VIVRE ET LAISSER VIVRE

VIVRE ET LAISSER VIVRE

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Cette phrase, hautement cliché, m’habite depuis un moment, m’envahit parfois comme une vague de fond qui arrive, violente, puis se retire silencieusement.
Cette phrase, elle est là, tapie en moi, silencieuse, prête à se manifester à ma conscience à chaque fois que j’entends des jugements, de la haine, des préjugés.
Ce matin, je trouve un article du Huffington Post Québec annonçant la création d’un site de rencontres pour femmes mûres cherchant des hommes plus jeunes. Soit. Si c’est un besoin pour certains, pourquoi pas?
Mais les quelques commentaires qui ont commencé à paraître annoncent déjà une certaine ironie, certains préjugés : « je vais inscrire ma grand-mère »,  « on aura tout vu, mdr ».
Et ça me frappe à nouveau.
« Vivre et laisser vivre ».
 
Mais pourquoi diable n’est-on pas capable d’accueillir les différences avec ouverture? Pourquoi a-t-on besoin de narguer, de pointer du doigt, de juger les gens qui osent afficher qu’ils sont différents?
C’est vrai en amour comme en politique ou en religion.
Toujours ces jugements de valeur. Encore et encore.
J’ai déjà écrit sur la relation amoureuse dans un contextede grande différence d’âge. Cela m’a d’ailleurs coûté très cher puisque des puissants qui n’étaient pas d’accord avaient à cette époque le pouvoir de me faire perdre beaucoup d’argent et ce fut fait.
J’ai déjà écrit aussi sur les jugements de toutes sortes. Je me souviens à cette époque que j’avais perdu aussi pas mal de « j’aime » sur ma page facebook.
Les différences entre nous ne sont pas des tares mais des richesses. Dans la mesure où on peut les accueillir avec ouverture, elles nous amènent plus loin. Plus loin dans notre compréhension de la nature humaine. Plus loin dans l’évacuation de nos préjugés. Plus loin dans notre propre profondeur, puisqu’en nous confrontant  à ces différences, nous nous comprenons toujours mieux et redéfinissons nos valeurs encore plus clairement. Pour nous. Sans vouloir les imposer aux autres.
Chacun a le droit de vivre, comme il l’entend dans la mesure où il ne transgresse pas un certain nombre de valeurs de base qui forment un consensus social. Des valeurs comme le respect et la liberté.
Chacun a le droit de faire ce qu’il veut de sa vie, qu’importe si cette personne n’agit pas ou ne pense pas comme nous.
« Vivre et laisser vivre. »
 
Est-ce si difficile?
Est-ce qu’on doit vraiment juger les personnes à leurs actes en fonction de nos propres valeurs, en fonction souvent des apparences?
Chacun sait que les apparences sont trompeuses… Et que les préjugés sont tenaces…
Un proverbe écossais dit : « Quand vous pourrez mettre mes souliers, vous parlerez. » J’ajouterais avec d’autres : mettez-les mais marchez aussi avec quelques kilomètres. Le temps de comprendre. Le temps d’accepter.
Dans ma propre expérience, les gens qui entretiennent le plus de haine à notre sujet sont généralement des gens qui ne nous connaissent pas, qui n’ont pas pris le temps de savoir qui nous étions, qui ne se sont jamais assis avec nous pour nous comprendre vraiment. Bref, des gens qui n’ont jamais marché dans nos souliers.
On ne fait rien de grand en se crachant les uns sur les autres. On n’arrive à rien lorsque notre regard se porte en juge de ce qui nous entoure. On reste petit lorsqu’on confond opinion et préjugés.
« Vivre et laisser vivre. »
Je désespère parfois que l’on y arrive. Que l’on réussisse à se regarder les uns les autres comme des gens différents qui avons chacun quelque chose à apporter aux autres.
Et quand je désespère, j’avoue que je trouve que le « p’tit Québec », c’est bien autre chose qu’un fromage.

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Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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