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LA PUISSANCE DE L’INTENTION

2010
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De tous les textes « motivationnels » qu’il m’ait été donné de lire jusqu’à présent, il n’y en a aucun d’aussi entraînants que ceux qui traitent du « secret », de la « loi d’attraction », du fait qu’il suffit de vouloir quelque chose pour pouvoir le matérialiser dans sa vie.

Ces textes sont presqu’envoûtants et donnent quasiment toujours le goût « d’essayer pour voir ».

Et c’est toujours un peu avec dépit qu’on réalise qu’ils sont aussi faux que motivants. Parce que la plupart du temps, ça ne marche pas. Et du coup, de « motivationnels », ces textes passent à « démotivationnels » puisqu’on se retrouve encore une fois les mains vides. Ironiquement, pourtant, ils ont fait leur œuvre puisque ceux qui les ont écrits voulaient essentiellement vous vendre leur livre et ils y sont arrivés puisque vous les avez lus.

Non, il ne suffit pas de vouloir des millions pour gagner à la loterie. Il ne suffit pas de désirer une maison sur le bord d’un lac pour que cela arrive également.

Et les auteurs de ces textes abondent en remarques relevant de la plus pure tautologie. Ils vous diront que ça marche, mais que vous ne l’avez pas demandé comme il faut, que vous n’aviez pas les dispositions nécessaires, que vous n’étiez pas comme- ci ou comme çà. Bref, que l’Univers est effectivement prêt à vous donner ce que vous voulez, mais que c’est vous qui n’êtes pas suffisamment sophistiqué dans vos demandes pour l’obtenir.

Le résultat, quand on accorde trop d’importance à ces textes, c’est qu’on en arrive à se trouver moins bon, digne de rien, peu important. C’est toujours nous qui sommes en défaut. Toujours nous qui avons à changer quelque chose. Et du coup, c’est catastrophique pour notre estime de nous-mêmes et démotivant pour nos rêves. Trop souvent d’ailleurs,  on démissionne.

Pourtant, s’il y a bien un « secret » qui n’est pas un secret, c’est bien ce concept qu’on peut tout avoir. Déjà, dans la Bible, il est écrit : « Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, il vous l’accordera. » C’est un concept qui est inscrit au plus profond de nous-mêmes. Beaucoup y croient, d’autres pas du tout, mais beaucoup de ceux qui n’y croient pas voudraient pourtant très fort que ça marche comme ça.

Mais qu’en est-il? Se peut-il que cela soit vrai et faux à la fois? Je pense que oui.

Mais cela mérite des explications.

 

Nous ne vivons pas dans un univers magique.

Ce concept qu’il suffit de vouloir quelque chose très fort pour que cela se produise relève de l’univers de la magie. Et notre univers est tout sauf magique. C’est un univers de cause à effet. Un univers dont on peut dégager des lois observables. Et bien que certains phénomènes soient parfois inexplicables, ce n’est pas la règle générale.

Il y a donc gros à parier que si nous attendons constamment des miracles sous la forme de la matérialisation magique de nos désirs, nous attendions très longtemps sans aucun autre résultat que de se faire dire qu’on ne l’a pas demandé comme il faut… avec ce qui s’ensuit de sentiment d’incompétence et de frustrations.

Et dans ce sens, il est faux de penser que l’univers est à notre service.

 

Mais nous vivons dans un univers de sens.

En revanche, on peut dire que notre vie a un sens. Dans tous les « sens » du mot.

Notre vie a à la fois une signification et une direction.

Et c’est à ce niveau que nous pouvons sans doute obtenir de la vie non pas tout ce que nous désirons, mais plutôt tout ce dont nous avons besoin pour matérialiser la signification de notre vie.

Je parle ici bien sûr de notre mission. De notre place dans l’univers. De ce que les athées vont appeler « le sens que je me suis donné moi-même à partir de mes passions ». De ce que les hindous nomment « svadharma », que les chrétiens nomment « volonté de Dieu » et que les plus ésotériques nomment « plan de vie ».

Peu importe son nom, il semble en effet que nous ayons quelque chose à accomplir sur terre. C’est le sens de notre vie, sa signification.

Et lorsque nous en possédons la signification, nous en avons aussi le sens – la direction.

 

Lorsqu’elles ont un sens, les choses arrivent.

Lorsque nous sommes dans notre mission, que nous sommes alignés sur elle, que nous nous sentons profondément en harmonie avec elle, il est vrai alors que des choses se produisent. Jung nomme cela la synchronicité.

Un événement prendra un sens particulier et m’encouragera à suivre une voie intéressante pour moi. J’aurai une idée qui ira dans la ligne de ce qu’il me faut. Je remarquerai l’occasion qui se présente et je sauterai dessus.

