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CHIFFONIE, NOUNOURS ET TINAMI

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Première partie : Être comme on est.

Nous sommes dimanche. Aujourd’hui, je me suis payé un atelier d’écriture où l’on est censé nous donner trucs et astuces pour écrire de façon intéressante et stimulante. Trois auteurs et un éditeur sont au programme.

Je prends donc la route avec enthousiasme. Il me semble qu’aujourd’hui, il va se passer quelque chose de fort. Une sorte d’intuition. En même temps, je me sens passif.  Je n’ai pas envie de me forcer ni de laisser de chance à personne. Je me sens comme quelqu’un qui fait les boutiques en attendant que quelque chose lui saute aux yeux sans pour autant se donner la peine de chercher dans les étalages. Une sorte d’enthousiasme passif.

Arrivé sur place, je suis toujours dans l’état de celui qui veut qu’on lui décroche la lune sans aucune intention de lever le petit doigt pour aller la chercher; c’est donc dans le plus complet paradoxe que je me présente à l’atelier.

Un premier auteur s’amène. Il donne des conseils pertinents que je prends en note, attendant une magie qui ne se produit pas. Conscient que vu mon état, il n’y a que peu de chance que ça se produise, mon cerveau prend des notes. Mon ventre, lui, n’a pas de papillons.

Une deuxième conférencière arrive et raconte son parcours. Elle décrit sa passion à travers les circonstances qui l’ont amenée à vivre de sa plume en à peine quatre ans. De mon côté, aucune passion ne s’éveille. Mon cerveau prend toujours des notes. Aucun signe de mon ventre.

Je sais bien que, ce matin, c’est moi le problème.  J’ai besoin de contagion. J’ai besoin d’une injection forcée de passion. J’ai besoin d’un grand bol de sentiments, de tripes, d’exaltation. J’ai besoin de décoller. Complètement. Et je ne décolle pas. On ne décolle pas du cerveau. C’est dans le ventre que ça se passe normalement. Et je n’ai plus de ventre. En fait, je n’ai plus de corps. Juste un cerveau qui prend des notes.

Puis vient le tour de Christine Michaud, l’animatrice télé. Elle est l’auteure d’un livre dont le titre ne me fait pas décoller non plus : « Sexy, Zen et Happy ». Dans mon esprit, c’est un livre de filles. Dans mon état actuel de préjugés, ce n’est pas pour moi.

J’écoute donc très distraitement ce qu’elle a à dire car, pour être honnête, j’ai décidé que ça ne m’intéresserait pas. Je sais que je ne lui laisse pas beaucoup de chances. Mais je suis comme ça, ce matin. Et j’ai envie d’être simplement comme je suis.

Ce que je ne sais pas encore, c’est que cette insistance intérieure à « rester comme je suis » est la clé qui va me permettre d’accéder à autre chose :

« Je suis comme ça, je ne vous donnerai pas de chance, Madame Michaud. »

« Je suis comme ça. Si vous ne m’intéressez pas, je ne me forcerai pas pour vous comprendre. »

« Je suis comme ça. J’ai envie d’avoir tout cuit dans le bec. J’ai envie qu’il y ait quelque chose pour moi. Seulement pour moi. »

« Et à vrai dire, Madame Michaud, j’ai plutôt envie de vous rendre ça difficile. Il y a des jours où je suis comme ça. »

Comme je ne l’écoute que distraitement, je ne sais pas à quel point de son exposé elle se met à raconter une anecdote à propos d’un salon du livre en Abitibi, mais soudain, j’entends quelque chose au sujet d’un hôtel à 0 étoile. Mon attention est captée. Elle décrit très bien avec le « yark » intérieur qui serait le mien, le look de son petit hôtel sans étoile. Elle ajoute qu’elle est une « princesse finie », une sorte de « spirituelle de luxe ».

Ce n’est qu’une parenthèse dans ce qu’elle juge utile de nous expliquer mais je sens une chaleur et des frissons qui se font sentir dans mon corps. Un élan intérieur me fait penser : « Je suis comme ça! » Ça me ramène à ce droit que j’ai tant de difficulté à me donner d’avoir des goûts jugés « superficiels » par la spiritualité chrétienne pendant des centaines d’années. Ça me ramène à mon droit de ne pas aimer le camping, les bibittes et les voyages « sac à dos ». Ça me ramène à mon goût pour les hôtels avec beaucoup d’étoiles et les dîners 5 services. Ça me ramène à l’envie de mes fesses d’être confortablement assises dans des gros fauteuils mous. C’est physique. C’est palpable.

