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SOIGNER SON ÉGOCENTRISME

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Beaucoup de gens confondent égocentrisme et égoïsme et pensent, souvent à tort, que nous vivons actuellement dans une société d’égoïstes qui ne pensent qu’à eux. Et il est vrai, bien sûr, qu’il y a parfois des égoïstes qui traversent nos vies. Ils sont faciles à reconnaître. Ils ne pensent qu’à eux, réclament tout, n’offrent rien. Et en général, il ne faut pas beaucoup de temps pour qu’on s’en éloigne car ils manquent dramatiquement de générosité.
Il en va tout autrement de l’égocentrique qui est, au contraire, souvent très généreux. De son temps, de ses biens matériels, de sa personne. L’égocentrique n’a, à vrai dire, que peu à voir avec l’égoïste. Et pourtant, il est souvent frustrant. Profondément.
Car l’égocentrique ne comprend généralement pas ce que l’on vit, donne souvent des choses dont on n’a pas besoin, et curieusement, ne donne que rarement lorsque, réellement, ça compterait pour nous. On aurait envie de dire qu’il est égoïste,  pourtant force nous est de reconnaître qu’il est très attentif à nous et très généreux… mais toujours à sa façon.
Il peut écouter attentivement nos problèmes et les comprend à SA manière, nous trouve SES solutions, nous donne ce qui LUI fait plaisir et, comble de malheur, compte les tours mais seulement les SIENS, de telle sorte qu’il peut avoir l’impression de constamment être en train de nous donner alors qu’en réalité c’est souvent l’inverse.
Il arrive même que l’égocentrique donne tellement qu’il a l’impression qu’il donne tout et ne reçoit jamais rien. Il se positionne alors comme victime et proclame qu’il vient de découvrir que désormais, il se fera passer avant les autres. En l’écoutant, on tombe sur le cul parce que, pour nous, il n’a en fait jamais donné ce qui comptait : une compréhension réelle, une présence aimante, un service que l’on a demandé.
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Marie a cinquante-cinq ans. Égocentrique professionnelle, elle n’a qu’une fille, Stéphanie, et se voit comme une femme qui se préoccupe beaucoup de sa fille. Marie adore les lasagnes. Stéphanie déteste ça. Elle lui a dit des centaines de fois. Pourtant, Marie débarque régulièrement chez sa fille avec un reste de lasagne en lui disant qu’elle a pensé à elle et que ça va lui éviter de faire un souper. Au début, Stéphanie lui disait : « Maman, je t’ai déjà dit que je n’aimais pas les lasagnes ». Et Marie répondait en bonne égocentrique : « Oui, mais tu vas voir, celles-là sont vraiment exceptionnelles, je les ai bien réussies. » Si Stéphanie  s’énervait, Marie devenait triste et disait à sa fille : « Tu pourrais être reconnaissante. J’ai tellement mis d’amour à les cuisiner ». Stéphanie répondait alors : « Oui, mais maman, si tu veux m’aider, fais-moi un rôti. Tu sais que j’adore le rôti. » Et Marie, à coup sûr, répondait : « Mais ce n’est pas bon, les rôtis, je ne te ferai pas ça, voyons. » Et c’était la fin de la discussion.
Marie n’est pas égoïste. Elle ne pense pas qu’à elle. En fait, Marie pense en permanence à Stéphanie. Elle lui offre régulièrement des choses qu’elle-même aime. Elle lui donne constamment des conseils, des avis, des cadeaux, des visites surprises que par ailleurs Stéphanie déteste.