Et ça paraîtra magique…

Sauf que ça ne l’est pas…

Je suis simplement aligné sur ce que je suis et je remarque alors ce qu’il me faut pour me réaliser. Je fais les choses telles qu’elles doivent être faites et alors tout se place selon ce qui est le mieux.

 

Tranche de vie.

Je n’ai pas vraiment de problème à raconter des événements qui m’arrivent pour prendre des exemples alors permettez-moi de vous illustrer ce propos avec les dessous de l’ouverture de mon bureau de consultation à Orford (Québec).

Il y a quatre ans, des événements m’ont laissé ultra endetté, au bord de la faillite personnelle. En liquidant des actifs, en gérant différemment, en me privant beaucoup et en travaillant très fort, je suis parvenu à réduire des deux tiers l’ensemble de ces dettes. Il y a de quoi être fier.

Sauf que ce n’était pas suffisant.

Personnellement, je caresse depuis longtemps le rêve de m’installer en Estrie, à Magog plus précisément, parce que c’est un coin qui me plait, qui m’anime, qui me tire vers le haut, qui me met en mouvement.

Cependant, si je vends tout pour aller là-bas, j’aurai à reconstruire ma clientèle de psycho dont j’ai pourtant besoin absolument à chaque semaine pour payer les 125 000$ que je dois encore. Pas question de la reconstruire, cette clientèle. Elle doit être là, tout de suite. Je suis donc obligé d’attendre d’avoir fini de payer ça pour pouvoir bouger. Vous me suivez?

Sauf que rembourser 125 000$, ça peut prendre 20 ans, et j’en ai 59. Ça me met loin pour vivre à Magog.

Depuis un an, donc, j’attends un miracle qui n’arrive pas. Un gain à la loterie, un héritage d’un parent que je ne connais pas, un mécène très généreux, bref, un miracle. J’ai même mis sur une page de mon blogue un espace pour faire des dons… sans succès. Personne n’a rien donné.

Depuis un an, par conséquent, j’attends que les choses bougent de l’extérieur. Et ça ne bouge pas.

Mais voilà que cette année, j’ai pris des vacances. Pas parce que j’en avais les moyens, mais parce que je le sentais. Ça a ajouté 1000$ à ma dette, mais je le sentais. Ce n’était pas raisonnable. C’était fou. Mais je le sentais. (Entendez par « je le sentais » que j’étais aligné à l’intérieur.)

Je me suis donc payé – oh, rien d’extravagant – une petite semaine sur le bord des plages de l’Île-du-Prince-Édouard et sur la « Cabot Trail » de Nouvelle-Écosse. Et je me suis retrouvé ainsi, seul, face à des paysages d’une beauté inouïe.

Moi, quand je me retrouve ainsi, je me connecte automatiquement à mon être. Je m’aligne immédiatement sur ce qu’il y a de meilleur en moi. Et c’est alors, très souvent, qu’une petite voix fait son apparition. Une petite voix ricaneuse qui prend bien plaisir à me faire réaliser ce que je ne voyais pas et qui était pourtant évident.

Et c’est ainsi qu’il m’est apparu que je n’avais pas à attendre pour aller dans le coin de mes rêves.

J’ai donc décidé d’ouvrir un bureau là-bas, en même temps que mon bureau ici. Il fallait y penser. C’était simple. Mais probablement parce que cela oblige à rouler six heures par semaine par tous les temps, cela m’avait échappé.

Reconnecté à moi, n’attendant plus rien de l’extérieur, il est devenu évident que je pouvais le faire.

Et à partir de là, tout s’est enchaîné.

Cherchant dans les annonces de bureau à louer, j’ai découvert la perle rare. Une notaire, de surcroît gentille, simple et agréable, cherchait un colocataire à quelques kilomètres seulement du lac Memphrémagog. Le prix était abordable, le site enchanteur, le décor tout à fait dans mes goûts…

Et c’est maintenant parti.

Il n’y a rien de magique dans ce qui m’arrive.

Je me suis juste aligné, j’ai découvert que mon rêve était plus près que je le croyais et les idées me sont venues pour le réaliser.

En fait, mon intention d’aller vivre à Magog était tout à fait dans la ligne de ma mission. Elle était dans la bonne direction, et les choses se sont placées pour que cela se réalise.

La puissance de l’intention, c’est de nous aligner.

La puissance de l’intention, ce n’est pas de faire bouger l’univers, mais de nous faire bouger nous-mêmes dans l’univers.

La puissance de l’intention, c’est la puissance intérieure requise pour que tous les petits indices de réalisation de nos rêves soient perçus et qu’ils nous mettent en route.