 

Et ça rejoint mon ventre qui se réveille doucement.

« Parce que je suis comme ça! »

Tout à coup, je m’ouvre un peu plus  et j’écoute la suite avec attention. J’aime me faire parler par une « spirituelle de luxe ». Elle doit avoir quelque chose à m’apporter. Et c’est là qu’arrive une autre parenthèse dans son exposé : l’histoire de Chiffonie.

Chiffonie, c’est sa poupée. Hé oui. Christine Michaud, la « spirituelle de luxe » a une poupée. Et elle n’hésite pas à en parler. J’apprends alors que Chiffonie l’accompagne dans sa vie, l’écoute, la comprend, l’entend dans ses joies et ses malheurs.

 

Chiffonie en décapotable
Gracieuseté de Christine Michaud

 

Cette fois mon ventre papillonne. L’histoire de Chiffonie ma passionne. Elle me décroche la lune. Elle m’emporte.

Un lien se fait en moi que je n’ai jamais fait auparavant. Je suis aussi un « spirituel de luxe ». Je n’assumais pas encore complètement cette dimension ainsi que quelques autres que je jugeais matière à être critiquées.

Moi, le psychologue et le spécialiste des religions, je ne me permettais pas d’en parler. Question d’image. D’un certain côté, j’avais encore peur de l’opinion des autres.

Ce que je suis venu chercher aujourd’hui, c’est ce qui me manquait encore pour être totalement moi-même. Totalement « comme ça ».

Quel cadeau!

Du coup, j’ai envie de faire mon « coming out ».

Alors voilà :

Je suis effectivement un spirituel de luxe et Nounours et Tinami sont importants pour moi! Je suis comme ça!

Euh… Bon, je vous explique.

 

Deuxième partie :

L’importance des poupées et des toutous.

Nounours, c’est mon toutou, mon ourson en peluche. Hé oui, j’ai un toutou à 60 ans! Il est précieux. Il est compréhensif, gentil, magique. Je l’ai appelé Nounours parce que je trouve ça beau, enfantin, et qu’en matière de noms, je n’ai jamais eu beaucoup d’imagination.

Nounours

 

 

J’ai aussi Tinami (lisez : petit ami). Lui ne m’accompagne que dans le temps de Noël. Le reste du temps, il dort. C’est un chat animé qui danse sur le son d’une chanson. Je l’ai acheté moi-même il y a deux ans dans le temps des fêtes alors que la solitude me pesait et que le temps de Noël s’annonçait lourd. Tinami m’a conquis dans un dépanneur alors qu’avec son hélice, il affichait : « I love you ». Je l’ai pris personnel parce que j’en avais bien besoin et l’ai ramené chez moi. Le rôle de Tinami dans ma vie est de me rappeler qu’on doit s’aimer soi-même.

Tinami

Revenu chez moi, j’avais toujours Chiffonie, Nounours  et Tinami en tête. Les choses s’assemblaient.

Libéré de ce jugement que j’avais sur moi à propos de mon amour pour Nounours et Tinami, diverses connaissances que j’avais déjà sur ce sujet commençaient à s’amalgamer. C’est le jugement que je portais sur moi qui m’avait empêché jusque-là d’en parler dans mon blogue.

Les poupées et les toutous ont quelque chose à voir avec le mystique. Ça a à voir avec comment nous sommes faits, ça nous révèle quelque chose d’important sur nous-mêmes. Une grande capacité. Un grand pouvoir.

