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MAUDITS SILENCES

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Avec le titre de mon bouquin, « Des silences ébruités », on pourrait penser que je suis en faveur de ces temps de solitude où l’on peut se connecter à soi, au cœur de notre être. L’idée étant d’entrer en contacts avec notre cœur et notre âme.

Et on a raison de le penser.

Je suis le premier à CROIRE que l’on a besoin de ces temps d’intériorisation.

À condition qu’ils servent à intérioriser pour de vrai.

À condition que, justement, comme le dit ensuite le titre de mon livre, le tout soit ébruité, dit, nommé.

Cependant…

Il y a aussi les silences qui blessent, les silences qui éloignent, les silences qui évitent de parler de l’important, des « silences-fuite ».

Ils sont principalement utilisés par des gens à l’attachement évitant qui ont naturellement peur de l’intimité… pour éviter d’entrer justement en intimité.

Je me souviens, dans ma dernière relation, que je me faisais souvent servir cet argument : « Je dois y penser ». Et je vous assure que du temps pour y penser, il y en avait. Beaucoup. Pourtant, par la suite, elle n’avait pas eu le temps d’y penser, ne savait pas plus quoi dire.

C’était simplement un moyen d’éviter la relation, de ne pas sentir l’attachement, de sombrer dans un monde intérieur fabriqué de toute pièce par la raison et qui imite le cœur. L’avenir l’a montré puisqu’elle m’a quitté sans même prendre la peine de m’en nommer les raisons sinon : « je dois m’écouter ». Mais écouter quoi? Que vaut une réflexion sur la vie en couple qui se fait toute seule?

Les gens évitants sont des experts en silence. Mais, la plupart du temps, ils ne sont pas en contact avec leur cœur. Ils répriment leurs émotions (ils sont pourtant certains du contraire) et sont bien incapables de nommer leurs besoins. Les silences ne servent qu’à éviter les relations.

Et dans ce temps-là, j’appelle ces silences les « maudits silences ». Des silences qui servent à s’éloigner, à ne pas parler des choses importantes, à ne pas affronter la réalité de la vie humaine, à se déculpabiliser, à se déresponsabiliser même.

Les « maudits silences » ne devraient pas exister.

Le silence, le vrai, celui de son cœur, sert à se connecter, à prendre la mesure de notre être, à concevoir en mots ce qui nous porte… pour retourner ensuite vers les autres.

Le silence, le vrai, est suivi alors d’un échange. Avec l’être aimé, avec l’ami confident, avec le public de notre Facebook, dépendant bien-sûr de la nature de nos découvertes.

Si, après un temps de silence, vous ne savez pas quoi dire, c’est que votre connexion a échoué. Comme le dit le proverbe bien connu : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire nous viennent aisément. » Si ce n’est pas le cas, vous avez eu affaire à un « maudit silence ».

Rétablissez la connexion avec vous-mêmes ET avec les autres.

Tentez de les comprendre pour ce qu’ils vivent, pour ce qu’ils sont, pour les besoins qu’ils vous annoncent.

Et rappelez-vous que le vrai silence permet de connecter avec son cœur et d’alimenter notre capacité à se dire et à accueillir l’autre dans ce qu’il dit.

Toute autre forme de silence est maudite.

C’est un « maudit silence ».

Et d’une certaine façon, c’est une forme de violence à la fois envers les autres mais aussi envers soi car s’interdire l’accès à soi-même est la pire chose qu’on puisse faire contre soi.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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