Et quand on est en route, dans la bonne direction, les choses bougent. Et elles bougent si vite qu’on a peine à suivre tellement tout est aligné.

Et vous savez quoi? Depuis que je ne compte plus que sur l’extérieur pour vivre mes rêves, depuis que je n’attends plus rien, il se produit des choses inexplicables aussi.

C’est ça, la puissance de l’intention.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

4 COMMENTAIRES

  1. J'ai adoré cet article. Avec l'expérience, je crois vraiment vraiment que c'est à nous de nous aligner pour obtenir ce que l'on veut, je n'ai aucune doute là-dessus. Tout ce qui concerne les objectifs matériels ou nous concernant directement (se faire construire une maison, organiser un voyage ou une sortie, être bien dans son travail, …) fonctionnent très bien avec cette théorie. Il y a un domaine où rien ne s'applique, pas même la pensée magique ou la loi de l'attraction: c'est de rencontrer celui qui va avec nous. Dans mon cas, rencontrer l'homme qui va avec moi. Je comprends et j'applique le principe de bouger et de s'aligner. Bouger: participer à des rencontres sportives, culturelles, se pointer à des soupers entre amis, accepter des blind date, site de rencontre, fin de semaine de célibataire, le lâcher prise et j'en passe… J'ai un beau vécu mais j'avoue que je ne comprends pas le blocage. Que faut-il faire de plus pour rencontrer sans attendre à la maison en appliquant le principe de "bouger" ? Que Dieu ou une autre force supérieure se décide enfin à nous le placer sur notre chemin ? Il y a quelque chose qui m'échappe. On ne peut pas réaliser cet objectif puisqu'il implique une autre personne. Voilà ma réflexion.

    Marysa

  2. Ce n'est pas pour demain la relocalisation totale. Je dois attendre que le bureau d'Orford fonctionne bien. Ça prend environ deux ans à monter un bureau. Je continue toujours à Saint-Georges aussi pour l'instant.

  3. Je suis contente pour toi Jean, mais je suis triste de savoir que tu seras désormais loin physiquement…anyway, ton blogue nous permettra de te sentir près, et de pouvoir discuter de tes sujets! Tu seras toujours pour moi une source de bien-être et un cadeau que je me remercie de m'avoir donné! Continue de nous écrire, ta façon d'aborder les sujets me plaît depuis le début! Merci et bonne route à toi!
    Caroline

  4. Absolument! J'aurais voulu écrire cet article, ça rejoint totalement ce que je pense et dis toujours au sujet du fameux "secret"… Cela dit, ça mériterait un livre. Explorer les fondements d'une telle philosophie, d'un point de vue chrétien.

    Je me rappelle d' une conférence sur la loi de l'attraction où nous pouvions partager nos réflexions. Je suis intervenue en disant: et si "l'univers" (pour ne pas mentionner Dieu) savait mieux que moi-même ce dont j'ai besoin pour être heureux? La conférencière est devenue cramoisi. Elle s'est lancée dans un discours en parlant de l'expression "né pour un petit pain". Elle disait ni plus ni moins que tous nos doutes face à cette prétendue grande vérité cosmique venait du fait que nous étions trop petits ou pas prêts à la recevoir. Wow. Elle avait l'air possédée tellement elle manifestait de la argne envers ceux et celles qui osaient questionner cette théorie ou qui résistaient à ce qui ressemblait être un lavage de cerveau…

    Manifestement, cette approche du secret nous amène à croire que nous sommes des dieux, puisque nous contrôlons l'univers. Et si nous sommes des dieux… Nul besoin d'un Dieu extérieur qui d'ailleurs risquerait de fréner notre pseudo évolution. Il apparaît tout-à-fait insensé dans cette approche de reconnaître l'existence d'une puissance supérieure et encore plus d'avoir à se soumettre à Sa volonté. Il faut le dire, et vous avez mis le doigt dessus, ce serait certainement moins vendeur…

    Mais lorsque nous nous savons dirigés, lorsque nous reconnaissons que notre créateur nous a mis ici pour une raison et que nous sommes à l'écoute et que nous répondons "me voici, envoie-moi" à l'appel de notre mission, c'est Lui qui sépare les eaux, qui ouvre les portes, qui aplanit nos sentiers et éradique les obstacles. Sans lui nous ne pouvons rien faire. C'est ce qu'il nous enseigne et qu'il ne manque pas une occasion de nous rappeler.

    Lorsque nous sommes alignés avec notre mission, notre volonté devient conforme à la sienne. La promesse "demandez et vous recevrez" se réalisera alors infailliblement. Car nous voulons ce que Dieu veut. Et ce que Dieu veut, Il l'accomplit. Rien ne lui est impossible…

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