Un jour, Marie est même arrivée chez Stéphanie alors que celle-ci faisait l’amour avec son conjoint. Stéphanie a répondu à la porte en robe de chambre et lui a répété : « Maman, ce serait préférable que tu appelles avant de venir. » Il était clair qu’elle dérangeait. Mais Marie n’a pas vu ça. Elle a simplement répondu, offusquée : « Sais-tu seulement combien de mères ne prennent pas le temps de visiter leur fille? ». Puis elle s’est assise, a raconté en détails tous les problèmes du bureau, puis est repartie en disant : « T’es chanceuse, ma fille, que ta mère prennent du temps pour venir te voir ».
Marie devenait tellement envahissante que Stéphanie a fini par opter pour la solution de l’affirmation systématique, à chaque fois que ça ne convenait pas. Ça a été le clash. Marie ne vient plus voir sa fille et dit à tout le monde : « Ma fille est tellement égoïste… Elle ne veut même plus me voir alors que je faisais tout pour elle. Aujourd’hui, je vous jure, je me contente de m’occuper de moi. »
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Un jour, alors que je n’allais pas trop bien et que Luc s’inquiétait pour moi au téléphone, je lui disais que dans ces temps-là, je préférais m’isoler et me recentrer et qu’en général, le coup de blues était passé le lendemain. Quelle ne fut pas ma surprise de l’entendre dire : « j’arrive, tu ne dois pas t’isoler comme ça »! Malgré mes protestations, il arriva une demi-heure plus tard (il avait fait une demi-heure de voiture pour moi) et passa le reste de la soirée à me parler de ses projets en me disant que ça me changerait les idées. Je n’en revenais pas. Mais deux jours plus tard, alors que je lui demandais de me rendre un service très simple pour lui, il me répondit : « Tu sais, Jean, je dois apprendre à dire non. Pour faire ce que tu me demandes, il faudrait que je parte dix minutes avant et que je me presse à me préparer. Tu comprends, je dois penser à moi. Je t’ai déjà donné toute une soirée alors ce ne sera pas possible. » Du coup, j’obtenais ce que je ne voulais pas et je n’obtenais pas ce qui m’aurait vraiment rendu service.
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Un égocentrique, c’est ça. Généreux, avenant, disponible pour ce qu’il considère, lui, important. Il écoute mais ne comprend pas. Et lorsqu’on lui dit qu’il n’a pas compris, nous obstine en disant qu’il a très bien compris, au contraire. Il ramène l’univers à lui et est incapable d’envisager qu’il y ait une autre manière de voir que la sienne.
Et c’est de plus en plus courant.
L’autre jour, j’ai proposé un statut sur Facebook. Je ne m’attendais pas à trouver autant de mentions « j’aime ». Le voici :
Un des problèmes majeurs de la société actuelle est à mon avis qu’elle génère de plus en plus d’égocentriques. Le résultat en est un manque dramatique d’empathie, une absence d’écoute et la disparition de la réelle bienveillance envers les autres. Et comme l’égocentrique n’est pas égoïste, il est incapable du coup de s’apercevoir de cela puisque pour lui, il est généreux et avenant. Mais comme il n’a pas écouté vraiment l’autre, n’a pas entendu ses vrais besoins, il construit autour de lui un univers de solitudes partagées.
J’ai été surpris de la popularité de ce que j’avais écrit. J’ai été surpris aussi du nombre de commentaires que cela générait. Et j’ai pensé que j’avais touché un point sensible.
Le seul problème, c’est que cette phrase nous amène à l’extérieur de nous. Ici, les égocentriques, ce sont les autres. Et tous, avons probablement souffert un jour ou l’autre d’un individu égocentrique qui ne nous comprenait pas.
Sauf qu’on ne peut pas changer l’autre. On ne peut que l’accepter, lui mettre des limites, le fuir, mais on ne peut pas la changer. Et il y a de fortes chances pour que, si cela nous dérange autant, l’on soit nous aussi à l’occasion, plutôt égocentriques.
 
