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CE QUE L’AUTRE DIT DE LUI EST SON PROBLÈME… CE QUE VOUS EN DEVINEZ EST LE VÔTRE

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« Est-ce que tu l’as invité à ta soirée? »

« Non, il n’aimera pas ça. »

« Il te l’a dit? »

« Non, mais je le sais. »

« Et toi, tu aurais voulu qu’Il vienne? »

« Oh, je ne me suis pas posé la question. Ça ne m’aurait pas dérangé. »

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Voilà, en gros, une conversation que j’ai très souvent avec certains clients. Regardons bien ce qui se passe dans cette conversation.

Le premier constat, c’est que la personne a décidé à la place de l’autre qu’il n’aimerait pas ça. Elle ne le sait pas. Elle le devine au nom, le plus souvent, d’une sorte de certitude de connaître l’autre.

Le deuxième constat, c’est qu’en réalité, on ne sait pas du tout si l’autre aurait apprécié. On ne le saura jamais par ailleurs puisque l’invitation n’a pas été lancée. Peut-être que la personne a raison et que ça ne l’intéressera pas. Mais c’et à lui de le dire.

Le troisième constat, c’est qu’entièrement tournée vers ce qu’elle pense que lui va penser, elle a oublié l’important : se demander si elle-même voudrait qu’il vienne. Du coup, elle ne sait pas si c’est ce qu’elle veut, il ne sait pas ce qu’elle veut, et tout se décide dans sa tête à elle au nom de ce qu’elle pense que lui pense sans savoir ce qu’il pense et en ignorant ce qu’elle veut. (Relisez la phrase lentement pour bien la comprendre.)

Compliqué n’est-ce pas?

Et tout ça pourquoi? À cause d’une devinette.

Et il y a un quatrième constat, le plus important. Si elle ne sait pas ce qu’elle pense, elle ne peut pas lui dire. Lui ne peut donc pas avoir d’opinion sur la situation. Il n’y a plus de relation. Plus aucun échange possible. Le lien disparaît. Il reste deux solitudes ignorant tout chacun de ce que l’autre vit.

Puis-je me permettre de simplifier cette situation?

C’est en réalité beaucoup plus simple que l’on croit. Voilà comment ça devrait fonctionner.

Je suis invité à une soirée.

Je me demande d’abord si je désire être accompagné par mon conjoint. Normalement, ça me tente beaucoup, puisque c’est mon conjoint. Mais j’ai peur qu’il s’ennuie. Du coup, il me vient à l’esprit de ne pas l’inviter en me disant qu’il n’aimera pas ça.

Voilà. Je sais ce que JE pense. Il me reste à me tourner vers l’autre pour l’en informer.

« Jeudi prochain, j’ai une soirée spéciale et j’aimerais bien que tu viennes mais j’ai peur que tu t’emmerdes tellement que j’ai failli ne pas te le demander. Par ailleurs, je pense que tu ne voudras pas venir. »

Et bingo : l’autre sait maintenant ce que je pense. À lui de m’informer. Il est possible qu’il me demande des compléments d’information avant de prendre sa décision. Est-ce que je sersai occupé tout le temps, sera-t-il un peu avec moi ou jamais? Qu’est-ce qui va se passer dans cette soirée? Ensuite, il me donnera son avis et, par le fait même, sa réponse. Imaginons-en une :

« Tu as raison de penser que ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Cependant, ça fait partie de ta vie professionnelle et je trouve important de t’appuyer là-dedans. Tu me dis que nous serons ensemble la plupart du temps mais que ça va parler de sujets qui ne m’intéresseront pas. Le simple fait d’être avec toi et de te manifester mon appui me fait dire oui, tu peux compter sur moi, j’y serai. Si je ne t’avais pas vu de la soirée, je n’y serais pas allé. »

Et voilà. Nous voilà au fait de ce qu’il pense.

Bien sûr, on peut penser qu’il se force pour y aller, qu’en fait il n’en a pas envie mais ne sait pas dire non. On peut penser bien des choses. Mais ce n’est plus notre problème. Il a décidé en toute connaissance de cause et il lui reste maintenant à l’assumer. Si c’est trop ennuyant, la prochaine fois, il pourra dire non. Mais ça lui appartient. Complètement. Je n’ai pas à me soucier de ça.

Voilà le secret de la simplicité.

Je ne suis responsable que de ce que je fais moi-même. Si je devine, que je le laisse ignorer ce que je pense, que j’évite de lui offrir de venir avec moi, je suis responsable de tout ça… et du fait qu’il n’y a pas de lien entre nous.

Si lui donne les bonnes informations, je suis responsable de ces informations mais il est responsable de ses décisions. Entièrement. Et il y a donc un lien entre nous et un dialogue.

Du coup, ce que l’autre dit de lui est son problème, mais ce que vous en devinez est le vôtre. Entièrement.

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Jean Rochette

Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l’auteur de « Faites exploser vos couleurs » et « Des silences ébruités » aux Éditions du Dauphin Blanc.
Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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