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SUICIDE : Y’A-T-IL UN COUPABLE?

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Je me prépare à aborder maintenant avec vous un thème extrêmement difficile, surtout en ces temps émotifs qui ont suivi le très et trop médiatisé suicide récent d’une fille de 15 ans.
C’est volontairement que je ne la nomme pas puisque cet article n’est pas un article sur elle en particulier et que dans son cas, je crois personnellement qu’on en a déjà abondamment parlé et qu’il convient maintenant de retirer ça du public et de laisser sa famille faire son deuil.
Non.
Je voudrais plutôt aborder avec vous la question de la culpabilité ET de la responsabilité dans tous les cas de suicide et non pas uniquement dans celui-là.
Car au fond, la seule chose particulière qu’a ce cas, c’est qu’on a assisté publiquement à ce qui se passe toujours dans des cas de suicide : la recherche du coupable.
Car une chose doit être très claire : on cherche toujours un coupable.
Diverses motivations se trouvent impliquées dans cette attitude.
Disons d’abord que c’est dans la nature humaine de chercher d’où vient le problème. Plus il y a d’horreur dans la situation, plus on cherche à trouver le coupable. On veut venger la victime. On voit, comme récemment, un chien se faire maltraiter sur une vidéo? On veut savoir qui a fait ça, comment il a été puni.
Trouver un coupable permet aussi de se déculpabiliser soi-même parfois. Si c’est l’autre le coupable, ce n’est pas moi. Et il faut bien l’avouer, dans le cas d’un suicide, on est porté à se culpabiliser. Si j’avais appelé ce soir-là, si j’avais insisté pour telle ou telle chose… L’univers des « si j’avais » est très vaste.
Mais il y a de très grands dangers à trouver le supposé coupable. Parfois on blâmera le système, le gouvernement, le vieux cochon de « mononcle » qui a abusé de la personne, le psychologue qui suivait cette personne, l’ami qui savait et qui n’a rien dit, les parents trop sévères, les parents pas assez sévères, les amis méchants, le petit ami qui a rompu, etc.  Il y a tellement de possibilités pour trouver quelqu’un à blâmer.
Si au moins c’était vrai…
Mais rien n’est moins sûr…
Et blâmer fait mal. Ça fait mal à la famille quand on se met à s’accuser les uns les autres, ça fait mal aux gens sur qui on porte le blâme et, pour certains, ça brise des liens que par la suite on ne pourra plus refaire.
Je vous propose de troquer le mot « culpabilité » par le mot « responsabilité ». C’est la même chose, vous me direz. Bon, peut-être dans le langage courant. Sauf que le mot culpabilité n’est pas neutre alors que le mot responsabilité l’est. Je peux être responsable d’une recette réussie, d’une contravention reçue, d’une entrevue ratée, d’un exploit personnel. Je ne peux pas être coupable d’une recette réussie ou d’un exploit. Vous saisissez la nuance? Quand on porte la responsabilité de nos actes, il n’y a pas de jugement de valeur et aucun blâme. Alors que si on parle de culpabilité, il y a un blâme et un jugement de valeur. Cela sera très important pour la suite.
Parlons donc de responsabilité.
Parenthèse du psy.
Je me permets ici pour un temps de reprendre mon chapeau de psychologue pour vous expliquer quelque chose. Je n’aime pas parler à titre de psychologue, car ça m’oblige à mesurer extrêmement bien mes paroles. Mais là, je crois que c’est nécessaire.
Voici ce que je veux vous faire comprendre : nous sommes responsables de nos actes, jamais des réactions de l’autre à ces actes.
Je vous explique.
Pour être responsable de la réaction de quelqu’un, il faut qu’il y ait un lien de cause à effet entre mon acte et la réaction. Cela veut dire qu’à chaque fois que je reposerai le même acte, j’obtiendrai la même réaction. Vous me suivez?
Je vais vous donner un exemple. Supposons que je rencontre quelqu’un et que je lui mette mon poing dans la figure et que ce dernier, suite à ça, s’en aille chez lui et se suicide. Tout le monde va dire que je suis responsable du suicide de cette personne. Pour que ce soit vrai, il faudrait que les gens se suicident toujours lorsque je leur mets mon poing dans la figure. Or, ce n’est pas le cas. Certains éclateront en sanglots, d’autres répliqueront, d’autres déménageront, d’autres porteront plainte à la police. Autant de différentes réactions à l’acte que j’ai posé. Cela veut dire que je suis responsable d’avoir mis mon poing dans la figure du type mais en aucun cas de sa réaction à mon action. Sa réaction, c’est lui qui l’a choisie en fonction de sa personnalité, de son histoire personnelle, de sa vie à lui.
Cela ne m’excuse pas d’être un homme violent qui met son poing dans la figure des gens. Ça, j’en suis responsable et je devrai éventuellement répondre de cet acte. De cet acte et non de la réaction de la personne.
Il en va de même dans le cas d’un suicide. Il peut s’être produit beaucoup de choses dans la vie de quelqu’un pour qu’il en arrive à faire ça. Les gens qui l’ont blessé sont responsables des actes qu’ils ont commis. Toujours. Mais ils ne sont responsable en aucun cas du suicide de la personne. Ça, c’est la personne elle-même qui en est responsable. ATTENTION : pas coupable… responsable.
Fin de la parenthèse du psy.
 
