JAMAIS JE NE SERAI UN VENDEUR DE ROBOTS CULINAIRES.

JAMAIS JE NE SERAI UN VENDEUR DE ROBOTS CULINAIRES.

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Dans ce texte, je prends une position personnelle mais très claire au sujet de la façon de faire de plus en plus courante dans le monde du développement personnel en matière de marketing. Il s’agit d’un texte d’opinion et je peux concevoir que d’autres n’aient pas la même opinion que moi. Je ne prétends pas juger les gens qui appliquent les recettes mais pose de sévères jugements sur les pratiques elles-mêmes. Pour le comprendre, il est bien important de faire la différence entre un jugement sur un acte et un jugement sur celui qui pose cet acte.

Le début de ma réflexion.

C’était il y a environ trois ans.

Depuis déjà un an, j’essayais de diminuer le nombre de clients en bureau privé pour faire de la formation et des conférences.

J’avais alors deux motivations principales.

D’une part je commençais à trouver lourd de ne rencontrer que des clients individuels. Je trouvais que ça manquait de dimension sociale et je m’ennuyais beaucoup de parler à des groups après ma retraite d’une carrière d’enseignant au collégial où je m’adressais à des groupes de 30 ou 40 personnes au moins quinze fois par semaine.

D’autre part, criblé de dettes (que j’ai toujours d’ailleurs), cela m’apparaissait un bon moyen de faire un peu plus d’argent un peu plus rapidement. J’espérais donc arriver à liquider ces dettes rapidement afin de pouvoir passer à autre chose.

Alors que je me promenais comme souvent sur Facebook, je suis tombé sur des vidéos gratuites d’une personne nommée Martin Latulippe. Il y faisait la promotion d’un programme de formation dans le cadre de ce qu’il appelait « L’Académie Zérolimite ». En plus de nous donner de très bonnes idées pour faire la promotion de nos choses personnelles, il y expliquait tout ce qu’il était possible d’apprendre en adhérant à son programme de formation.

Outre le fait que sa présentation était structurée comme les vendeurs de robots culinaires à la télé, une approche que je n’aime pas du tout, il y avait aussi des choses du contenu qui me titillaient dans son discours, mais je ne savais pas pourquoi. Il appelait cela une « business ». Il parlait de « l’industrie » du développement personnel. En fait, il parlait d’avoir du succès et de la possibilité de faire beaucoup d’argent.

Je ne comprenais pas mon malaise parce que quiconque me connaît sait que je n’ai aucun problème avec le fait de faire beaucoup d’argent. D’autant plus que je n’aurais pas répugné à l’époque d’en faire beaucoup.

Cette offre paraissait alléchante et plusieurs fois, j’ai eu envie d’appuyer sur le bouton « acheter », mais quelque chose m’arrêtait. Et je ne savais pas quoi.

Je n’ai donc pas suivi cette formation mais comme je connaissais plusieurs personnes qui s’y étaient inscrites, je me dis que j’allais suivre leur évolution. Et c’est ce que j’ai fait.

De fait, la plupart des gens que je connaissais se sont démarqués par la suite. Le nombre de « j’aime » de leur page Facebook a bondi de façon souvent astronomique, les contrats ont commencé à arriver, leur nom même, s’est mis à sortir du lot.

Est arrivé alors la série de vidéos gratuites de Sylvain Carufel, l’homme derrière la page extrêmement populaire de « La solution est en vous ». Encore une fois, j’ai suivi cette série de vidéos. Lui aussi donnait beaucoup d’importance au nombre de personne présentes sur nos pages et un simple regard à la sienne confirmait qu’il savait très certainement de quoi il parlait.

Ses capsules vidéos étaient elles aussi structurées comme le modèle américain de vente télévisuelle, ce qui m’énervait un peu. Je n’ai donc pas non plus acheté sa formation. Cependant, j’ai imité un élément de sa propre page, histoire de voir ce que cela donnerait. J’ai installé sur mon blogue des « popup » demandant l’adresse courriel des gens, espérant ainsi augmenter ma liste de diffusion. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu’en l’espace de quelques mois, cette liste avait doublé. Ça marchait. Et en fait, je ne comprenais pas pourquoi ça marchait autant puisque les « popup » m’énervent souverainement et que je n’ai jamais souscrit à une liste de diffusion de cette façon.

