QUELLE EST VOTRE CAPACITÉ À PRENDRE DES RISQUES?

QUELLE EST VOTRE CAPACITÉ À PRENDRE DES RISQUES?

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On entend beaucoup parler de sortir de sa zone de confort, d’oser confronter ses peurs, de savoir prendre des risques si on veut obtenir quelque chose de la vie.

C’est presque devenu une mode. Tout le monde y va de sa recette de succès, recette dans laquelle il y a toujours un immense risque à prendre.

Et c’est toujours beau.

« J’ai lâché mon boulot parce qu’il ne me convenait plus sans savoir comment j’allais manger.  Aujourd’hui, je m’en félicite tellement.»

« J’ai tout misé sur mon entreprise. C’était la faillite ou la richesse. Je suis riche. »

« J’ai tout risqué… et j’ai tout eu. »

Bien sûr, je suis le premier à vous dire : si vous ne voulez plus de votre vie, faites-vous une autre vie. Si ce que vous faites n’est pas conforme à ce que vous aimez, faites autre chose.

Cependant, il y a toujours des risques à changer une partie ou toute sa vie. Il y a toujours un inconfort, mais en même temps, beaucoup arrivent à modifier (parfois drastiquement) leur vie. Beaucoup arrivent à prendre ces risques nécessaires pour changer ce qui ne leur convient plus.

Pourtant, beaucoup aussi, n’y arrivent pas.

Certains parce qu’ils échouent, certains autres parce qu’ils ne parviennent pas à se décider de prendre ce fameux risque.

Pourquoi?

Parce que c’est un fait qu’il est possible qu’on échoue.

Dans les histoires inspirantes que vous lisez, les gens ont réussi. Vous ne lirez jamais : « j’ai tout lâché pour devenir riche et maintenant, je suis SDF ».

Pourtant, ça arrive quand on prend des risques. C’est bien pour ça que les risques font peur.

Alors comment fait-on pour arriver à en prendre?

Pour arriver à comprendre cela, il faut d’abord assumer un principe toujours vrai et dont on n’est pas complètement conscient : la liberté est inversement proportionnelle à la sécurité. Toujours.

Regardez le graphique.

 

liberté sécurité

 

Dans cette figure, si j’ai beaucoup de liberté, j’ai peu de sécurité. Si j’ai beaucoup de sécurité, j’ai peu de liberté.

Je pourrais vous promettre que vous n’aurez pas d’accident de voiture aujourd’hui. Si, si. Je peux vous promettre cela. En vous attachant, bien menotté dans mon sous-sol, jusqu’à ce qu’arrive minuit.

Je peux vous donner la recette pour que votre enfant ne se fasse pas tuer à vélo : ne lui permettez jamais de monter à vélo.

Le 11 septembre de la fameuse attaque terroriste contre les États-Unis, le président américain a réussi à faire voter des lois de surveillance qui dépassaient les droits civils. Les gens ont accepté. Pourtant, ces lois contrevenaient aux libertés fondamentales des américains. Pourquoi ont-ils accepté cela? Parce qu’ils avaient peur. Ils se sentaient dans l’insécurité. Pour avoir davantage de sécurité, ils ont alors accepté de restreindre leurs libertés.

Ce principe de base est toujours vrai. «La liberté est inversement proportionnelle à la sécurité ».

En général, nous tentons tous de nous situer un peu au milieu. Nous gardons une certaine sécurité et nous autorisons une certaine liberté. Et ça nous arrange.

Pourtant, lorsque vient le temps de changer quelque chose dans nos vies et de prendre une plus grande liberté, nous aurons à sacrifier une partie de notre sécurité. C’est là que nous commencerons à avoir peur.

Par conséquent, pour pouvoir prendre ce risque, nous devrons l’accepter. Accepter qu’il se produise. Accepter d’échouer. Tant que cela n’est pas fait, il n’est pas possible de prendre le risque. C’est trop pour nous.

Si je me sépare, c’est pour avoir la liberté de vivre une vie amoureuse épanouie avec quelqu’un d’autre. Cependant, il est bien possible que ma nouvelle vie soir pire que l’ancienne. Il est aussi possible que je ne rencontre personne et que je reste seul. Rester seul est-il moins pire que de vivre la vie que j’ai actuellement? Suis-je prêt à prendre ce risque? Puis-je sérieusement envisager que je serai célibataire? Si ce n’est pas le cas, le risque sera difficile à prendre.

Si je lâche un boulot qui comprend une sécurité d’emploi, un fond de pension, une assurance-maladie, c’est pour avoir la liberté de faire ce que j’aime. Il est aussi possible que je n’arrive pas à vivre de ce que j’aime et qu’au final, je doive me retrouver un boulot pire que celui que j’avais avant. Suis-je prêt à prendre ce risque? Si ce n’est pas le cas, il y a de fortes chances que je sois encore là dans dix ans.

Un changement amène toujours plus de liberté et moins de sécurité.

Si je veux pouvoir prendre le risque du changement, je dois donc accepter les conséquences de ces risques. Je dois, finalement, être capable de trouver ma sécurité dans cette insécurité.

Beau paradoxe, n’est-ce pas?

Mais c’est ainsi.

À moins que je ne trouve une recette pour avoir le beurre et l’argent du beurre.

Cette recette existe parfois. Mais seulement dans les demi-mesures.

Diminuer « un peu » ma sécurité pour retrouver « un peu » de liberté.

Soyons francs alors : toute la sécurité et toute la liberté, ça n’existe pas.

Mesurez donc les risques, acceptez-les… et sautez.

Ou bien ne faites rien.

Au moins, vous savez la vie que vous aurez dans 20 ans.

C’est ça, choisir la sécurité.

Ce n’est pas très « liberté », mais ça convient aussi à pas mal de gens.

Et ce n’est pas plus mal.

Quelle est votre capacité à prendre des risques?

La même que celle que vous avez à en assumer les conséquences.

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Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

6 COMMENTAIRES

  1. Merci ! le graphique est super parlant et décrit bien le dilemme…
    Je suis une inconditionnelle de la liberté, mais parfois c’est un peu dur question sécurité… là au moins je comprends pourquoi. Etre bohème, c’est parfois dur à assumer.

  2. Ce texte arrive tellement à point, je suis présentement dans un choix tellement difficile
    Merci , je vais lire et relire ce texte a plusieurs reprises jusqu’à ce qu’il devienne en moi quelque chose de très évident

  3. Bonjour Jean, j’aime beaucoup votre article. Votre graphique illustre tellement bien ce que l’on peut vivre quand on jongle entre liberté et sécurité, une image vaut mille mots! Et que dire du paradoxe… merci et bonne journée :)

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