 
Ce que je cherche à vous expliquer aujourd’hui, c’est que la recherche d’un coupable dans un cas de suicide, c’est le premier réflexe qu’on a. On s’examine soi-même, on scrute les autres à la loupe, on examine chaque détail des faits qu’on a à sa disposition.
Et derrière la recherche du coupable, il y a aussi un profond désir de comprendre.
Car les proches qui restent, les endeuillés, vivent un drame profond.  Ils se reprochent même parfois d’être vivants. Ils ont besoin de comprendre ce qui s’est passé. Parce que c’est absurde. Parce que c’est cruel. Parce qu’il y a un deuil à faire et qu’il s’agit d’un des plus difficiles deuils qui existe au monde.
Et ce dont tous ces proches ont besoin dans un premier temps, c’est d’entendre : ce n’est pas de votre faute. Ne cherchez pas la faute. Accueillez simplement ce qui est. Si cruel et si injuste que ce soit.
Cela dit, ça ne veut pas dire de ne pas agir sur des problèmes dans le système, sur des éléments qu’on identifie toxiques dans un milieu. Non. Mais quel que soit le problème détecté dans un milieu, il est inutile voire dangereux de l’identifier comme la cause du suicide. Parce que la cause d’un suicide, c’est essentiellement le geste posé par la personne qui l’a posé. Rien d’autre. Vous vous souvenez de la règle de cause à effet? Ce qui cause un suicide par médicament, c’est l’ingestion des médicaments, pas la querelle avec son conjoint.
Je sais à l’avance qu’énormément de gens à la lecture de cet article vont être révoltés.
Pourtant, c’est la stricte vérité.
Vous voulez comprendre un suicide? Vraiment? Alors suivez-moi bien.
Comprendre un suicide.
La vie n’est pas juste et lorsqu’on vient au monde, ce n’est qu’en humanité que chacun est égal. Tout le reste est inégal.
Il y a d’abord le caractère du nouveau-né. Tous les nouveaux nés ne sont pas semblables. Ils ne sont pas comme le pensent certains une simple tablette vierge où l’éducation écrira leur vie. Non. Observez bien les nouveaux nés. Certains ont une capacité d’adaptation plus grande que d’autres. Certains se fâchent s’ils n’ont pas leur lait à temps, d’autres sont plus patients. Certains sont plus dormeurs et d’autres moins. Certains même ont des prédispositions à certaines maladies mentales alors que d’autre non.  Ils viennent de venir au monde et ils ne sont pas pareils.
Imaginez la suite.
Ils ne viennent pas non plus au monde avec les mêmes parents. Et il faut bien le dire, la seule chose qu’ont les différents parents en commun est qu’ils ne connaissent pas ça, ce qu’est être parent. Ils l’apprendront sur le tas, par essais et erreurs et la plupart s’en sortiront quand même assez bien. La plupart feront de leur mieux. Pour certains bébés, ça sera assez. Pour d’autres, ça sera catastrophique.
Certains vivront dans la richesse et l’opulence. D’autres viendront au monde pauvres.
Certains hériteront de parents excellents qui apprennent vite. D’autres auront des familles complètement dysfonctionnelles.
Certains verront leurs parents divorcer. D’autres non.
On pourrait allonger la liste longtemps.
Et encore. Chacun des nouveaux nés réagira à ces différences de façon personnelle. Ce qui nous laisse un éventail infini de possibilités.
Tout cela va façonner la personnalité de l’enfant.
Vous comprenez maintenant pourquoi l’on dit si souvent que chaque personne est unique? Autant de combinaisons possibles ne peuvent pas faire exactement la même personnalité. Ni la même façon de réagir aux événements.
Je disais plus haut que la vie n’est pas juste.
C’est que non seulement nous ne sommes pas pareils mais qu’en plus, il ne nous arrivera pas les mêmes événements de vie.
Et c’est la raison pour laquelle on ne parle jamais de cause dans le domaine du suicide, mais de facteurs de risque.
Ce qu’on constate, en effet, c’est que certains facteurs rendent plus probable le recours au suicide. Ils ne le causent pas. Car ça, ça va dépendre essentiellement de la personne.
Je vous donne trois exemples.
Il est bien connu maintenant qu’être un garçon gai dans une école secondaire est un facteur de risque pour le suicide. Mais cela ne veut pas dire que tous les garçons qui sont gais vont se suicider à l’école. Mais ça veut dire qu’il y en aura plus que dans les autres groupes. Pourquoi? D’une part parce qu’il se sent à part des autres, il entend les blagues de « fif » alors il n’ose pas s’affirmer, parfois il est « deviné » et ridiculisé. On devine ici ce qu’il peut vivre. Pourtant, tous ne se suicideront pas. Certains vont même au contraire devenir plus forts, plus capables de faire face dans le monde adulte. Certes, ce n’est pas idéal et il faut travailler à ce que les préjugés disparaissent. Mais les préjugés ne tuent pas. C’est plutôt la réaction de l’individu à ce qu’il vit.
Il est maintenant connu également qu’à l’âge de « jeune adulte », être célibataire est un facteur de risque pour le suicide. Cela veut dire que plus de suicides surviendront dans cette catégorie que chez ceux qui sont « en couple ». Pourquoi? Est-ce à dire que le célibat tue? Pas du tout. En fait, lorsqu’on est seul, on se sent plus isolé du fait que pratiquement tous les autres sont en couple, on peut être tenté de se déprécier parce qu’on n’a pas de succès, on peut être porté davantage à s’isoler encore plus. On peut imaginer beaucoup de raisons à cela. Mais le célibat de tue pas. Certains par exemple vont, plutôt que se déprécier, développer une plus grande autonomie affective. D’autres seront consternés.