Seulement voilà. J’avais fait ce que je m’étais juré de ne jamais faire : utiliser une technique qui m’énerve pour obtenir des noms.

Mais j’étais en cheminement. J’expérimentais certaines choses.

S’est alors présenté une opportunité. Quelqu’un que je connaissais m’a offert de participer à son « programme d’affiliation ».

Un programme d’affiliation est la participation à la formation de quelqu’un d’autre en recommandant aux gens qui nous suivent de se la procurer, le tout contre rémunération. Dans son cas, il offrait en commission la moitié du prix de la formation. Comme je n’avais pas vue cette formation, j’hésitais à lui apporter mon soutien, puis, la commission étant alléchante, je me suis dit que mes scrupules se tairaient si je mentionnais que je ne l’avais pas vue. Et comme il offrait un remboursement en cas d’insatisfaction, ce qui calmait ma conscience, j’acceptai sa proposition. Après tout, c’était de l’argent facile. Mais bien honnêtement, je me sentais un peu coupable et ce, même si je nommais clairement que je ne l’avais pas vue. Et cette culpabilité a été exacerbée lorsque j’ai vu des gens qui ne l’avaient pas vu non plus annoncer qu’elle était géniale et la recommander personnellement.

Dans mon univers, c’est un mensonge d’annoncer quelque chose comme génial si on n’a aucune idée de ce que c’est.

C’était une formation annoncée sur le même modèle de marketing américain : quelques vidéos gratuites pour allécher le client puis l’annonce du prix où on commence par dire à quel point cela pourrait valoir cher pour ensuite descendre jusqu’au prix de la vente. On annonçait ensuite des bonus ajoutés à cela.

Je vous remets dans l’atmosphère de la publicité des canaux de vente à la télé : on nous présente un robot culinaire (ou toute autre chose). Évidemment le présentateur sait parfaitement le faire fonctionner. Des démonstrations prestigieuses avec quelques remarques émotives comme « vous méritez bien ça ». Tout au long, on nous demande si on sait combien ça vaut mais jamais on ne nous dit le prix jusqu’à ce que la démonstration s’achève. S’ensuit alors une tonne d’informations. Nous payons facilement plus de 2000$ pour avoir ça chez un compétiteur. Dans les magasins à grande surface, des modèles moins performants se vendent facilement 1500$. On pourrait penser que dans le cadre de cette offre généreuse, on va nous l’offrir à 1000$. Hé bien non. Ce n’est même pas 800$ ou même 600$ mais bien 500$. Et comme si ce n’était pas assez, on nous offre en prime une série de couteaux d’une valeur (le mot valeur est très important) de 200$ sur le marché et tout ça gratuitement.

C’est ça le modèle américain de vente.

Et ça marche.

Il en va de même pour les gens qui adoptent ce style de vente dans le domaine du développement personnel. Ça marche. C’est absolument génial. Et ça permet à des gens de faire une percée dans ce domaine, souvent très rapidement.

Est arrivé ensuite le phénomène François Lemay. J’emploie le mot phénomène parce que, bien honnêtement, ce type est effectivement tout un phénomène. On a l’impression à le voir aller qu’il a l’énergie de 30 réacteurs nucléaires, des idées à la minute comme vous n’en aurez qu’en un an, et il le fait. Il réalise ses projets.

Bien sûr, il applique les principes du marketing américain, mais il a eu aussi une idée de génie que personne n’avait eu avant lui : transformer les clients en produits. Ça, c’est le modèle des chaînes de télévision. On vous donne accès à la programmation tout à fait gratuitement et on se finance en vendant les cotes d’écoute aux publicitaires. François a fait pareil. Des conférences gratuites, financées en grande partie par les gens qui achètent des tables pour vendre leur produit à l’entrée. Personne n’y avait pensé avant et, il faut bien le dire, personne ne peut plus y penser après car il a exploité ce créneau d’une main de maître.

Comme vous le voyez, mon but n’est pas ici de démolir tout ça en vous expliquant que ça ne marche pas. Au contraire, ça marche très bien.

Ma réflexion d’ailleurs n’a jamais porté sur l’efficacité du modèle mais ailleurs, plus profondément, plus philosophiquement et plus éthiquement, je dirais.

