DONNER SON COEUR, SON CORPS, SON ÂME? OUI, MAIS PAS À TOUT...

DONNER SON COEUR, SON CORPS, SON ÂME? OUI, MAIS PAS À TOUT LE MONDE.

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Un jour, quelqu’un m’a dit: « Quand je reçois quelqu’un à souper, je sors tout: mes meilleures recettes, ma plus belle vaisselle, ma plus belle ambiance… Et si cette personne ne me rappelle pas, je la réinvite en ajoutant encore plus de tout, encore et encore. »

Il croyait très sincèrement que si l’autre ne le rappelait pas, c’est qu’il n’en avait pas fait assez. Alors il en rajoutait. Plus et plus. Encore et encore. Et c’était la danse infernale du « je dois être mieux, je ne le suis pas encore assez ».

En amour, il m’est arrivé aussi d’en déduire ça.

Je donnais, donnais, donnais… et ce n’était jamais assez, ce n’était jamais suffisant, ce n’était jamais ça, en tout cas pas tout à fait.

Et j’en déduisais alors que j’étais défectueux, que j’avais en moi quelque chose qui ne marchait pas, quelque chose qui devrait changer.

Et je n’arrivais pas à trouver ce que c’était.

Je donnais encore plus, et encore mille fois plus. Et ça ne marchait pas.

Puis un jour, j’ai fini par tout donner: mon coeur, mon corps, mon âme. Et ça n’a pas suffit.

Quand on donne son coeur, son corps, son âme, et qu’on en est certain, une évidence saute aux yeux. On ne peut pas donner plus.

J’ai alors commencé à me dire que ce n’est pas ce que je donnais qui ne suffisait pas mais que je ne le donnais simplement pas à la bonne personne. Je n’étais pas à la bonne place.

Puis un autre jour, alors que j’avais encore une fois tout donné à quelqu’un, celui-ci décida de remercier quelqu’un d’autre pour ce qu’il avait reçu de moi. Comme si les rôles avaient été chamboulés. Comme si le mérite ne revenait pas toujours à la bonne personne. Comme si la justice ne suivait pas son cours.

Et j’ai fini par comprendre. Enfin.

Définitivement, je n’étais pas au bon endroit.

Je n’étais pas avec les bonnes personnes.

Et je suis devenu seul.

J’ai expérimenté cette solitude dont on a tant peur parfois.

Et là, complètement seul, isolé même dans une foule, plongeant dans mon abysse intérieur, j’ai vu ce que j’offrais. Et c’était beau.

J’étais réconcilié avec moi.

Je n’étais pas défectueux.

J’étais moi, tout simplement.

Et si l’autre en face de moi ne voulait pas de moi, c’est que nous n’avions pas à être là, tous les deux.

On pourrait penser que je parle d’amour. Mais bien sûr. Mais l’amour au sens large. Celui qui anime les amants mais aussi les amis, les parents.

Et lentement, très lentement, j’ai vu des personnes approcher. Des personnes qui appréciaient ce que j’étais et ce que j’avais à donner.

C’est loin d’être fini. Car j’ai encore beaucoup d’espace dans ce vide créé.

Mais je n’accepte plus dans cet espace sacré que des gens qui apprécient ce que je suis comme je suis.

Et je donne toujours mon coeur, mon corps mon âme.

Mai un tout petit peu moins.

Et cette fois c’est assez.

Le reste vient en boni.

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Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

4 COMMENTAIRES

  1. Cher Jean, je lisais ton texte sur la contemplation, et oui, il semble que d'avoir trouvé ton site, tes réflexions et tes vidéos me viennent comme un beau cadeau de la vie. Je les relis et toujours j'y trouve de quoi apaiser, pacifier l'état de tristesse que je vis présentement. Ils m'aident à prendre une distance et comprendre ce qui ne va pas dans nos demandes, nos comportements, ils aident à devenir simplement nous-même dans ce que je peux être de mieux. Merci.

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