À la recherche de son propre égocentrisme.
 
Ce qu’il faut donc faire, c’est de partir en soi à la recherche de l’égocentrique que nous sommes forcément, au moins un peu. C’est le débusquer, identifier ce qui est à la source de ça et travailler à le modifier.
Car c’est un fait : le seul moyen de débarrasser la planète des égocentriques, c’est de la débarrasser de moi-même en tant qu’égocentrique. Pour les autres, je ne peux rien.
Mais cela me répugne d’avoir à considérer mon égocentrisme car cela va à l’encontre de l’image généreuse que j’ai de moi. Pourtant, c’est à cette seule condition que je ferai une différence.
Mais suis-je vraiment égocentrique?
Bien sûr.
Je suis égocentrique à chaque fois que je porte un jugement sur quelqu’un. Parce que ce jugement ne peut être fait qu’à partir de moi puisque je ne suis pas dans ses souliers.
Je suis égocentrique à chaque fois que je pense comprendre quelqu’un et qu’il me répond que je n’ai pas compris. Parce que le seul à savoir s’il a été compris est bien celui qui s’explique. Et quand bien même je penserais très fort que je l’ai compris, s’il ne l’a pas senti, c’est forcément qu’il a raison.
Je suis égocentrique à chaque fois qu’une phrase commençant par « moi, à ta place » me brûle les lèvres. Parce que je ne suis pas à la place de l’autre et que mes solutions peuvent n’avoir rien à faire avec les siennes.
Je suis égocentrique à chaque fois que je suis dans des besoins criants. Parce que je n’ai pas alors la disponibilité d’écouter vraiment l’autre, je n’ai pas non plus la patience requise pour le comprendre vraiment pour lui-même.
Je suis égocentrique à chaque fois que je fais quelque chose pour quelqu’un qui ne part pas de ses besoins à lui mais de ceux que je crois qu’il a.
Il  y a probablement des égocentriques professionnels qui sont incapables de voir autrement qu’avec leurs propres valeurs et leurs propres préoccupations et peut-être ai-je cette tendance. Mais tant que j’ai à cœur de vraiment comprendre l’autre pour ce qu’il est, il y a de l’espoir.
Parce que l’égocentrisme, ça se soigne.
Très bien par ailleurs. Tant que l’on peut s’accueillir dans toute notre réalité et que l’on peut se regarder sans avoir le besoin viscéral de se trouver l’être le plus généreux de la terre.
Pour cela, je dois développer simplement une grande conscience de moi-même et de mes besoins, admettre que je ne suis souvent que peu disponible pour les autres et surtout, je dois devenir capable de combler mes propres besoins.
Mais attention. Trop souvent, on ne comprend pas du tout ce que ça veut dire.
 
La psychologie mal comprise.
 
La psychologie moderne nous a appris à ramener les choses à soi et à combler nos besoins, ainsi que je viens de le mentionner. Et c’est exactement ça qu’il faut faire. Mais pour quelle raison?
Pour libérer l’espace pour les autres.
Pour enfin devenir vraiment disponible aux autres.
C’est ça l’enjeu. L’amour des autres.
Or, je ne peux pas aimer les autres vraiment si je ne m’aime pas moi-même.
« Aime ton prochain comme toi-même ».
Durant toute une partie de notre histoire, on nous a enseigné « aime ton prochain ». Le « comme toi-même » était laissé pour compte parce qu’on nous accusait alors d’être des égoïstes. Même en thérapie, il est extrêmement difficile d’amener les gens à s’occuper d’eux. Ils ont encore l’image que cela veut dire qu’ils deviendront des monstres.
On nous enseigne maintenant à nous occuper de nous, mais on oublie le premier bout : « aime ton prochain ». Et oui, nous devenons des monstres.
Des monstres d’égocentrisme.
Si je ne suis pas à l’écoute de mes propres besoins, ils vont devenir criants et je tenterai inconsciemment de les combler en attendant des autres ce que je dois me donner à moi-même. Du coup, je ramènerai tout à moi, sans m’en rendre compte. Ou je deviendrai complètement en attente des autres. Ce qui n’est pas mieux.
Quand je reçois un ami qui a profondément besoin d’être écouté et compris, je dois être capable de débusquer en moi mon propre besoin de compréhension et le mettre de côté temporairement (ou le combler avant) afin d’être pleinement à l’écoute de mon ami. Et si j’identifie que mon propre besoin est trop énorme, je dois lui signifier alors que je ne suis pas disponible pour lui. C’est aussi l’aimer que de lui mettre des limites.
Si Marie, dans mon exemple plus haut, prenait conscience, puis soin de son besoin de se considérer une bonne mère, elle n’aurait pas besoin d’inventer des besoins à sa fille afin de recevoir cette considération dont elle a tant besoin.
Si Luc, mon ami absent dans mes moments cruciaux, était conscient de ses propres besoins de s’aimer lui-même et d’être disponible pour lui-même, il n’aurait pas besoin de se pointer chez moi lorsque je lui exprime mon besoin d’être seul et pourrait me rendre service au moment où j’en ai effectivement besoin.
Nous vivons dans un univers de plus en plus technologique où nous sommes de plus en plus isolés malgré cette impression de proximité que la technologie nous donne.
Un SMS, un « like » sur un statut facebook, un encouragement sur le net, ça ne remplacera jamais les bras, les jambes et les cœurs de la véritable présence à l’autre.
Nous sommes des êtres en besoin. Nous sommes des êtres de relations de plus en plus isolés dans nos vies. Et nos besoins sont criants.
On pourrait même aller plus loin si on inclut la spiritualité (sentez-vous à l’aise de ne pas considérer ce bout-là du texte).
Nous ne sommes pas d’ici. Nous sommes privés de cette reliance dont nous avons viscéralement besoin. Nous nous sentons seuls. Et nous sentant seuls, nous avons perdu cette considération inconditionnelle pour nous-mêmes qui nous aide à nous élever. Du coup, nous avons tendance à rechercher en l’autre ce sentiment d’amour de soi qui nous fait défaut. Nous avons tendance à demander aux autres ce que seule la connexion à notre Soi profond peut nous apporter : cette certitude de n’être pas seuls. Cette certitude d’être aimés.
Et les autres pourraient effectivement nous l’apporter si eux-mêmes étaient reliés à leur source. Mais comme ce n’est pas plus leur cas que le mien, nous construisons indéfiniment des réseaux de solitudes partagés. Des groupes de dialogue de sourds.
La solution à notre égocentrisme croissant est donc que l’on devienne de plus en plus conscients de nos propres besoins et qu’on y réponde nous-mêmes. Tout cela non pas afin de nous donner plus d’importance qu’on en a, mais plutôt afin qu’on cesse de projeter ces besoins sur les autres et qu’on devienne de plus en plus disponibles à donner un amour vrai et sans imposture, celle-là même que l’on commet lorsque, vides de nous-mêmes, nous essayons de remplir les autres.
Le monde a besoin d’amour de soi, simplement pour en finir avec l’amour de soi.
Il est temps que l’on s’aime et que l’on s’autorise à se réaliser. Parce que tant que nous n’aurons pas fait cela, nous ne pourrons pas passer à notre autre partie de notre plan de vie : aider les autres à s’aimer et à se réaliser. Et c’est pourtant la partie la plus importante.
Mais nous n’en sommes pas là, hein?

