour M. Henriot.
      Vous avez totalement raison. Ce texte n’est que poétique et ne vise pas dans un premier temps à faire le tour d’un sujet aussi vaste. Je me suis d’ailleurs demandé longtemps si j’allais le publier. Cependant, il faut le voir comme une sorte d’entrée en matière. En effet, je prépare actuellement quelque chose de plus vaste qui risque de faire quelques vagues.
      Surfant sur les styles d’attachement de Bowlby, d’Ainsworth et plus tard de Marc Pistorio, il m’est venu comme une évidence que les couples d’aujourd’hui, et plus largement le monde d’aujourd’hui, confondent généralement autonomie et indépendance. Ici, il faut entendre l’indépendance au sens que lui donnent les gens à l’attachement évitant qui sont incapables d’intimité et pour qui l’autosuffisance paraît être la panacée à tous les problèmes.
      Mon texte d’aujourd’hui aborde comme une sorte d’introduction ce problème en introduisant timidement l’idée du choix, en toute autonomie de dépendre de quelqu’un. D’autres textes suivront sur le sujet.
      Quant aux pulsions destructrices, elles sont aussi vaguement mentionnées dans « l’oser l’affirmaton de soi ».
      Bref, j’ai eu cet élan poétique très court d’ailleurs et il m’a semblé une bonne introduction à quelque chose de plus vaste qui s’en vient.
      Je pense que la suite vous plaira davantage.
      🙂
      Jean R.

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