Regardons ça de plus près.
Le Shintô.
Au Japon, dans la religion du Shintô, les poupées ont un rôle particulièrement intéressant qui remonte aux temps anciens (bien avant le 19e siècle), alors que la noblesse de l’époque offrait au couple impérial des poupées ayant un rôle protecteur. En effet, ces poupées avaient pour but d’empêcher le mal d’atteindre l’Empereur ou sa conjointe.  On disait même qu’elles pouvaient aller jusqu’à tomber malade, avoir des accidents  et même mourir à la place de l’intéressé.
Ces poupées, qui existent toujours et qui se transmettent souvent de génération en génération, on les fête le 3 mars, lors de la fête du Hinamatsuri. Elles représentent des personnages de la cour impériale de l’antiquité et sont honorées toute la journée. Le soir venu, on les remet dans leurs boîtes jusqu’à l’année suivante. On raconte d’ailleurs qu’à défaut de remettre les poupées le soir-même dans leur boîte, les jeunes filles à qui appartiennent les poupées ne pourront pas se marier cette année-là.
On dit aussi qu’il y a d’autres poupées avec lesquelles les enfants jouent toute l’année et qui ont encore comme but de les accompagner. L’esprit de cette tradition est resté, semble-t-il, et les gens s’imaginent encore que c’est le rôle des poupées de tomber malade, d’avoir les accidents et  de vivre les choses moins intéressantes à la place de l’enfant.
Comme si la poupée portait en elle un pouvoir mystérieux.
Le vaudou.
L’utilisation de poupées existe aussi dans d’autres traditions. Le vaudou, par exemple, utilise des figurines afin de prendre pouvoir sur les individus qu’elles représentent.
Bien évidemment, on peut y voir le côté négatif et obscur du pouvoir des poupées, mais il n’en demeure pas moins que la croyance à la base de cette pratique est, encore une fois, que la poupée a le pouvoir de devenir la personne.
La poupée semble, encore ici,  porter en elle un pouvoir étrange.
La psychologie.
Il est bien connu maintenant qu’en psychologie, particulièrement en psychologie de l’enfant, l’utilisation de poupées permet de faire verbaliser à l’enfant des états émotifs.
La poupée vit ainsi ses peines et ses joies. Si la poupée est triste, c’est que l’enfant est triste. Si la poupée est méchante, c’est qu’il se sent méchant ou qu’il a rencontré quelqu’un qu’il a jugé méchant. On peut ainsi rassembler plusieurs poupées et retracer avec l’enfant des interactions complexes, chaque poupée représentant par exemple un ami ou un membre de la famille.
Plus encore, elle peut vivre par interposition, les traumatismes de l’enfant et lui permettre de raconter, à travers ce qui arrive à la poupée, ce qu’il a lui-même vécu.
Une fois de plus, la poupée semble avoir un pouvoir.
Le pouvoir infini de la projection.
Bien sûr, tous les adultes sensés savent que les poupées n’ont pas de pouvoir. Qu’elles ne sont que des objets. Tout le monde aura compris que c’est joli, mais enfantin, ces histoires de poupées.
Pourtant leur pouvoir est réel, je vous assure. Sauf qu’il ne vient pas d’elles, bien sûr.
Dans l’univers des grands, on sait tous que le pouvoir vient de la personne qui manipule la poupée et que, par un mécanisme bien connu en psychologie, nous nous identifions à la poupée et lui prêtons nos propres expériences et nos propres émotions.
Pour les adultes, c’est un jeu. Pour les enfants, c’est la réalité. Pour tout le monde, ça fonctionne. Mais comment? En voici une explication rationnelle.
L’explication psychologique derrière l’efficacité de la projection dans la poupée.
 