Car force m’est de constater qu’en frayant dans le milieu et sans même suivre aucune des nombreuses formations, en un an, j’avais déjà transgressé deux de mes convictions : les « popup », c’est du harcèlement, et l’affiliation, ça pose un problème de conflit d’intérêts. Et pourquoi ? L’appât du gain. En effet, comme ça marchait, je reconnaissais en moi cet élan d’embarquer dans le moule et cette envie de rationaliser mes scrupules pour ne plus trop les sentir.

À l’heure où l’on se parle, je ne fais plus d’affiliation. Je n’ai pourtant pas encore enlevé mes « popup » de mon blogue et je suis encore en réflexion à ce sujet.

Mais tout ça a fait que je me suis mis à me poser de plus en plus de questions.

De mon côté, ma carrière de conférencier semblait stagner puisque je n’arrivais pas à remplir les salles et que je faisais souvent un déficit. Pourtant, comme professeur, je savais que j’étais apprécié, drôle, intéressant et que j’avais tout à fait le potentiel pour faire ça.

De l’autre côté, des gens réussissaient alors qu’auparavant, on n’avait jamais entendu parler d’eux.

J’ai d’abord pensé que j’étais jaloux de leur réussite et qu’il fallait que je travaille mon « ego ». Puis, lentement, des considérations ont émergé. Des considérations plus profondes, plus en lien avec mon être, plus près de mon cœur.

Aujourd’hui, au terme de près de 17 mois de réflexion, de rage parfois, d’avancée dans le noir et d’introspection à travers des zones désertiques de mon être, je suis en mesure de vous livrer la fin de ma réflexion ainsi que les actions concrètes que je vais prendre pour être cohérent avec mon être.

Voici donc, selon mon opinion toute personnelle, les problèmes inhérents au modèle américain de marketing appliqué au développement personnel, modèle repris d’ailleurs non seulement au Québec mais un peu partout dans le monde actuellement.

Les dangers de considérer le développement personnel comme un industrie.

L’absence de code de déontologie.

Dans ce domaine, je suis d’abord psychologue. Comme tel, je suis régi par un ordre professionnel qui possède un code de conduite nommé « code de déontologie » et auquel je suis soumis.

Je dis d’emblée qu’il n’y a aucun article de ce code avec lequel je suis en désaccord.

Et je trouve, bien honnêtement, que le domaine du développement personnel devrait se doter d’un code de déontologie similaire. Parce que l’on travaille avec des humains. Parce que ce sont les bases du respect des personnes. Parce que les personnes en développement sont certainement fragiles à certains égards.

Vous pourrez me dire qu’à ce compte-là, tout le monde est fragile. Personnellement, j’affirme que oui. Pas dans tous les domaines. Mais dans les domaines où nous sommes en cheminement, où nous sommes un peu perdus, où nous sommes dans un « no man’s land », oui, nous sommes fragiles, malgré notre capacité de discernement, malgré nos références intellectuelles, malgré notre rationnel et notre chemin parcouru. Moi-même, j’étais fragile par mes dettes et la recherche de solutions.

Or, dans ce code de déontologie, il est bien stipulé que je n’ai pas droit au sensationnel pour promouvoir ma pratique. Je me dois de rester sobre. Pourquoi donc ? Surtout pour préserver la liberté des clients de consulter qui ils veulent et ne pas les attirer avec de fausses promesses. Et pour ne pas abuser de la crédulité potentielle des gens en souffrance.

En cours de processus, je ne rappelle en général pas un client qui ne vient pas à son rendez-vous (il y a des cas où c’est indiqué – je parle en général) afin de préserver son droit de cesser sa thérapie à tout moment sans aucune conséquence et sans le culpabiliser.

La psychologie n’est donc pas une industrie. Pourquoi donc ?

L’intention première d’une industrie est de faire des profits. C’est comme ça et c’est normal. L’intention première du développement personnel doit être de faire du bien.

Bien sûr, quand je parle à certaines personnes, elles m’assurent que leurs intentions sont pures et qu’elles veulent réellement faire le bien. Je ne doute aucunement de cette intention. Pourtant, en se positionnant comme une industrie, il est bien possible qu’un jour où l’autre, l’intention de faire des profits passe avant l’intention de faire du bien. Parce que par nature, c’est la raison d’être première de l’industrie. Tout simplement.

