Accueil Suivis individuels LA PSYCHOTHÉRAPIE: DOIS-JE CONSULTER?

LA PSYCHOTHÉRAPIE: DOIS-JE CONSULTER?

2086
0
PARTAGER

Dois-je consulter?

Des personnes ayant fait une psychothérapie disent souvent à qui veut l’entendre: « Tu devrais consulter, moi, ça m’a tellement apporté »…

Mais est-ce bien nécessaire?

Je compare souvent la trajectoire de l’humain en développement à une rivière qui suit son cours. C’est naturel, c’est en mouvement, ça avance, quoi qu’on en pense, au gré des événements, des nécessités d’adaptation, de la vie elle-même qui nous sollicite.

Parfois, ce développement est plutôt tranquille, d’autres fois, il est mouvementé, houleux comme les rapides d’une rivière. Parfois, le cours d’eau fait un détour parce qu’il y a un obstacle, d’autres fois il va bien droit et rapidement. Mais dans tous les cas, il avance.
Et tant que la vie est mouvement, en général, il n’est pas nécessaire d’aller chez le psy. À moins que ce mouvement ne soit si fort et désordonné qu’on ait besoin de repères rapides pour ne pas se perdre.Cela dit, il y a des souffrances dans la vie. Des deuils à faire, des tristesses à accueillir. Certaines de ces souffrances prennent du temps à s’estomper. Et ce temps est nécessaire. Le cours d’eau de la vie n’est pas toujours un long fleuve joyeux. Mais tant qu’il coule, tant qu’il y a du mouvement, on n’a pas nécessairement besoin d’un psy. Mais il arrive que le cours d’eau stagne. À cause d’un obstacle particulier sur le parcours de vie, l’eau devient immobile et ne trouve plus le chemin de son lit.

C’est là que le psy devient utile.

Il va nous aider à remettre du mouvement dans notre vie. Il va nous aider à enlever les obstacles qui nous font répéter les mêmes erreurs, les mêmes gestes ou attitudes, les mêmes pensées toxiques…Le psy est simplement quelqu’un qui remet en mouvement.

Est-ce que c’est long?

La thérapie brève.

Parfois, cette remise en mouvement est brève. C’est le cas de problèmes situationnels qui nous ont amené à rester immobiles.Cependant, il faut bien comprendre qu’une thérapie brève, c’est souvent de 10 à 15 semaines à raison d’une fois par semaine. Certaines techniques vont un peu plus vite. D’autres vont plus lentement. mais une chose est certaine, il est illusoire de penser qu’un rendez-vous chez un psy réglera tout. Le premier rendez-vous sert plutôt à « mettre la table ». Expliquer la situation, l’évaluer, fixer les objectifs etc. Après, il faut commencer à travailler. Une psychothérapie, ce n’est pas un antibiotique qu’on prend dix jours et le problème est réglé. C’est plutôt un processus. Et comme tout processus, ça prend du temps.

La thérapie longue.

Parfois, cette remise en mouvement est plus longue. C’est le cas des écueils accumulés tout au long de notre vie et qui ont constitué notre personnalité.

Et dans le cas où il faut travailler cette personnalité, les gens s’entendent pour dire qu’on ne fait pas un travail sérieux en bas d’une année au moins, à raison d’une rencontre par semaine.

Certains trouveront ça extrêmement long. Cependant, comme je dis souvent à ces personnes, il vous a fallu 30 ou 40 ans pour vous structurer comme ça. Prendre un an pour assouplir cette structure, ce n’est pas beaucoup au final.

Est-ce que c’est cher?

La question qui revient le plus souvent est celle du coût qui paraît exorbitant. En effet, un psy demande entre 75$ et 125$ l’heure de consultation environ. Cela paraît terrible, surtout lorsqu’on envisage une thérapie à long terme.

Cependant, réfléchissons un peu à cela.

Supposons quelqu’un qui décide de consulter pendant trois ans. Mettons-en des années. Trois ans à environ 40 semaines par an, c’est 120 séances. Si on met une moyenne de 80$ par séance, on parle de 3200$ par an ou de 9600$ pour les trois ans. Moins la déduction d’impôt dans les frais médicaux ou mieux, le remboursement d’assurance pour les personnes qui ont une assurance collective.

On peut le voir globalement et ça paraît onéreux, pourtant, nous parlons d’un taux horaire comparable à celui que nous allons payer pour faire réparer notre voiture. Nous parlons d’un coût mensuel plus bas de celui de l’hypothèque… pour aller mieux soi-même.

La question qu’on devrait se poser alors, c’est plutôt: en ai-je vraiment besoin? Et si oui, est-ce que je vaux 10 000$?