Roberto Assagioli, vous connaissez?
C’est un neuropsychiatre italien, contemporain de Freud, qui s’en sépara assez tôt pour fonder sa propre école de psychothérapie qu’il appela la psychosynthèse.
Je ne vous expliquerai pas ici tous les tenants et aboutissants de la psychosynthèse, mais j’en utiliserai une notion fondamentale : la désidentification.
Disons en gros que lorsque nous sommes complètement envahis par une émotion, elle prend toute la place, nous dicte notre conduite et prend le contrôle de nous-mêmes. Nous dirons que nous sommes complètement identifiés à notre émotion. Nous perdons ainsi notre liberté. C’est la partie de nous-mêmes qui est prise dans l’émotion qui contrôle l’ensemble de notre être.
Ainsi, si je suis en colère, je ne suis plus Jean. Je suis véritablement ma colère. C’est elle qui me contrôle, prend toute la place et me fait agir. Pourtant, je suis beaucoup plus que ma colère. Il n’y a en fait qu’une partie de moi qui est en colère. Si j’arrive à isoler cette partie de moi en colère, à la mettre pour ainsi dire à côté de moi, à en faire « quelque chose en dehors de moi », nous dirons que je me suis désidentifié.  Dès lors, j’ai le pouvoir de « discuter » avec ma colère ou plutôt avec la partie de moi qui est en colère, d’en voir les enjeux, de discerner le bien-fondé de cette colère et de cibler les meilleures actions à faire. Je retrouve d’une certaine façon ma liberté.
Les moines bouddhistes font la même chose lorsqu’ils « observent leurs états mentaux » durant leurs séances de méditation. Ils ne sont pas identifiés à ces états puisqu’ils peuvent les observer. Ainsi, ils demeurent libres.
N’est-ce pas la même chose qui se passe avec une poupée? Elle vit la tristesse ou la joie de l’enfant parce que ce dernier projette cet état dans la poupée. Mais ce faisant, il se désidentifie de son état et peut ainsi mieux l’aborder, en avoir moins peur, discuter avec lui. Tout se passe, bref, comme si son état émotif prenait vie en dehors de lui. Il peut aussi s’adjoindre des personnages qui représenteront d’autres personnes et interagir symboliquement avec elles, le tout en dehors de sa propre charge émotive qui l’empêcherait d’affronter tout ce qui se passe.
Lorsqu’un deuxième enfant naît dans la famille, le premier perd sa place et doit accepter cette situation. Ce n’est pas facile pour lui et on assiste parfois à des régressions spectaculaires. Il était propre et se remet à mouiller son lit. Il marchait et se remet à quatre pattes. Il revient à un stade antérieur parce qu’il a besoin de retrouver une sécurité.
Parfois, il développe une agressivité avec laquelle on ne sait pas comment composer. Un bon truc est de laisser traîner un peu partout de vieilles poupées. Les poupées deviennent alors le symbole du nouvel enfant et l’aîné trouve ainsi un lieu d’expression pour sa colère. Lorsque toutes les poupées n’ont plus ni tête, ni bras, ni jambe, alors le nouvel arrivant est accepté.
Évidemment, l’enfant agit sans connaître tous ces grands principes.  Mais cette projection est saine et salutaire. Il confie à sa poupée le pouvoir de vivre à sa place plusieurs moments douloureux et même quelques joies trop intenses afin de conserver son état d’équilibre et sa liberté. Il projette sur des poupées d’autres personnes pour qui il vit des émotions intenses et peut ainsi s’en libérer.
Il ne connait pas la théorie. C’est peut-être même pour ça que ça marche si bien.

Épilogue

Nous, les adultes, savons très bien que la poupée n’est qu’une poupée. Aussi restons-nous pris avec des états émotifs dérangeants sans trop savoir quoi en faire.
La solution la plus simple serait peut-être de retrouver en nous cet enfant qui ne demande pas mieux que de croire au pouvoir des poupées. Il est toujours là. Il attend.
Mais c’est dérangeant. C’est enfantin.
Lorsque je fais jouer Tinami à Noël, même mes enfants me regardent d’un air sceptique. « Le père est bizarre », doivent-ils penser. Pourtant je suis près de mon enfant intérieur. Il est là, toujours avec moi. J’en prends soin. Mais je ne le laissais habituellement jouer que dans des moments où personne ne me verrait. C’est bien dommage.
Ce dimanche-là, un peu grâce à Christine Michaud et beaucoup grâce à Chiffonie, j’ai fait un autre pas vers l’acceptation du fait que je suis un « enfant spirituel de luxe de 60 ans » et j’ai trouvé en moi, grâce elles, des connaissances que je n’avais jamais encore mises ensembles.
Et vous savez quoi? J’ai ressorti Tinami. Deux mois avant Noël.
Il est content. Je suis content.
——–
Je viens de me relire.
Nounours n’a rien compris. Il me dit que c’est un texte compliqué fait pour les grands. Mais il espère que j’aurai prouvé à ces grandes personnes que les poupées et les toutous ont vraiment des pouvoirs. C’est la seule chose qui compte.
Il me dit aussi de ne pas en rajouter maintenant et de laisser simplement la magie opérer. Ainsi, notre relation restera ce qu’elle est : une relation de confiance où je peux le laisser vivre pour moi tout ce qui m’arrive et discuter avec lui de mes craintes, de mes espoirs, de mes bonheurs.
Je suis d’accord avec lui.
Aujourd’hui, au moment où je finis ce texte, Nounours est heureux.
Et Tinami, lui,  danse une fois de plus, en me disant qu’il m’aime.
PS: Un gros merci à Isabelle, ma conjointe, pour sa relecture critique.