Si, par exemple, je me rends compte qu’une de mes formations en ligne ne fonctionne pas bien en termes de résultats et que je réalise qu’il faudrait y ajouter deux ou trois heures de coaching individuel, est-ce que je vais les ajouter quitte à limiter mes ventes ou, puisqu’elle marche très bien sur le plan des ventes, vais-je simplement laisser aller ?

Prenons la compagnie qui fabrique le savon « Dove ». Elle a instauré un programme pour l’estime de soi qui est génial. L’intention de ce programme est certainement de faire du bien. Mais l’intention première de Dove est de vendre son savon. Personne n’en doute.

Il y a donc sans doute des analystes qui surveillent de près la progression des ventes lors d’une campagne sur l’estime de soi. Et si un jour ce programme s’avère plus couteux que ce qu’il rapporte, il est possible qu’il soit abandonné.

Cela dit, je ne doute aucunement des bonnes intentions de « Dove ». Il est d’ailleurs reconnu que chaque compagnie dans le monde du capitalisme doit avoir ses œuvres caritatives ou ses fondations. Ça fait partie de la philosophie du capitalisme qui est, si vous ne le saviez pas, issu du protestantisme chrétien.

Se disputer une part de marché.

Le développement personnel est un courant de pensée, une sorte de philosophie née de l’hybridation de la psychologie et des religions, principalement orientales. Lorsqu’on entend les gens satisfaits raconter leurs expériences dans ce domaine, ils suivent trait pour trait le modèle de récit de conversion religieuse. Ils racontent comment leur vie était de la merde avant et comment maintenant ils vont mieux. En sciences des religions, cela a été étudié abondamment.

Si l’on admet que le domaine du développement personnel est assimilable au phénomène religieux – un système de croyances et de valeurs regroupant des gens dans une communauté significative -, il faut appliquer les mêmes principes pour l’analyser.

Il s’ensuit que les clients potentiels sont très loin d’être infinis. Ils constituent en fait autour de 1% de la population d’une ville. Ceci veut dire que pour une ville comme Saint-Georges que je connais bien et qui a autour de 30 000 de population, les clients potentiels sont d’environ 300. Si, par exemple, le conférencier chouchou de Saint-Georges, Denis Carignan, fait une conférence un soir, il va drainer autour de 200 à 250 personnes. Si je fais une activité le même soir que lui, il ne me reste que 50 à 100 personnes comme clients potentiels. C’est comme ça que ça marche. Je n’ai pas à être jaloux de Denis. J’ai à déplacer mon activité. À moins que je trouve une histoire bien croustillante à raconter qui dénigrerait Denis…

Il est donc possible que, tôt ou tard, comme on a vu dans le domaine religieux aux États-Unis, les responsables des différentes activités finissent par tenter d’établir des stratégies pour s’arracher les clients. Cela donnera une montée des offres de services alléchantes, une baisse énorme des prix et, à terme, des jugements et des scandales mis à jour par des adversaires qui tenteront de s’accaparer leur part de marché. C’était désolant dans le religieux. Ça le sera tout autant dans le domaine du développement personnel.

Le problème des compétences et le consentement éclairé.

L’ « industrie » du développement personnel pose aussi un problème de compétences.

Ainsi que l’enseignent certains, il est possible de se construire un marché lucratif à partir de nos expériences de vie. On va même jusqu’à enseigner que si on ne se sent pas compétent, c’est qu’on a le syndrome de l’imposteur et qu’il faut le combattre.

Malheureusement, il arrive aussi que l’on se sente un imposteur parce qu’on l’est. Et ça, ça n’est pas dit.

Il est en effet exact qu’il peut être édifiant d’être mis en contact avec des personnes qui, par exemple, ont vécu une dépression. C’est souvent le cas de groupes de soutien où chacun peut aider l’autre à partir de son propre point de vue.

Cependant, en aucun cas, le fait d’avoir fait une dépression et de s‘en être sorti ne nous rend « spécialiste » ou « expert » de la dépression. (J’ai déjà fait une sortie virulente contre le terme expert dans un autre article de ce blogue).

Ce qui rend spécialiste, ce sont nos apprentissages à la fois théoriques et pratiques. Ce sont nos expériences cliniques supervisées et non pas personnelles. Ce sont nos formations.

Poursuivons notre exemple.