En tout cas pas encore…

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

34 COMMENTAIRES

  1. Bonjour M. Rochette,
    merci infiniment pour votre texte cela m’a enfin éclairée sur beaucoup de mes comportements inappropriés que j’ai eu vis a vis de certaines personnes de mon entourage.
    Très belle journée à vous.
    Natascia

  2. Une tasse de café, impossible de trouver le sommeil et fatalement je commence à gamberger sur moi et ceux qui m’entourent mais surtout moi. Conscient tout de même de ma réflexion infondée, je tombe sur cet article. Malgré les traits de personnalité égocentrique des exemples je me reconnais dans ce modèle. Tout est dans l’apparence même l’altruisme est une façade, de l’égocentrisme ou de l’égoïsme en somme. Je veux me défaire de tout cela qui nous rend faux et déséquilibré. Je vous remercie de votre article car il est imagé et ME permet de confesser mon égocentrisme.

  3. Tout d abord merci pour cet article, je serai interessée de trouver des pistes pour surmonter mon egocentrisme. Ou peut on trouver le document que vous mentionniez?

  4. "Nous vivons dans un univers de plus en plus technologique où nous sommes de plus en plus isolés malgré cette impression de proximité que la technologie nous donne.
    Un SMS, un « like » sur un statut facebook, un encouragement sur le net, ça ne remplacera jamais les bras, les jambes et les cœurs de la véritable présence à l’autre.
    Nous sommes des êtres en besoin. Nous sommes des êtres de relations de plus en plus isolés dans nos vies. Et nos besoins sont criants."

