NOS RACINES SONT LÀ D’OÙ L’ON VIENT, PAS LÀ OÙ L’ON VA.

NOS RACINES SONT LÀ D’OÙ L’ON VIENT, PAS LÀ OÙ L’ON VA.

765
0
PARTAGER

On lit souvent qu’il faut assumer ses racines, que ce passé que nous avons eu est garant de notre avenir.

Pour beaucoup, il est relativement facile de les assumer. Ils ont eu des parents en or, ont été dorlotés, chéris et on reçu l’amour et la sécurité qu’il faut pour s’épanouir. Ils ont une capacité d’attachement face à la vie qui est sécure, paisible et cela leur donne aussi une capacité d’engagement solide.

Certains cependant ont eu des parents difficiles. Ils n’ont pas reçu, ou seulement de temps à autre ce qu’il leur fallait pour se développer de façon sécurisante. En termes d’attachement, ils ont développé un style anxieux, ambivalent, évitant. Ils ont appris que de s’attacher à l’adulte peut être très risqué.

Parfois même, les parents ont été tellement difficiles qu’ils ont de la difficulté à accepter tout d’eux: leurs racines, leur héritage, la transmission des valeurs. Ils voudraient porter un autre nom. Ils voudraient venir d’ailleurs. Certains même ont de la difficulté non seulement à accepter leurs parents mais aussi leur lignée. Comme si cette origine leur répugnait.

Ce faisant, ils se coupent de leurs racines.

Il est pourtant exact que les racines sont un passé dont il faut tenir compte pour s’assurer d’un avenir et en tenir compte ne veut pas dire pour autant les endosser.

Je peux reconnaître que je viens de la famille des « xxxx » sans accepter tout ce qu’ils ont fait, dit, accompli. Ce faisant, je fais la paix avec ma «provenance» tout en m’établissant un plan de match pour le futur.

Il importe en effet de savoir d’où je pars pour avoir une idée précise d’où je vais aller. Si je n’en tiens pas compte, je me condamne même peut-être à répéter les erreurs commises.

Si nous reconnaissons nos origines, nous pourrons garder ce qui est positif, changer ce qui est négatif et améliorer ainsi les générations futures. En matière d’héritage, c’est peut-être le seul où je peux n’en accepter qu’une partie.

J’ai alors le pouvoir d’effectuer une sorte de «coupure transgénérationnelle». Un momentum où, désormais, dans la famille des « xxx », cela ne se passera plus comme ça. Ces coupures passent par le fait d’assumer d’abord d’où je viens pour ensuite le transformer, le transmuter.

Je suis un Rochette. Je ne suis pas particulièrement fier de cela étant donné mon histoire familiale. Mais je suis un Rochette. Et rien n’empêche que mes agissements et ma propre histoire fassent en sorte que mes enfants et ceux qui viendront par la suite soient un peu plus fiers de leur nom et de leur descendance.

Oh, bien sûr, cela ne sera pas parfait. Quand je regarde en arrière, je remarque que j’ai répété déjà plusieurs erreurs de mes parents. Je vois que j’ai des caractéristiques de mon père que je ne voudrais pas. Mais je m’emploie à «améliorer la race».

Mes enfants pourront continuer sur ces pas et seront aussi à même que moi de rejeter ce qui n’a pas suffi et d’améliorer la lignée.

Assumer ses racines, c’est se donner le pouvoir de les transformer, de les modeler, de faire cesser des comportements nocifs.

Accepter ses racines, c’est aussi perpétuer ce qu’il y avait de beau et bon dans tout ça. Car il y en avait. Il y en a toujours.

Endosser ses racines, c’est prendre pleinement responsabilité de sa vie avec tout ce qu’elle comporte.

PARTAGER
Article précédentCOMMENT S'AIMER SOI-MÊME SANS POUR AUTANT DEVENIR UN ÉGOÏSTE FINI!
Prochain articlePERSONNE NE VA LE FAIRE À VOTRE PLACE
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

AUCUN COMMENTAIRE

REPONDRE

two + 7 =