La « peine d’amour » est aussi un facteur de risque pour le suicide à l’adolescence. En effet, on sait que beaucoup d’ados entrent en relation amoureuse de façon ultra fusionnelle et vivent cette fusion comme s’ils n’existaient plus comme personne. Dès lors, lorsque l’un des deux rompt la relation, ils le vivent comme s’ils n’existaient plus, comme si l’autre était parti avec un morceau d’eux-mêmes.  Ils ont alors l’impression qu’ils n’arriveront pas à vivre sans l’autre, que le bonheur, c’est terminé pour eux. Et dans ce contexte, l’idée du suicide apparaît souvent assez rapidement. Mais est-ce que la rupture cause le suicide? Faut-il exiger des ados des relations permanentes? Quand on n’aime plus, on n’aime plus. Il faut se quitter. Mais une rupture amoureuse ne provoque pas le suicide. C’est la réaction de la personne à la rupture qui est en cause ici.
Dans toutes ces situations, bien sûr, il serait préférable que tout se passe bien. Personne n’espère qu’un jeune garçon gai soit ridiculisé, personne ne voudrait encourager non plus les mauvaises blagues à ce sujet. Personne ne voudrait encore moins que tous les jeunes célibataires se considèrent des « loosers ». Personne non plus n’espère que les couples vont se disloquer. Mais le fait est que ça arrive. Et lorsque ça arrive, certains vont devenir en crise suicidaire.
Pourquoi?
Parce que compte tenu des circonstances – l’ensemble des circonstances de sa vie -, compte-tenu de ce qui vient d’arriver et compte tenu de la personnalité de l’individu, tout le monde ne réagira pas pareil. Certains deviendront plus forts, d’autres seront anéantis.
Qu’est-ce qu’un suicide alors?
Le suicide, c’est le geste d’une personne qui ne voit plus de solution à un problème particulier et qui veut que sa souffrance arrête. C’est tout. C’est bien dommage, mais c’est tout. Aurait-on pu l’empêcher? Probablement. Si les choses avaient été différentes, si elle avait eu une vie différente, si elle avait eu des interventions différentes, si elle avait eu une constitution différente, si, si, si…
La souffrance causée par une personne qui choisit de s’enlever la vie est immense. Et il est très difficile de s’empêcher de chercher un coupable. Mais il n’y a pas de coupable ou, s’il en faut un, le coupable est le fait que la vie n’est pas la même pour tout le monde, qu’elle n’est pas juste, qu’elle n’est pas un jardin de roses.
Il n’y a pas de responsables non plus. Aucun sinon la personne elle-même qui pose ce geste. Un geste d’une inouïe violence. Un geste que ceux qui restent considèrent absurde. Un geste incompréhensible pour tout le monde.
Des gens se sont mal comportés avec cette personne? Ces gens sont responsables de leurs propres actions. Pas du suicide de l’autre.
Maude s’est suicidée. On dit qu’elle a été victime d’un coureur de jupon qui l’a embobinée. Jonathan est en effet un homme à femmes. Il accumule les conquêtes et les largue au bout de trois semaines, dès qu’il a obtenu d’elles ce qu’il voulait. Lorsque Maude a commencé à sortir avec Jonathan, elle pensait qu’elle le changerait. Avec elle, disait-il, ce n’était pas pareil. Elle l’a cru. Et un soir, elle s’est offerte à lui, toute tremblante, toute émotive. Elle l’avait décidé, c’est à lui qu’elle donnerait sa virginité. Maude avait 14 ans. Le lendemain, Jonathan la quittait en lui expliquant qu’il n’était pas prêt à s’engager. La même excuse qu’il avait donnée à dix filles avant elle. Et sans aucune émotion que la satisfaction d’avoir eu une fille de plus, Jonathan est retourné chez lui faire des plans pour la prochaine. Maude, atterrée, a réellement pensé que sa vie était finie. Elle s’est sentie meurtrie profondément et, un soir, a vidé l’armoire à pharmacie de ses parents. On l’a retrouvé morte le lendemain.
Jonathan est un salaud? Peut-être. Un malade? Peut-être. Mais il n’est pas un assassin. Les dix autres filles avant elle ne sont pas mortes. Mais Maude était plus fragile que les autres. C’est triste, mais c’est comme ça.
De la souffrance, il y en a dans toute vie. Lorsqu’on identifie un risque, il faut prendre les mesures pour enrayer ce risque. On appelle ça de la prévention. Mais il faut aussi et surtout surveiller les gens qu’on aime, être attentifs aux signaux d’alerte, les prendre toujours au sérieux, intervenir au mieux pour que la personne fragilisée par un événement puisse s’en sortir plus forte qu’avant.
Et dans ces efforts pour identifier les risques et identifier les gens fragiles, il y en aura parfois qui ne donneront rien. Parce qu’on n’est pas parfaits. Parce qu’on ne pensait pas que… Et la personne mourra.
La souffrance causée par la perte d’un être cher par suicide est immense. Le reste de sa famille devient même plus à risque de développer des comportements suicidaires. Ce qu’ils ont à faire, c’est un deuil. Un des deuils les plus difficiles de la vie. Ça prend du temps.
Au cours de ce deuil, ils vivront de la colère. Colère contre des gens qui entouraient le défunt. Colère contre le défunt aussi qui les laisse comme ça dans la souffrance. Tout cela, c’est normal. Il y a des étapes à ce deuil et des gens qui offrent des services d’accompagnement