    Ce que vous écrivez est d'une justesse touchante! J'ai remarqué ce phénomène, les gens autour de moi ne pensent qu'aux technologies, à avoir de belles photos facebook et n'agissent qu'en fonction de cela. Il n'y a plus de vrai intérêt envers les autres, juste la volonté d'être "populaire".
    Ca me déprime beaucoup de m'en rendre compte, pas vous? Comment accepter ça? Rester impuissants face à cette fausseté et le "creux" des relations autour de nous… Peu de gens s'en rendent compte et personnellement, je préférerai être à leur place parfois et aimer vivre dans un monde où seul compte l'image qu'on nous renvoie de nous-même…
    Comment faites-vous pour ne pas déprimer en pensant à ce phénomène ?
    Merci…

  5. En lisant votre texte sur l'égocentrisme, je réalise qu'il me concerne.
    Depuis des années je pense que je ne suis pas "faite" pour la vie de couple car les tentatives entreprises, loin de me rendre heureuse, non seulement m'ont fait souffrir mais elles ont fait souffrir mon compagnon.
    La solitude me ressource car elle me permet de me recentrer sur moi-même ce qui me rend heureuse, elle me donne la force de créer, d'entreprendre, en me tournant vers les autres. Mais en vous lisant je me demande si mon raisonnement est juste. Ne s'agirait-il pas au contraire d'égocentrisme.
    Depuis des années je me demande si je n'aurais pas dû me tourner vers la vie religieuse car le célibat me conviendrait. Je suis cependant très individualiste et l'obéissance n'est pas mon point fort.
    En résumé les années s'écoulent et j'ai l'impression de passer à côté de moi-même en pensant toujours à cet idéal de vie religieuse.
    Pensez-vous que mes errements soient liés à mon égocentrisme et comment faire pour m'en libérer ?
    Merci pour votre aide.

  6. Bonjour Jean Rochette. Je suis tombé sur votre texte et je dois dire que je me suis reconnu à travers vos propos. Vous avez raison sur ce point: nous sommes tous plus ou moins égocentriques. Moi-même, j'ai un peu de mal en communication et dernièrement, cela m'a valu la fin d'une amitié avec deux personnes dont l'une pensait que j'étais la personne la plus égocentrique qu'elle n'ait jamais rencontrée! Vous pouvez imaginer le choc que cela m'a causé. Heureusement, je fréquente une psychologue depuis trois ans qui m'aide à être moi-même.

  7. Merci pour ce texte éclairant qui arrive juste à point et nourrit ma réflexion. Je prenais conscience aujourd'hui même de mon égocentrisme, sur le divan de ma psy. Enfin, ce n'était pas la première fois que je l'effleurais, mais cette fois, je l'ai pris en pleine poire 🙂 Alors petit à petit, je changerai ça aussi…

  8. Dans la même situation … Je risque de perdre ma récente moitié a cause de mon ego et de mon machisme … Je pense que mon ex est partie aussi pour cette raison … Une vrai volonté de changer avant de perdre les gens qui me sont chère

  9. les personnes qui ont un haut niveau d'excentricité..Ils non pas de filtre …ils disent n'importe quoi sans se rendre compte qu'ils blessent…mais au contraire si une personne agit pour dix fois moin ..là ils sont blessé. grave .ça ne sert a rien de s'entretenir plus de 5 minutes avec ce genre de personne …l'envie soudaine de sacré s'emparait de moi..on ne peut rien espéré de positif..ces personnes aiment être comme ils sont , s' ils voudraient vraiment des amis ..ils feraient des efforts…j'ai fait le ménage d'éloignement pour pouvoir vivre ma retraite en paix ,,,pas avec des jaloux qui déforment ce que l'on dit avec beaucoup de médisances j'e me suis tapé une grande dépression avant de comprendre que un sur dix de la population …il y a rien a faire avec eux ,,,fini mes Noel et jour de l'an plate à pleurer à cause de belle soeur ou beau frère qui parle fort et voulaient toute l'attention ..il fallait toujours que je me justifie de fausse allégations …On a pas à se justifier ni a demandé d'approbation famillial .. je regrette tellement d'avoir enduré certaines personnes aussi longtemps pour faire plaisir exemple à une belle maman …Qui a un jour a une position ..confilt d'intéret.. Le jour ou j'ai envoyé promener ces personnes …la jouissance ressenti m'a redonné une fièrté ,C'est dommage que l'on enseigne pas dans les secondaires que c'est normal de ne pas aimer tout le monde dans une famille et de ne pas se sentir obligé a eux le reste de notre vie …