Pour traiter une dépression, il faut d’abord en faire le diagnostic. Pour cela, il ne suffit pas de regarder l’autre et de dire : ah, tu as les mêmes symptômes que moi, donc c’est ça. Un diagnostic est fait par quelqu’un qui a étudié le domaine et qui est apte à différencier un problème d’un autre. Dans le jargon spécialisé, nous appelons ça un diagnostic différentiel. Autrement dit, il faut être apte à faire une différence entre la dépression et un autre problème qui peut lui ressembler. Pour ça, ça prend des connaissances spécialisées.

Or, dans l’ « industrie » du développement personnel, la plupart du temps, on ne fait pas référence à nos connaissances et à nos formations sinon en termes très vagues : « je me suis formé des centaines ou des milliers d’heures là-dedans ». Mais on se nomme abondamment « experts ».

Il s’ensuit qu’il n’y a pas assez d’information pour faire un choix éclairé.

Vous me direz que les gens n’ont qu’à poser des questions. C’est vrai. Mais nous sommes polis en général et il est très rare que nous allons poser ce genre de question parce que ça a l’air de douter du formateur. En outre, si nous sommes dans une situation de fragilité, il est bien possible que nous ne posions tout simplement pas la question parce que nous avons tellement soif de solutions que nous allons oublier de demander.

Le consentement éclairé est à mon avis un droit qui va de soi et non quelque chose qui doit se demander.

Comme psychologue, lorsque je reçois un client, s’il y a des traitements alternatifs à ce que je lui propose, je dois lui mentionner et lui expliquer afin qu’il puisse choisir librement.

Un vrai consentement éclairé dans le domaine du développement personnel pourrait, par exemple, être libellé ainsi :

« Je peux vous enseigner la méditation pleine conscience pour 200$ sous telle forme. J’ai étudié dans telle et telle école avec untel et untel. Il y a aussi la faculté de médecine de l’université de Montréal qui offre cette formation en ligne sous forme de 12 modules vidéos donnés par un psychiatre de l’école de médecine et ce, tout à fait gratuitement. »

Si on est centré sur le bien du client, c’est ce qu’on va dire. Si on et centré sur les profits, on va « oublier » de le dire. Et si on n’est pas au courant que ça existe, c’est qu’on n’est pas à jour dans notre formation.

Il faut l’affirmer, la notion de consentement éclairé est actuellement fort absente de l’ « industrie » du développement personnel. Et tant que ça restera une industrie, ce sera comme ça. Personne n’attend de « Tide » qu’il conseille « Artic Power ». Et ce n’est pas un problème puisque personne n’a jamais vu quelqu’un en souffrance dans les allées d’un supermarché chercher un savon dont sa vie dépend. Lorsqu’on s’adresse au besoin d’aide d’un humain, c’est profondément différent.
Ce n’est pas la faute des « vendeurs ». C’est inhérent au fait que ce soit une industrie.

L’affiliation et le conflit d’intérêt.

Il y a quelques années, j’avais été sollicité à Saint-Georges par un groupe qui se réunissait régulièrement et dont les membres se référaient mutuellement des clients. Pour chaque client référé, on obtenait une ristourne sous forme de produits, en services ou en argent. Cela était fort alléchant car, comme groupe, on y trouvait un sentiment d’appartenance et une certaine forme de reconnaissance. La règle de ce groupe était en effet de ne pas comprendre plus d’une personne dans un domaine. On était alors certain d’être référé.

Mais je n’avais pas le droit d’y adhérer et les personnes, à l’époque, n’avaient pas compris pourquoi.

En effet, selon mon ordre professionnel – et je suis d’accord avec ça -, je me dois de me préserver de toute forme de conflit d’intérêt. Je n’ai donc pas le droit de promettre une ristourne à quiconque me réfère quelqu’un et je n’ai pas le droit d’en recevoir non plus.

Ainsi, lorsqu’un de les clients a des problèmes avec ses enfants ou que quelqu’un m’appelle pour un problème semblable, je réfère. Premièrement parce que bien honnêtement je ne suis pas du tout bon avec les enfants et deuxièmement parce que je connais des ressources qui sont excellentes dans leur domaine à Saint-Georges et à Magog. Aucune des deux psychoéducatrices à qui je réfère ne me verse de ristourne. Et je n’hésiterais pas à référer à quelqu’un d’autre si je ne croyais pas que celles-là sont excellentes.