Une bonne partie de la population a les moyens, si elle en fait le choix, de faire une thérapie. Il est bien certain qu’il s’agit d’un choix, et que ce choix va entraîner de sacrifier autre chose comme peut-être son voyage dans le sud, l’achat d’une nouvelle voiture ou le renouvellement de l’ameublement. Mais c’est un choix possible.

Pour l’autre partie de la population qui n’a pas le choix, il est possible d’avoir recours aux différents CLSC moyennant, par contre, souvent, quelques mois d’attente.

Il y a aussi certains psys qui vont appliquer des tarifs réduits pour des gens qui sont particulièrement démunis. Il faut le demander.

Et comment ça se passe, une thérapie?

Pour beaucoup de gens, une thérapie, c’est uniquement aller voir quelqu’un et parler. On jase. On placote, comme on dit. Et à ce compte, ils se disent qu’il est moins dispendieux de se confier à un ami.

Et si ce n’était que ça, effectivement, je serais tout à fait d’accord avec eux.

Cependant, le psy n’est pas un ami. Et il ne le sera jamais. D’ailleurs des règles de déontologie lui défendent d’avoir d’autres relations avec un de ses clients que celle de la relation thérapeutique.

Non. Le psy est un professionnel qui a en tête un modèle de développement, de fonctionnement et de constitution de l’être humain. Certains de ces modèles sont connus – pensons à la psychanalyse -, d’autres moins connus. Je pense ici au modèle de psychosynthèse de Roberto Assagioli, celui de l’analyse eidétique de Ahsen, ou le modèle de la PNL pour n’en citer que quelques uns. Avec ce modèle, le psy a aussi appris un ensemble de pratiques ou de techniques susceptibles de faire avancer le client. Il va donc « écouter » son client à travers cette grille fin d’identifier ce qui est bloqué et se servir de ses pratiques afin de l’aider à débloquer.

Selon différentes études, les modèles se valent et ne sont que des chemins différents pour parvenir au même résultat. Le critère pour choisir un modèle en particulier est surtout que vous vous sentiez bien à l’intérieur de ce fonctionnement… et que vous soyez à l’aise avec votre thérapeute.

Si c’est le cas, vous vous mettrez au travail et ferez tout votre possible pour ne pas changer le comportement que vous voulez changer. En psycho, nous appelons ça des résistances. Je ne pourrai pas dans ce court article expliquer le mécanisme des résistances. Mais disons qu’en gros, une psychothérapie, c’est quelqu’un qui vient consulter pour changer quelque chose dans sa vie et qui passe le reste du temps à essayer de ne pas le changer.

C’est alors le boulot du thérapeute de lui montrer ses résistances et d’essayer de les contourner.

Au terme de la thérapie, la personne a en principe retrouvé son mouvement personnel.

Comprenons-nous bien.

On entend souvent dire: la personne a réglé ses problèmes.

Il faut aborder ici le concept de guérison qui est à mon avis très ambiguë lorsqu’on parle de psychothérapie.

Vais-je guérir?

Beaucoup de gens identifient certains de leurs problèmes d’une façon générale: je suis anxieuse, jalouse, perfectionniste, dépendante affective.

Et ils se présentent en thérapie pour « guérir » de leur jalousie, de leur dépendance affective, de leur anxiété.

Le terme « guérir » dans leur bouche est plus un discours médical que psychologique. Comme si par exemple la dépendance affective était un microbe et que la thérapie allait le tuer à vie.

Ce qui est vrai en fait, c’est que nous nous sommes constitués une personnalité au cours des années. Et cette personnalité est là. On ne peut pas la changer. On peut seulement l’assouplir. Si jamais quelqu’un prétend le contraire, demandez-lui de vous montrer les études scientifiques qui le prouvent ou sauvez-vous.

Ce qu’on peut faire, c’est de remettre du mouvement là où il n’y en a plus.

Une personne qui montre de la jalousie par exemple, pourra apprendre à avoir plus de confiance dans les autres, à cesser d’imaginer des scénarios catastrophes, mais restera sans doute plus sensible qu’une autre à « son territoire ». Et si jamais elle se fait effectivement tromper, il est bien possible que sa jalousie revienne pour un temps.

Selon notre personnalité, nous avons des enjeux de développement différents et nous y travaillerons toute notre vie. Nous avons des thèmes bien à nous. Et nous progressons. Mais ce sont nos thèmes. Ce sont eux qui reviendront constamment. En mieux. En plus assoupli. Mais toute notre vie, nous travaillerons ces mêmes thèmes pour les assouplir encore plus, encore mieux.

Je préfère personnellement voir une psychothérapie comme un processus intervenant à des moments particuliers de la vie d’un individu plutôt qu’un bloc de séances au terme desquelles il aura « réglé ses problèmes ».

Le choix du thérapeute.

Lorsque nous sommes bloqués et que nous désirons consulter, il devient important de bien choisir son thérapeute.