  10. Je suis aussi touché. Merci pour votre texte, merci aux commentaires, merci aux réponses apportées aux commentaires. Maintenant j'espère seulement pouvoir écouter et répondre adéquatement aux services/besoins de mes proches et aux personnes que je rencontre. Je ne veux plus choisir pour eux leurs besoins/services. Je veux pouvoir me réaliser, je sais ce que j'aime au fond de moi, je sais la vie que j'aimerai avoir mais je bloque avec la société dans laquelle nous vivons, je bloque avec avec l'incertitude de pouvoir subvenir à cette vie tant désirée. Aujourd'hui, j'ai un toit, je gagne suffisamment ma vie mais en réalité je ne suis pas à la place qui devrait être la mienne. Ma vrai place me permettrait d'être heureux, en accord avec mes besoins et enfin ouvrir ma porte à autrui. Merci Monsieur Rochette. Thomas

  11. Bonjour,
    Merci pour votre texte. Je l'ai trouvé en cherchant la définition d'égocentrique car depuis quelques temps je sentais que le comportement de mon compagnon,enfin je devrais dire ex, avait à voir avec l'EGO. Et pourtant je ne pouvais pas dire égoïste en effet.

    Il a une susceptibilité à fleur de peau. Vous n'en avez pas parlé mais je trouve que c'est assez symptomatique.
    J'essayais de lui parler des accords toltèques notamment celui qui dit "quoiqu'il arrive ne pas en faire une affaire personnelle", mais en vain.
    Nous nous connaissions depuis plus de 10 ans. Dès le début début j'ai eu la sensation (l'intuition) que sa gentillesse et très grande générosité n'étaient pas vraies. Toujours au petit soin pour moi sans que je ne lui demande rien, ce qui était à la limite infantilisant. En revanche quand je passais une période difficile et que j'avais besoin d'aide, le silence, le vide, aucun soutien.
    Je dois reconnaître qu'au début de notre relation j'étais psychologiquement fragile. J'avais besoin d'être entourée de bienveillance. Mais j'ai très vite ressenti le besoin de faire un travail sur moi pour retrouver un équilibre. Ce qui m'a permis de m'interroger sur mes besoins, de les exprimer. Et là bien sûr après avoir lu votre texte je comprends pourquoi cela a commencé à coincer.
    Notre relation est terminée et cela me rend triste. J'ai cherché à comprendre pourquoi. Et maintenant que je le sais, que je comprends ses actions et réactions est-ce utile (pour lui comme pour moi) que je lui en parle ?
    Merci pour votre éclairage.

  12. C'est un excellent texte, qui fait bien la différence entre le fait de s'accorder de l'importance et le fait d'être égocentrique. L'un des derniers passages est celui qui m'a le plus marqué : "Il est temps que l’on s’aime et que l’on s’autorise à se réaliser. Parce que tant que nous n’aurons pas fait cela, nous ne pourrons pas passer à notre autre partie de notre plan de vie : aider les autres à s’aimer et à se réaliser. Et c’est pourtant la partie la plus importante." C'est comme atteindre la position qui nous permet de faire cette différence que l'on aimerait faire. Cette position est une façon qu'on trouve pour réussir à faire une différence bénéfique envers les autres tout en répondant à nos propres besoins (financiers, par exemple). C'est un peu comme le principe d'avoir une profession, sauf que le système cherchent tellement à uniformiser les professionnels qu'on empêche l'accès aux personnes qui seraient les mieux qualifiées pour exercer les professions. Mais avec internet, il est possible de créer sa propre profession et de partager le meilleur de soi-même avec une très grande partie du monde. Et ça, ça permet vraiment de faire une différence. Merci, Jean, pour toute la différence que tu as faite et que tu fais sur mon existence par ton partage. Je me considère extrêmement chanceux de t'avoir eu comme professeur 3 fois. C'était comme vivre une vie d'apprentissage avant de commencer à vivre, et ça, ça a une valeur inestimable. Merci infiniment!

