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OSER AIMER À NOUVEAU OU COMMENT BALAYER LES RESTES DU PASSÉ.

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Il y a quelques temps, j’ai reçu un message privé d’une dame via Facebook. Voici sa question :
« Dans ce monde ou le divorce est normal, les gens sont méfiants, ne veulent plus souffrir, comment faire pour trouver un partenaire de vie, se laisser aller à nouveau?»
D’emblée, ce qui est monté de moi à cet instant a été simplement :
Si vous ne voulez plus souffrir, vous ne pourrez pas vivre.
Parce que la souffrance fait partie de la vie et est un risque dans toute relation. En amitié comme en amour. Dès en fait que nous nous impliquons affectivement avec quelqu’un. Nous prenons alors le risque d’être déçus, trahis, offensés. Le risque de souffrir.
Et vous savez quoi? C’est ça la vie!
Bien sûr, il est naturel de vouloir éviter la souffrance. Sauf qu’après un échec, nous sommes sensibles, nous sommes meurtris, nous avons peur. C’est bien le pire moment pour accepter que nous puissions avoir mal… encore, et c’est tout à fait normal. Sauf que cela démontre aussi que nous ne sommes pas prêts à nous engager à nouveau.
Bon, je crois que je vais le répéter :
NOUS NE SOMMES PAS PRÊTS À NOUS ENGAGER À NOUVEAU!
Est-ce plus clair?
Je sais. C’est un classique que de dire à quelqu’un : prends du temps pour toi et apprends à vivre seul. Beaucoup  répondent à cela : Je ne veux pas vivre seul et je n’ai aucun intérêt à apprendre ça.
Ils ont le droit, bien sûr. Mais ce faisant, ils se condamnent à revivre encore et toujours les mêmes relations toxiques qui ne marcheront pas pour, au final, réaliser que même en multipliant les partenaires et en les remplaçant le plus rapidement possible, ils ont toujours été seuls. Seuls en partenariat. Seuls en couple. Mais seuls. Toujours.
Je sais, vous pouvez tous citer l’exemple de quelqu’un qui a remplacé tout de suite un amoureux et qui est très heureux maintenant. Il y a des exceptions partout. Il y a aussi des gens qui ont fumé toute leur vie et qui n’en ont jamais été malades. Ça prouve qu’il y a des exceptions, mais ça ne prouve pas que ça marche comme ça.
Lorsqu’une relation nous a brisés, que nous sommes perdus émotionnellement, ce n’est pas du tout le temps de remplacer cette relation. C’est le temps de se réparer.
Ce n’est pas le temps non plus de se réparer uniquement dans le but de trouver quelqu’un d’autre.
Trouver quelqu’un n’est pas un but. C’est une chose qui arrive. Nous pouvons le souhaiter. Le rechercher est par contre un problème. Parce qu’alors, nous nous vendons l’idée que ça nous prend ça pour être heureux. Nous pensons que c’est à une autre personne que nous-mêmes de répondre à nos besoins. Du coup, nous devenons vulnérables à tout ce qui passe. Avec évidemment pour conséquence d’être allumés par le même genre de personne.
Non, nous devons nous réparer pour nous-mêmes. Pour vivre heureux, seuls.
Je sais, c’est difficile à envisager. Plusieurs préfèrent  se mettre le plus vite possible « dans l’action ». Après tout, les sites de rencontres sont faits pour ça.
Allez-y alors. Faites comme bon vous semble. Replongez encore et encore dans les vieux patterns qui vous ont fait rater votre relation. Mais assumez-le. Dites : « Je veux absolument trouver quelqu’un donc je vais me payer une autre relation qui ne marchera pas ». Vous en avez parfaitement le droit.
Mais alors, assumez aussi votre déception. Ne demandez pas : « pourquoi ça n’a pas marché? ».
Vous savez très bien pourquoi.
Vous avez répété la même chose. Vous avez obtenu le même résultat. N’est-ce pas logique?
