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LA RÉSILIENCE: VOUS VOUS RAPPELEZ FORREST GUMP?

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Résilience est un terme que l’on entend de plus en plus et qui ne faisait pas vraiment partie de notre vocabulaire il y a seulement 30 ans.
C’est l’aptitude à rebondir dans l’adversité; la capacité d’adaptation « pour le meilleur » lorsqu’il arrive quelque chose de grave; la capacité de faire sa vie malgré tout, malgré un vol, un viol, un handicap, une faillite… imaginez tout ce que vous voudrez.
Le terme n’est pas nouveau.  Français au départ et utilisé à La Rochelle pour décrire l’élasticité des cordages des bateaux, il fut ensuite et surtout récupéré en anglais pour décrire la capacité de résistance d’un matériau à un impact.
En psychologie, ce terme a à peine 25 ans.
Depuis Freud et la psychanalyse, notre psychologie était surtout centrée sur les gens qui n’allaient pas bien, les pathologies, la maladie. Nous avions même appris à excuser au nom de leur « terrible enfance » des criminels dangereux. Cela a eu du bon, puisque cette vision a donné aussi naissance aux programmes de réhabilitation. Cela a parfois été aussi trop loin en déresponsabilisant la personne de ses actes au nom de sa « dure enfance ».
Puis arriva Abraham Maslow qui mit la santé mentale à l’ordre du jour. Maslow s’intéressa beaucoup aux gens qui allaient bien. À partir de lui, on commença à regarder davantage vers cette dimension, à dresser des portraits de gens qui s’épanouissaient, à tendre vers une meilleure santé mentale.
On s’aperçut que parfois – et même souvent -, des gens qui avaient vécu des drames, des histoires d’horreur, qui étaient nés avec des « hypothèques » physiques ou psychologiques, arrivaient à être heureux tout de même.
Et on nomma alors « résilience » cette capacité d’y arriver, de rebondir face à l’adversité, de faire fi de ses « hypothèques » pour se réaliser. Beaucoup se sont alors mis à étudier ces gens « résilients ». Un des plus connus de la francophonie est le neuropsychiatre Boris Cyrulnik qui a abondamment publié sur ce sujet.
Aujourd’hui, on en connait beaucoup plus sur les caractéristiques des gens résilients.
Or, parmi ces caractéristiques, on trouve ce qu’on nomme en psychologie un « facteur prédisposant » important : l’estime de soi provenant des parents.
C’est de ça que je voudrais m’entretenir avec vous aujourd’hui puisque Stéphane Laporte, chroniqueur bien connu au Québec, a livré dimanche dernier à « Tout le monde en parle » un vibrant éloge à sa mère qui lui a permis par son amour d’être capable de vivre une vie réussie et heureuse malgré un handicap qui le fait maintenant se déplacer en fauteuil roulant.
Et c’est en l’écoutant que j’ai repensé à un personnage que je présentais toujours dans mes cours en santé mentale : Forrest Gump.
Forrest Gump, c’est le personnage central et le titre de ce film culte de 1994 récompensé de six Oscars où Tom Hanks a présenté sans doute la meilleure prestation de sa vie. Ce film a ému des millions de spectateurs à l’époque. Il met en scène un personnage à l’intelligence inférieure, handicapé physiquement, qui aura un destin fabuleux. Mais ce destin sera marqué par de nombreuses défaites, desquelles se relève héroïquement Forrest à chaque fois.
Mais quel est le secret de Forrest? Il nous est livré d’entrée de jeu par l’attitude de sa mère. Elle l’encourage, croit en lui, lui dit qu’il est capable d’y arriver, le renforce dans cette conviction. Elle fait fi de ses limites tant physiques que psychologiques et lui apprend à persévérer, forte de cette conviction toujours renforcée qu’il peut y arriver.
Elle ne met pas de pression pour qu’il réussisse, n’interdit pas l’échec. Non. Elle affirme simplement qu’il peut y arriver. C’est tout.
J’ai déjà expliqué dans ma vidéo « Le droit de se tromper » que la pression mise sur les jeunes de nos jours autour de la « réussite » fait probablement beaucoup plus de mal que de bien.
Ici, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Non. Il s’agit simplement de faire confiance. Confiance dans les capacités de son fils. Confiance dans sa volonté de persévérer. Pas de pression. De la confiance. Cette confiance même qui a probablement fait dire à Mark Twain: « Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».
Car l’attitude de la mère de Forrest a été véritablement de cet ordre-là. À partir de cette éducation, Forrest n’a jamais su qu’il était incapable. Il n’a jamais pu penser que quelque chose était impossible. Et c’est alors que tout est devenu possible.
La mère de Forrest Gump est la clé de tout le film. C’est son amour qui est la source de la résilience de Forrest. Et c’est grâce à cet amour qu’on peut encore entendre en nous, après toutes ces années écoulées :
Cours, Forrest, cours…
Bien que vous ayez sans doute vu le film, je ne peux que vous conseiller de le revoir avec cela en tête. Il prend une tout autre couleur. Celle de l’amour qui croit tout, peut tout et ignore le mot impossible.
Puis, une fois cela fait, regardez à nouveau vos enfants, prenez-les dans vos bras, et dites-leur très fort que non seulement vous les aimez, mais aussi que vous croyez en eux.
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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

2 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Jean,

    c'est un vrai bonheur que de te lire. J'ai découvert la vertue de la confiance un peu tard.

    Mon fils a toujours eu de la difficulté à s'adapter à l'école. Enfant avec une intelligence supérieure, bien qu'immature émotivement, aussi hyperactif, bref celui qui dérange dans la classe, mais qui au fond ne fait pas grand chose de mal. Beaucoup de temps a passé à rencontrer la direction, les profs, à le faire suivre par une psy, par un pédo…

    Un jour, vers ses 15 ans je me suis dit : Mon fils a plein de qualités, il a de l'énergie à revendre, brillant, bilingue, se débrouille dans n'importe quelle circonstance..Si je lui faisais confiance. Alors je lui ai dit textellement : Mon grand tu ne seras jamais capable d'entrer dans un moule que l'on voudra t'imposer, tu es quelqu'un de différent et d'unique. Tu as plein de potentiel. Alors choisis ce que tu veux faire du moment que tu es heureux et que cela te sembles correcte moralement. Et bien cela a été une révélation, je me suis désinvestis des problèmes de l'école et après son secondaire 5, il a décidé de lui-même de faire un DEP en cuisine. Formidable, il adore sa profession, il avance à une vitesse incroyable, ses patrons le considèrent comme un excellent employé.
    Mais surtout il m'a dit: "Maman ce que j'aime ma vie! J'aime ce que je fais, j'ai une blonde que j'adore, un appartement, un co-locataire avec qui ça fonctionne bien, des chats, je suis heureux!"

    Je me suis réveillée tard, mais j'aurais aimé que l'on me le dise comment la confiance en l'enfant est magique quand on le pense et on le ressent vraiment! Alors un gros merci!

    Julie M.

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