  13. bonjour,mon ex m'a fait remarqué que j'avais un problème d'égocentrisme,ce qui a mené a notre rupture
    Cela fesait 8 ans que nous étions ensemble et on a eu beaucoup de rupture,elle a toujours été la pour m'aider et me donner,elle m'a fait grandir.mais moi de mon coté,j'avais beaucoup de problème,enfant roi,,problème de méoire et mémoire selective.je n'acceptait rien et imposait toujours mes choix sans penser au autres.j'ai eu choc il y a deux ans et depuis je vois les choses autrement,j'ai été voir une psy pour regler mes problèmes,j'ai mis de mauvias amis et mauvaises fréquentations de coter,mais c'est vraiment dernièrement que j'ai remarqué mon problème d'ego chez moi.pourtant,depuis deux ans,je travail sur moi-même,je sais accepter la critique,me remettre en question et faire plaisir,même si parfois je donne mais en me trompant.se que je ne comprends pas,c'est qu'on a tout pour être heureux,je l'aime et je sais qu'elle a beaucoup donner,mais ici je me sens seul de ne plus l'avoir a mes coté parque qu'elle me guidait beaucoup et me conseillais.je n'ai presque plus personne vers qui me tourner et je ne sais pa vraiment comment regler mon problème

  14. Comment faire comprendre à un homme qui compte beaucoup dans votre vie, que son égocentrisme est la cause de ma prise de distance, cette dernière, incomprise par mon partenaire malgré mes mots (et maux)ayant menait à la rupture (non souhaitée réellement) ?

  15. Bonjour,
    Ma vie part totalement en vrille et je réalise (difficilement vous imaginez) que je suis égocentrique.
    Grâce à votre analyse je constate avoir été extrêmement heureuse et comblée uniquement parce que mon conjoint est entré pleinement dans "mon monde" et y est resté au point de devenir un couple fusionnel, modèle, envié par tous.
    Petit à petit il a recultivé son "JE" et sans m'en rendre compte je suis devenue invivable.

    Ceci dit, puisqu'il faut s'aimer pour aimer et laisser la place aux autres comment faire ?

    Je ne me déteste pas j'ai juste l'impression de ne servir a rien et de ne pas être une personne intéressante. Je n'ai pas de passion, aucun intérêt pour quoi que ce soit ! Rien ne capte réellement mon attention, tout me saoul plus au moins et le pire : c'est que je n'ai pas envie de me forcer…

    Est-ce un sentiment habituel chez les egocentriques ?

    Pourrais-je m'aimer suffisamment si je ne change pas cette indifférence au monde et a l'inverse, pourrais-je aimer suffisamment la personne que je m'efforcerais de devenir dans ce même but ?

  16. A-t-on réellement le pouvoir de soigner notre égocentrisme ? N'est ce pas egocentrique que de penser que nous avons un tel pouvoir sur nous même ? J'ai des tonnes de texte où je me blame d'être un égocentrique, et affirme ma ferme volonté de changer car c'est un véritable handicape, vous en parlez très bien, cependant je vois bien que je me répète sans arrêt. Les situations ont évoluées, mais j'ai bien l'impression d'avoir le même schéma depuis des années, alors même qu'on me le reproche … C'est presque narcissique cette volonté de changer et d'être quelqu'un de meilleur ! J'en oublie le problème des autres.

  17. Bonjour à tous,

    Et merci à l'auteur de ce texte d'avoir partagé ces observations à ce sujet. Ce n'est qu'en vivant avec un égocentrique que la question s'est réellement posée à moi. Je savais que ce comportement existait, mais par amour, je me suis 'égocentriquement' permis de penser qu'il ne l'était pas, lui. Il m'as fallut prendre du recul pour m'en rendre compte, une fois le choc de la réalité dépassée.

    Le passé est derrière désormais. Aujourd'hui je vais chercher et trouver en moi ma part d'égocentrique, et tenter de trouver le juste milieu entre mes besoins et ceux des autres.

    Merci encore à tous pour vos commentaires, et à l'auteur !!

  18. Je suis sur le point de publier un document expliquant comment faire pour surmonter son égocentrisme. Oui, je crois que c'est quelque chose à éliminer le plus possible de notre vie. L'égocentrique est un handicapé de la compréhension. Il est incapable de comprendre l'autre. Même lui, pour peu qu'il s'en rende compte, ne veut plus de ça dans sa vie.

  19. Lorsqu'on parle d'être soi-même en psychologie, on ne parle pas de faire subir aux autres tous nos travers. On parle surtout en fait d'oser utiliser nos talents, nos capacités, développer sa propre couleur. L'égocentrisme est un problème. Il est une faille dans le développement. C'est quelque chose qui m'empêche de comprendre les autres. Dans ce sens, c'est à corriger et non à faire supporter aux autres.