Dites-vous plutôt : « lorsque j’en aurai marre de toujours faire pareil, je ferai autrement », et inscrivez-vous encore sur un site de rencontres.
À répéter ad nauseam!
Un jour, vous vous direz : « y’en a marre ». Et vous entrerez en vous-mêmes afin de réparer les torts qu’on vous  a faits mais aussi ceux que vous vous êtes faits. Vous vous tiendrez tranquille pour un temps. Vous découvrirez ce qui s’est passé. Vous réparerez ce qu’il y a à réparer.
Il serait un peu long ici de revoir toutes les étapes du deuil. Pourtant sachez que tant que vous n’aurez pas identifié clairement ce qui, en vous, n’a pas marché, vous n’aurez pas terminé ce deuil.
« Oh mais ce n’est pas ma faute », diront certains, offusqués de ce que je raconte. Regardez en vous. Regardez encore. Les torts ne sont que rarement d’un seul côté.
Si vous en êtes encore à avoir le regard tourné vers la personne qui vous a laissé, il vous reste encore du chemin à parcourir.
Soyez réaliste aussi. Les torts ne vous appartiennent pas tous. Mais est-il utile de demeurer dans le ressentiment par rapport à l’autre?
Faut-il aller jusqu’à pardonner les torts faits? Dans la mesure où vous ne confondez pas pardonner avec excuser, je vous dirai « oui et à l’autre comme à vous-mêmes ». Le pardon, ce n’est pas se dire que ce n’était pas grave. Ce n’est pas se dire que l’on avait raison ou que l’autre avait raison. Le pardon, c’est d’accepter que cela s’est passé ainsi et refuser de perdre du temps à entretenir du ressentiment pour la personne qui nous a fait mal.
C’est d’ailleurs ce dernier point qui achoppe le plus souvent. Nous entretenons le ressentiment. Nous le cultivons. Après tout, n’est-ce pas le seul  témoin de la gravité de la chose?
Mais passer à autre chose ne veut en aucun cas dire que ce qui s’est passé n’était pas grave. Ça peut avoir été très grave. Sauf qu’on n’a plus de temps à perdre avec ça.
Beaucoup plus de gens qu’on pense ne se remettent pas d’un deuil parce qu’inconsciemment, ils croient que de s’en remettre voudrait dire que ce qui s’est passé n’était rien.
Faites donc votre deuil. Complètement. Sans presse. Un deuil amoureux prend environ un an à faire. Et vous savez quoi? On dit souvent qu’un chagrin d’amour non traité dure un an et que traité il dure 12 mois. Il faut le temps qu’il faut. Quand on arrive comme moi au début de la soixantaine et que la vie a passé comme un éclair, on en arrive à penser que 12 mois, ça passe fichument vite.
Puis vous rencontrerez quelqu’un. Par hasard. Comme ça.
Vous vous direz alors : « merde, ai-je le temps de m’investir dans une relation, ma vie est tellement plein comme elle est là? » Et vous n’en reviendrez pas d’à quel point vous n’êtes plus à la recherche de l’âme sœur à tout prix. Et vous aurez la trouille.
Vous aurez la trouille que ça soit comme avant. Mais ça ne le sera pas.
Vous devrez vous faire violence pour y croire. Et pourtant ce sera vrai.
Vous aurez de vieux réflexes de méfiance et constaterez que vous avez cette tendance à auto-saboter la relation au nom des autres passées. Mais voyant que cette relation ne correspond absolument pas aux autres que vous avez vécues, vous baisserez votre garde
Vous  ferez attention, bien sûr, mais vous embarquerez. Doucement. Puis plus vite.
Et vous recommencerez à y croire.
Et vous savez quoi?
Peut-être que ça ne marchera pas.
Mais vous aurez essayé sincèrement. Le plus sincèrement du monde. Et c’est ça qui est le plus important.
Quant à avoir la garantie que vous ne souffrirez pas, ma foi, si c’est vraiment ce que vous voulez, restez célibataire et achetez-vous une couverture chauffante pour les grandes nuits d’hiver.