Dans l’ « industrie » du développement personnel, les programmes d’affiliation posent un problème réel de conflit d’intérêt. Il subsiste en effet de nombreuses questions auxquelles il n’y a pas de réponse et qui rendent cela douteux.

Les ristournes qui sont souvent faramineuses sont la première question à se poser. Comment en effet savoir si on nous recommande telle ou telle chose parce que c’est bon ou parce que c’’est payant ? À vrai dire, c’est absolument impossible. Il faut se fier à la bonne foi du vendeur.

Certains affiliés offrent des « bonus » personnels si on achète la formation à partir de leur lien. C’est fort louable. Ils appellent ça une « valeur ajoutée ». Personnellement, j’appelle ça une participation à la ristourne.

La deuxième question découle de la première. Si, pour justifier les ristournes, on ajoute de la valeur à ce qu’on achète, ne serait-il pas mieux d’éliminer les ristournes et de vendre le truc moins cher d’autant? On dit souvent que c’est le bien du client que l’on veut. Mettons que oui. J’aspire au jour où je verrai apparaître : je vous recommande cette formation à 1000$ parce qu’elle est géniale pour tel ou tel type de problème (consentement éclairé) et comme je touche 400$ si vous l’achetez de moi, vous aurez donc 400$ de rabais puisque je vous l’offre. Ou bien : puisque je touche 400$, je me garde 50$ et je vous offre l’autre 350$ en rabais. Ou bien : puisque je touche 400$, je vous offre ces services en échange ou un rabais équivalent à 400$ au choix. Ou bien carrément: si vous passez par mon lien, vous allez me faire faire 400$. Ce serait gentil.

En matière de transparence, ce serait génial.

Même si l’on faisait cela, il resterait pourtant un autre problème de conflit d’intérêt.

Ainsi que le dit Martin Latulippe dans son offre de services, les gens qui font partie de son groupe forment une grande famille.
Personnellement, j’avoue que je n’ai aucun parent psychologue. Et j’en suis bien content car lorsque je serais obligé de référer quelqu’un, je devrais me poser sérieusement la question : est-ce que je peux le référer à mon frère, ma fille, ma belle-sœur ?
Comment savoir si l’on fait, dans une famille, le discernement nécessaire à une référence uniquement sur la base des compétences ? Impossible encore une fois.

Dans un mouvement inspiré par le bien-être des autres, cela devrait se produire. Dans une « industrie », c’est douteux.

Remarquez bien que je n’accuse personne de le faire et dans un monde idéal, toute le monde a des intentions pures. Je ne vise pas personnellement non plus Martin Latulippe. Mais il est quand même la référence au Québec. J’aurais aussi pu prendre celui que l’on nomme le « marketeur français » que je connais moins ou tout autre personne du développement personnel américain mais je connais mal leurs vidéos car je comprends mal l’anglais.
Mais à partir du moment où l’on considère le développement personnel comme une industrie, le tout est sujet aux pratiques de l’industrie où le profit est ce qui est toujours l’intention première. Il y aura donc toujours des doutes et des soupçons de conflit d’intérêt.

EN RÉSUMÉ.

La manière de faire du marketing dans le domaine du développement personnel a graduellement adopté le modèle américain de l’industrie de la vente télévisuelle qui est de fait une forme de tentative de persuasion par la manipulation mentale. Les mots, la manière de se présenter, l’ordre des choses y sont soigneusement étudiés pour amener le client potentiel à acheter le produit. Ce faisant, et utilisant les meilleures connaissances stratégiques du web, cette manière de faire est devenue pointue et impitoyablement efficace.

Cependant, et à cause de cela, le marketing dans le domaine du développement personnel comporte à mon point de vue des questions épineuses au niveau des motivations pécuniaires des intervenants, des compétences de ceux-ci, de l’éthique et du consentement éclairé de la clientèle à laquelle on s’adresse, par définition fragilisée dans un domaine ou l’autre de leur vie et des risques potentiels énormes de conflits d’intérêts.

Je ne crois pas que tous ceux qui utilisent cette forme de marketing soient des gens qui ont des intentions inavouables, mais je crois qu’il est peu probable, quand c’est le cas, de les discerner rapidement à cause de la nature même de la technique.
J’ai moi-même été happé par le courant, je suis passé proche d’embarquer dans cette technique et le peu que j’ai fait m’a fait goûter, malgré mes motivations à des rêves de grandeur et de profits que je ne soupçonnais pas avoir.