Mais chercher un assassin parmi la population lorsqu’une personne se suicide, c’est malsain. Et c’est toujours faux. Parce qu’un suicide, c’est toujours une personne qui s’assassine elle-même.

PS: Je sais bien que ceux qui sont en colère de ce qui s’est passé dernièrement vont être heurtés par cet article. Et je risque de canaliser la colère puisque quand on est en colère, il faut quelqu’un à haïr. Je vous encourage, si tel est le cas, à relire encore ce texte, à bien le comprendre. Il se peut que vous ayez envie de me « crier » dessus… Interrogez-vous sur cette colère en vous. Pour ma part, comme mon forum est différé, je dois vous dire que je ne publierai pas des commentaires négatifs qui ne sont pas constructifs. Merci.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

13 COMMENTAIRES

  1. bonjour, hier j’ai appris la mort du père de ma fille qui s’est suicidé 6 mois après une séparation très compliquée sur un contexte d’alcool et de violence. Cela fait 2 mois que j’ai dû nous mettre ma fille et moi à l’abri il avait littéralement pété les plombs. Je ne comprends pas pourquoi sa famille qui était gentille avec moi et qui connaissait les problèmes de mon ex-concubin s’est finalement retourné contre moi et refuse aujourd’hui que je me rende à l’enterrement du père de ma fille pour me punir. Oui je sais il faut un coupable, il faut que je dépasse cela. C’est injuste.

  2. oui ce texte réconforte notamment quand on est tenu responsable par son ex belle famille du suicide de son ex compagnon. Je vis cette situation en ce moment où ils me haïssent de l’avoir quitté et m’insultent régulièrement. Ce n ‘est pas facile dans ces conditions de faire son deuil sereinement et d’éviter de culpabiliser. Selon eux , j’ai été égoïste et méchante d’avoir repris ma liberté donc je suis responsable de son décès.
    Après lecture de ce texte, j’essaye de relativiser et d’empêcher qu’ils influencent mon travail de deuil en voulant garder une emprise malsaine sur mes pensées : à savoir me punir pour alléger leur propre souffrance.