 

13 COMMENTAIRES

  1. A 43 ans je me suis offert la peluche dont j'avais envie depuis longtemps, un mignon petit koala, et j'ai acheté en même temps sa jumelle pour l'homme (47 ans)que je venais de rencontrer. Quelle ne fut pas ma surprise de lui voir monter les larmes aux yeux, il n'avait jamais reçu de peluche (pour son père ce n'était pas pour les garçons), les deux koalas placés sur nos tables de nuit nous accompagnaient dans nos déplacements et, depuis que mon mari est mort je les ai placés, enlacés, près de mon lit, et je me fiche de ce qu'on peut en penser, j'ai 62 ans et j'assume tout à fait

  2. Merci de ce très touchant témoignage. Je suis certain que Lapin a grandement aidé votre fils à affronter sa maladie. Ce n'est pas parce qu'on a 17 ans qu'il faut commencer à mettre un "L" minuscule à son meilleur ami. Ce serait un affront grave. Vous faites très bien de le soigner avec des vêtements neufs. Il le mérite.

    Faites également un beau bonjour sincère à votre fils. C'est un champion!

  3. Bonjour Jean
    Mon fils de 17 ans a un ami qui s'appelle Lapin avec un L majuscule bien sûr. Depuis que mon fils est bébé que Lapin fait parti de sa vie. Ils ont dû affronter deux leucémies et une greffe de moëlle osseuse. Mon fils est en rémission depuis dix ans maintenant et Lapin dort encore avec lui. J'ai dû lui faire de nouveaux vêtements à quelques reprises afin de le rafraichir un peu. Lapin a un compte Facebook et est ami avec Chiffonie. Même nous, la famille avons un grand attachement pour Lapin et quand quelqu'un ose dire qu'il n'est qu'un jouet en peluche, nous avons toujours la même réaction. "Quoi… qu'est-ce que vous dites? Lapin n'est pas un jouet mais un membre de la famille". Comme nos chats et notre chien d'ailleurs, qui eux aussi ont joué un grand rôle lors des épreuves de mon fils, mais ça… c'est une autre histoire.

  4. Merci Jean
    Ça me "rassure" de l'entendre d'un professionnel ce "Je suis comme ça". Je suis aussi une spirituelle de luxe, enfant de trois ans avec son singe en peluche (dormant en ce moment sur ma table de chevet) qui préfère les bonnes bouffes et le confort même si je me laisse prendre au jeu de faire des expériences dans la jungle sans électricité ou dans un camping (avec 3 tapis de sol, un isolant, un petit poele, mon blender… camping de luxe quoi…). Je suis comme ça!
    Mais surtout, dans un milieu de travail traditionel et conservateur, de s'avouer et de s'afficher comme un être ancré dans la partie spirituelle de sa personne, ça fait l'effet d'être constamment en train d'affirmer ce "Je suis comme ça". Je me cache derrière la personalité du petit singe en peluche, la coquine, je deviens le "mini wheat" pour mes collègues, oscillant entre les valeurs de la fonctionnaire sérieuse et celles de l'habitante des mondes spirituels, ce "mini wheat" devenant symbole de l'unification de ces deux forces.

    Mais bon, Je suis comme ça!
    et fière de l'être! 😀

    Merci Jean pour ce texte.

  5. C'est drôlement sain d'avoir ces z'amis qui nous réconfortent. Cela m'a fait réfléchir. En déménageant j'ai retrouvé la boîte à secrets de mon fils de 21 ans. Dedans bien propre et enroulée sa fameuse doudou jaune. Je suis devenue tout émue. Cette doudou l'a accompagné toute son enfance jusqu’à ce qu'il parte de la maison. Il m'a dit à ce moment là ; "je ne veux pas que tu la jettes et je ne veux pas l'apporter avec moi." Je veux qu'elle reste ici comme ça je pourrai toujours y revenir. Avec le recul je me suis dit que la doudou faisait le lien entre lui et moi (je me souviens même de l'obligation d'y mettre un peu de parfum pour les journées les rudes de la garderie). En fait c’est aussi de désir de partir de vieillir mais aussi le besoin de revenir dans la maison familiale au besoin et ainsi retrouver ce petit bout de chiffon qui a été si important pour lui. Comme quoi les liens se tissent par différents moyens et s'exprime de différentes manière, même par une doudou jaune!

    Julie M.

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