Pour ces raisons, j’ai décidé de me dissocier désormais de toute personne qui utilise ces techniques, peu importe ses intentions. Trop de doutes invérifiables entachent cette façon de faire.
De plus, pour être fidèle à cette intention, je vais graduellement faire disparaître de Facebook toute forme de pratique qui s’apparenterait à cette manière de faire, incluant la publication journalière de mes images et pensées sur ma page professionnelle.

J’ai décidé aussi de mettre fin à toute forme d’organisation de conférences ou ateliers qui impliqueraient de la publicité répétitive.

Alors que je voulais vraiment m’en aller vers cette forme de communication, les clients individuels n’arrêtaient pas d’affluer et mes tentatives pour organiser de tels événements échouaient systématiquement.

« Mécontent de l’Univers » qui m’envoyait vers une direction que je ne souhaitais pas continuer, j’ai demandé un signe clair. Dans la demie-heure qui a suivie, j’ai reçu trois demandes de consultations privées. Confiant en la vie et dans sa sagesse, j’obéis.

J’ai aujourd’hui le sentiment que je vais vers le meilleur et qu’un jour viendra (mon petit doigt me le dit) où je pourrai commencer une vie publique. Mais ce n’est pas maintenant.

Mes conférences et formations demeurent disponibles et je pourrai en faire quand je serai demandé, mais je ne solliciterai plus personne pour cela.

Il va de soi que je ne participerai pas non plus à toute forme d’activité qui solliciterait les gens sous la forme actuelle du marketing. Non pas que je n’aime pas les gens concernés, mais parce que je réprouve profondément la façon de faire. Je ne veux donc aucunement être associé à ce type de publicité.

Pour moi, cet instant est crucial. Il m’a fallu faire beaucoup de deuils pour prendre cette décision.

Mais plus je vois ces vidéos où on me propose des formations comme on vend des robots culinaires, plus ça me heurte profondément.

Alors que j’étais étudiant, j’avais suivi une formation pour vendre des aspirateurs. C’était une formation très pointue où chaque mot était étudié. Mais lorsque j’ai réalisé que nos meilleures ventes se faisaient auprès des gens qui avaient peu de moyens et qui signaient des contrats de crédits de 4 ans pour l’acheter, j’ai tout lâché.

J’ai l’impression que je n’avais pas complètement compris puisque la vie me ramène la même chose aujourd’hui.

Je l’affirme donc haut et fort :

Jamais je ne serai un vendeur de robots culinaires.

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Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

20 COMMENTAIRES

  1. MERCI DE NOUS ECLAIRER SUR DES METHODES QUI SE MULTIPLIENT SUR INTERNET ET QUI NOUS FONT REVER A NOS FRAIS. MERCI D’AVOIR CHOISI LE BIEN DE L’AUTRE AVANT VOTRE PROFIT.
    RESPECT!!!!

  2. Bonjour,
    Je viens de lire et de découvrir votre article ! OUAH !!! Il me parle énormément, et je partage votre avis personnel. J’ai souvent ressenti les mêmes choses que vous face à des propositions de formations, de stages ou autres dans le développement personnel, et j’y ai participé, je dirai naturellement, car je me suis conformée aux méthodes, voire recettes que l’on nous donne pour réussir dans ce domaine. Et puis, lasse de cette compétition, de cette vision limitée de la vie, j’ai décidé de tout lâché -les séances individuelle, les formations, les ateliers que je proposais – pour la notion participative qui me correspond mieux…
    Bref, tout cela pour dire que votre article et votre partage d’expérience me parlent, je l’ai également vécu et je vous remercie du mon du coeur d’avoir mis vos mots dans cet article et d’avoir eu le courage de le faire ! MERCI à vous. Sophie

  3. Wow! J’ai lu à 2 reprises ton texte pour bien assimiler tout ce bagage. Tu me fais réaliser que le fondement même de notre être repose sur nos valeurs de bases ( non négociables ) et que si on les maintient, on va vers ce que nous sommes profondément: et comme de raison, on se retrouve en minorité! Minoritaire mais fort en qualité!! C’est quand je me retrouve en minorité que je sais que je suis dans le bon chemin! bizarre à écrire, mais chaque fois que l’on prend une décision qui est différente de la masse, on doit s’attendre à ce genre de rejet! Je l’expérimente dans ma vie personnelle et chaque fois, avec un pincement au cœur, je suis MON chemin. Et malgré les malgrés, tu suis ta voie; bravo pour ton authenticité et ton intégrité!