Disons dès le départ que depuis juin 2012, n’importe qui ne peut plus se prétendre psychothérapeute. Il s’agit en effet d’un titre réservé qui est supervisé par l’Ordres des psychologues du Québec. Vous pouvez d’ailleurs vérifier sur le site de l’Ordre si votre thérapeute est autorisé à pratiquer la psychothérapie. L’avantage de faire appel à quelqu’un qui fait partie d’un ordre professionnel est d’abord et avant tout qu’en cas de problème, vous êtes protégés par cet Ordre professionnel auprès de qui vous pouvez porter plainte. Par ailleurs, le membre d’un Ordre professionnel possède un minimum de compétences qui a été vérifié par cet Ordre avant de lui octroyer son permis de pratique. Faire appel à un thérapeute qui ne fait pas partie d’un Ordre professionnel ne signifie cependant pas que vous aller automatiquement rencontrer un charlatan. Cela signifie simplement qu’il n’est pas reconnu et que par conséquent, vous n’êtes pas protégés si ça ne se passe pas bien.

Une fois votre choix arrêté, vous commencerez vos séances. Soyez alors attentif à une première chose. Le courant passe-t-il entre votre thérapeute et vous? Êtes-vous à l’aise? Sentez-vous que vous développez un lien de confiance? Nous avons chacun des styles différents, des méthodes différentes et il est normal de ne pas convenir à tout le monde. Ainsi moi, par exemple, j’ai un style thérapeutique très confrontant et certaines personnes ne sont pas à l’aise dans un style comme celui-là, préférant quelqu’un de plus doux, de plus « berçant » dans le ton de sa voix et dans ses paroles etc. Ces personnes ne vont pas travailler bien avec moi. Elles se sentiront mal. Et elles sont mieux de chercher quelqu’un dont le style leur convient mieux. Si donc le courant ne passe pas, n’hésitez pas à dire au thérapeute que vous préférez renoncer, que vous ne vous sentez pas à l’aise et trouvez quelqu’un d’autre.

Si par la suite, après 3-4 séances, vous sentez aussi que ça ne marche pas, que vous n’arrivez à rien, que vous ne voyez pas du tout où vous vous en allez et que c’est comme si vous n’aviez pas consulté, peut-être que l’approche ne vous convient pas.

Dans tous les cas, n’hésitez pas à trouver quelqu’un d’autre si vous ne le « sentez pas ». Écoutez-vous. C’est votre processus.

Quand dois-je cesser de consulter?

Il découle de ce que je viens de dire qu’il est non seulement utile de savoir quand consulter (lorsque l’eau devient stagnante, que je tourne en rond et ne m’en sors pas par moi-même) mais aussi quand cesser de consulter (quand le mouvement reprend).

Or, si une consultation devient nécessaire quand je m’aperçois qu’il y a un obstacle dans mon développement, elle devient inutile lorsque cet obstacle est enlevé.

Cela ne veut pas dire que tout ira mieux.

Cela veut dire que je peux agir par moi-même.

Prenons l’exemple d’un deuil.

Un être cher est décédé. Dois-je consulter? Pas nécessairement.

Perdre un être cher fait de la peine, suscite de la colère. Pendant le deuil, nous passons par des étapes successives visant l’acceptation de la perte et la réorganisation de notre vie. La grande majorité des gens le font très bien seuls.

Le psy n’est pas une pilule de bonheur sur qui on se précipite dès qu’on a de la peine.

Avoir de la peine est une chose normale.

La consultation n’a sa place que lorsque je ne me sors pas de mon deuil et que quelque chose est bloqué.

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de recevoir des gens qui venaient de perdre leur conjoint.

Bien sûr qu’ils avaient de la peine en arrivant… et qu’ils en avaient encore en partant.

Et je me suis entendu souvent leur dire: voici par quelles étapes vous aller passer. Si dans un an, vous vous sentez encore bloqué, il serait utile que vous consultiez. D’ici là, vous avez un deuil à vivre. Ce n’est pas facile. Mais c’est quelque chose qu’on doit vivre. Je ne vous donne pas d’autre rendez-vous. Appelez simplement si vous vous sentez bloqué.

Et le plus souvent, je ne revoyais pas cette personne qui allait de fait beaucoup mieux un an plus tard.

Il faut donc savoir quand arrêter sa consultation… quitte à la reprendre plus tard.

Cela dit, si l’expérience vous tente et que quelque chose bloque dans votre vie, je reçois comme psychologue les mardis à mon bureau de Saint-Georges et les jeudis et vendredis à mon bureau d’Orford. Pour rendez-vous: 418-228-0263 à Saint-Georges et 819-993-8487 à Orford

PARTAGER
Article précédentSUIVEZ LES SIGNES…
Prochain articleRIEN N’EST JAMAIS GRATUIT.
Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

7 + 9 =