  20. Vivons nous dans une société qui nous empêche d'être nous même ? Faut il renier totalement notre égocentrisme ? Pour ma part, je fais une dépression, et la question qui revient le plus souvent est: qui suis je ?
    Je veux savoir qui je suis, et mon égocentrisme est une facette de ma personnalité que je découvre peu à peu. Dois je assumer mon caractère insupportable pour mes proches et être ainsi moi même ?

  21. Quelle justesse dans vos propos ! Force est de constater notre égocentrisme et les catastrophes que cela peut engendrer. Mais n'est-ce pas déjà encourageant de s'en rendre compte pour espérer se débarrasser de ce fléau ? Chrétienne, je trouve votre analyse très en accord avec la Parole de Dieu et ses conseils, juste formulée différemment. Bonne continuation.

  22. Merci pour cette analyse
    Evidemment je me reconnais dans ce texte, profondemment. Peut-on vaincre notre egocentrisme et même, faut-il le vaincre totalement ?
    Si oui, quelles sont les solutions à envisager ?

  23. Merci pour cette publication.
    C'est votre texte qui me permet d'envisager mes efforts à réaliser actuellement.
    Quel vertige de se retourner et de se dire : Ouah ! Est-ce qu'il y a un moment où j'ai déjà écouté quelqu'un et apporté des réponses ou agit pour lui montrer ma compréhension ?
    Je me sens purement et simplement : con.
    Pas évident de rattraper ça…Surtout, quand on a identifié sa mère dans les mêmes travers. De nos jours la génétique fait des ravages…

  24. Se sentir con est un grand piège parce qu'il centre sur la passé auquel vous ne pouvez plus rien changer. Tentez plutôt de vous concentrer sur le présent. Un bon truc pour écouter vraiment les gens est de leur reformuler ce qu'on a compris de ce qu'ils ont dit et de leur demander si c'est bien ça qu'ils ont voulu dire. Souvent, on voit qu'on a mal compris, mais ça leur permet du coup de réexpliquer leur point de vue et de se sentir compris. Bonne chance dans vos futures communications.

  25. Nous sommes tous plus ou moins égocentriques. Le problème, c'est que c'est extrêmement difficile à voir pour soi. Et encore plus quand c'est le partenaire qui nous en accuse. Dans un couple, lorsqu'un dynamique d'accusation mutuelle est installée, il devient extrêmement pénible de séparer le vrai du faux quand aux défauts de chacun. Le mieux est certainement alors d'adopter une approche comme celle de Marshall Rosenberg (la communication non violente) où chacun ne parle plus que de ses propres besoins. La difficulté à montrer alors de la bienveillance pour les besoins de l'autre ressort assez rapidement. Bonne chance dans votre thérapie.

  26. Quel beau texte plein de réflexion et de justesse. Plus je lisais plus je me reconnaissait malheureusement. Ma femme me le reproche souvent. Mais ce qui est terrible c'est que je la retrouve également dans beaucoup de vos propos. Seulement la différence c'est qu'elle ne l'admet pas. Pour ma part j'ai du mal avec mon égocentrisme mais je tente de me corriger en voyant un psy depuis plusieurs semaines. Je crois que ma psy m'a enfin cerné…mais ma femme voit mes défauts mais ne se rend pas compte des siens tout du moins à ce sujet. Pour elle le problème c'est moi. Que puis je faire pour lui faire admettre ce fait…
    En tout cas merci beaucoup pour votre réflexion qui est très juste. Continuez je pense qu'il n’intéressera pas que moi.

  27. Merci pour ce texte c'est très parlant pour moi . J'ai l impression Qu on parle de moi . J avais besoin de lire ça pour m aider . C'est concret .

  28. Merci pour ce texte !
    J'y ai reconnu ma mère… c'est très troublant pour un enfant un parent qui répond toujours à coté de la plaque à ses besoins.
    Merci de rappeler que ça peut être nous aussi 🙂 Avec mon héritage c'était tout à fait moi aussi je pense, avant. Heureusement avec l'âge et l'expérience, et grâce à ce genre de texte, on peut apprendre à écouter soi et les autres. Ça n'est pas toujours simple, c'est un vrai chemin de vie… c'est toujours bien de le rappeler.

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