 

Et là, c’est certain que vous n’aurez plus jamais de chagrin d’amour.
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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

4 COMMENTAIRES

  1. Je vous ai lu juste après avoir été quittée.
    Je le savais, biensûr, mais mettre les mots dessus c’est toujours aidant. Car cela a été très douloureux. J’avais aimé être rassurée sur les étapes à franchir, même si aussi tres angoissée à l’idée de n’avoir aucune idée de quand cela se terminerait, très franchement. Un an ? Tres long quand on se rapproche de la quarantaine et qu’on voudrait avoir des enfants ! Ën fait c’est presque magique car cela se fait seul -enfin en travaillant sur soi, je le sais aujourd’hui.

    Peu de temps après cette rupture, j’ai été sur des sites de rencontre (trop rebelle pour suivre tout à la lettre 🙂 mais aussi encouragée par une thérapeute), mais peut être plus pour me rassurer sur ma capacité à plaire, m’etant sentie très dévalorisée par cette rupture. Je pense que ce genre de site ont aussi cette fonction: savoir où on en est, avoir y miroir sans prendre trop de risques. J’y ai cependant rencontré un homme qui est devenu un ami, car nous avions de longues discussions passionnantes, mais il n’était pas du tout mon genre. Et j’ai continué mon bout de chemin en reconstruisant ma vie, en suivant entre autres vos conseils et en faisant confiance. Ca m’a pris 6 longs mois (pour une histoire de 5 mois qui faisait suite à deux plus longues, assez désastreuses). 6 mois ou j’avais encore le regard tourné vers mon ex amoureux, effectivement. Ou la déprime et le desarroi ont fait place à la colere puis à la tristesse, puis à un retour des projets, de l’énergie… Et puis un jour … j’ai revu mon ex une dernière fois et je me suis dit: plus jamais ça. Je ne veux plus jamais d’un homme qui se comporte comme ça avec moi (et croyez moi, je reviens de loin car une histoire avant, c’était violence conjugale).
    Comme une évidence… ce qui ne pouvait pas marcher m’a sauté aux yeux et ça a ete la derniere etape du deuil. J’apprécie beaucoup mon ex, c’est une chouette personne, je ne lui en veux plus du tout, mais juste, nous sommes incompatibles car son histoire l’empêche d’être vraiment en intimité et aimant avec une femme. Même s’il est vraiment canon, sympa et bienveillant par ailleurs, ça me faisait completement non pour une histoire d’amour à présent. Quel pas franchi! Moi qui avais toujours eu beaucoup de mal à clôturer toutes les histoires!

    Quelques temps après cette révélation, et quelques vacances, j’ai revu mon ami rencontré sur le net, sous un autre angle… quelquechose avait changé. Et petit à petit nous nous sommes rapprochés… et aujourd’hui nous sommes ensemble, et c’est une histoire qui n’a tellement rien à voir avec les précédentes. Je ne sais combien de temps elle durera (meme si c’est parti pour durer longtemps on dirait), mais elle sera de toute façon tres modélisante pour toute relation ultérieure, quoi qu’il arrive. Même pas peur … Je suis ravie de ne pas m’être précipitée. Et d’avoir pris le temps de clore le chapitre précédent. Je découvre du nouveau tres rejouissant, et je savoure totalement.

    Merci. 🙂
    Vous m’avez aidée à franchir ce cap difficile.
    Et là en relisant, je vois mieux ce qu’il s’est passé et pourquoi cette histoire est si différente.
    Merci.

    Ps: il est donc aussi possible aussi de faire des belles rencontres sur le net 😉 Même si je suis d’accord que ce n’est pas toujours une bonne idée, surtout si c’est pour une relation pansement, et qu’ il faut être un peu aguerri et savoir très bien ce qu’on y cherche et se connaître. Mais on n’a pas toujours des années devant soi pour laisser le hasard intervenir non plus. 😉

  2. Vous savez, Monsieur Rochette, vos mots me font un bien fou ce soir. On dirait que ça m'aide à toucher les petits bouts de moi que je touchais presque déjà.

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