    • Nous ne sommes jamais responsables de cette décision que quelqu’un a pris. Mais il peut être bon de s’éloigner voire même de couper les ponts avec des gens qui nous renvoient de tels messages. Bon courage.

  3. Merci pour cet article 🙂
    Toujours à me sentir coupable de Tout, de plus ce 06 janvier mon Grand Ami s'est suicidé, les derniers mots que je lui ai dits n'étaient pas des mots gentils.
    Mon acceptation et mon travail de deuil seront longs, mais rien n'arrive par hasard, et ce travail me permettra très certainement de déposer d'autres culpabilités.
    Claire Fyon. Belgique.

  4. Nous sommes responsables de nos actes, jamais des réactions de l’autre à ces actes.Il faudrait garder cette phrase en mémoire et se la répéter plus souvent ,pour s'éviter beaucoup de culpabilité ! Très bon texte !

  5. Quel bon article! Pourquoi? Parce que l’auteur de ce texte m'a sauvé la vie un jour. Ayant consulté pendant plusieurs années, j'ai compris que nous sommes les seuls responsables de notre destinée.

    Oui, c'est vrai, nous ne choisissons pas nos parents. Étant issue d'une famille de trois enfants, comment puis-je les accuser d'être responsables du fait que j'ai vraiment souhaité en finir un jour alors que mes deux sœurs n'ont jamais eu, à ma connaissance, de déprime aussi profonde que la mienne.

    En ce qui concerne les gens que j'ai côtoyés, ceux que j'ai choisi d'aimer profondément et qui m'ont tellement fait souffrir; est-ce qu'ils m'ont déjà demandé d'accepter l'inacceptable? Est-ce qu'ils m'ont blessée intentionnellement?

    À vous qui doutez encore, qui croyez que c'est impossible d'envisager une autre solution, n'hésitez pas à en parler, à consulter. Le chemin vers la guérison nous semble parfois inaccessible. Je vous avoue, c'est extrêmement difficile, car on ne peut pas guérir en quelques semaines des blessures, des incompréhensions ancrées en nous depuis tant d'années. Personnellement, la décision la plus bénéfique de ma vie à ce jour a été de m’arrêter, je n’avais plus le choix, et de me demander pourquoi je vivais tant de souffrance. Je n’avais qu’une seule réponse à ce moment : c’est la faute des autres. C’est alors que j’ai décidé de consulter.

    Consulter est le plus beau cadeau que je me suis offert. Comprendre enfin dans quelle mesure JE pouvais être garante de ma qualité de vie.

    Relisez cet article, cela en vaut vraiment la peine.

    En conclusion, je dirais qu'accuser les autres de notre malheur, se sentir coupable du bonheur des autres est une grave erreur. Malgré le fait que j'en aie la conviction profonde aujourd'hui, il m'arrive parfois d'avoir des cafards, d'être empreinte de tristesse, d'être déçue, mais ces sentiments sont éphémères, car maintenant je sais qu'après la pluie vient le beau temps.

    Bien que je trouve qu’une opinion est plus crédible lorsqu’on connaît l’auteur, après réflexion, j’ai choisi finalement de garder l’anonymat, non pas parce que j’ai honte ou que j’ai peur d’assumer tout jugement qui pourrait être porté à mon endroit, mais tout simplement par respect des personnes qui, à ce jour, ont fait partie de ma vie, ces personnes avec qui j’ai entretenu une relation ayant un dénouement heureux ou malheureux.

  6. Un suicide c'est très difficile à vivre pour les proches et encore plus pour ceux qui se "culpabilisent" ou se sentent responsables; selon moi, cet article est en quelque sorte une aide pour ces personnes là. En fait, elles peuvent réaliser qu'elles ne sont pas les responsable et vivrent leur deuil d'une facon plus sereine. Je ne penses pas que cet article devrait susciter de la colère mais plutot du réconfort. Merci!
    Karine P.

  7. Si les gens sont choqués, ils doivent se rappeler que la vérité choque. Très bon texte qui met les points sur les "i", qui explique bien des choses et amène à nous questionner. Effectivement, il n'y a pas une cause proprement dite, mais il y a plusieurs facteurs qui peuvent influencer. Une chose également, il ne faut pas banaliser et croire que les gens qui se suicident sont des gens faibles, c'est bien plus que cela. Bref, je trouve que ce texte aide vraiment à la compréhension bien que ça ne ramène personne.

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