  4. Merci Monsieur Rochette pour cet article, que j’ai relu a deux reprises. Vous m’avez aider à éclaircir la raison de mon malaise face à plusieurs chroniques, articles, etc que je retrouve sur Internet. Il est facile de s’égarer dans tout cet information lorsqu’on ai en quête de soi. J’ai depuis quelques temps supprime de mon fils de nouvel plusieurs des personnes et exemple que vous avez citer en ne comprenant pas trop mon mal à l’aise avec tout ceci. Vous voyant un moment donner suivre un peu ce courant j’ai froncer des sourcils. Il faut dire que votre article sur la Gratuité m’avait un peu fait voir les choses autrement. MAIS si cela n’avait pas été de Facebook, via Diane Gagnon, je n’aurai pas fait votre « connaissance ». Merci pour tout vos articles et surtout pour votre Intégrité. Vous êtes un inspiration.

    • Merci de votre commentaire.
      J’en profite pour éclaircir un point souvent mal compris de ma position personnelle.
      En effet, je suis loin d’être contre le fait de gagner sa vie avec le développement personnel. Bien au contraire. Trop de gens entretiennent encore l’illusion que si on aide, ça devrait être gratuit en ce domaine alors qu’ils admettent volontiers que les médecins et les avocats par exemple puissent facturer de façon assez importante.
      Si quelqu’un devient si populaire en aidant les autres qu’il en arrive à faire beaucoup d’argent, pour moi, ce n’est pas du tout un problème. Il a travaillé, il a trimé dur et récolte les fruits de son travail.
      J’en ai surtout à la méthode utilisée pour le faire qui comporte, ainsi que je l’ai dit, des problèmes éthiques, des problèmes de compétences et de gros problème de consentement éclairé.
      J’en ai contre la façon de faire.
      Si l’on se réunissait et établissait clairement un code de déontologie clair ayant pour but de protéger le public, j’ai la conviction que cette façon de faire disparaîtrait complètement.
      Souvent, il ne manque pas grand chose. Il faut juste se questionner plus en profondeur.
      Une chose demeure évidente cependant, c’est que les compétences de celles et ceux qui proposent de l’aide sont très loin d’être claires et que dès cet instant, la population doit user de beaucoup plus de discernement dans sa demande d’aide.
      Privilégier les gens qui affichent leurs compétences, qui disent clairement d’où vient leur savoir faire, est certainement dans un premier temps un bon réflexe. Pour le reste, privilégier les gens qui offrent un remboursement en cas d’insatisfaction est un autre moyen de se protéger.
      Tant que des méthodes comme celles expliquées dans mon article seront utilisées, il est hors de doute qu’il faille se méfier des imposteurs.
      Quant aux gens qui proposent leurs services, ils doivent se poser des questions sur leurs compétences et avoir le courage de les afficher clairement.
      Car lorsqu’on se sen incompétent, ce n’est pas toujours dû au syndrôme de l’imposteur. C’est parfois aussi parce qu’on est vraiment incompétent.

  5. Salut Jean,
    Je suis dans le domaine de la consultation, formation et coaching depuis plus de 25 ans, surtout du côté des affaires avec les 100 plus grosses entreprises du Québec. Quelques entreprises internationales américaines et françaises, aussi.

    Je me suis intéressé à la croissance personnelle depuis l’âge de 14 ans. J’ai lu et suivi de près plusieurs « gourous » de l’industrie en partant de Napoleon Hill, Emmett Fox et plusieurs autres. Silva Mind Control, yoga, plusieurs initiations à la méditation (Méditation transcendantale, Kriya Yoga, Quan Yin, Surat Shabd). Puis la PNL et l’hypnose éricksonnienne avec John Grinder et autres; j’ai marché sur les braises avec Tony Robbins à New York — des tonnes de livres, conférences et ateliers.

    Il y a 2 ans, j’ai connu l’Académie Zérolimite. Indéniable succès de marketing. Cela m’a fait fouiller de qui venait les idées utilisées par les Canadiens et Français. Du côté américain, j’ai découvert Frank Kern, Jeff Walker, Brandon Burchard, Alex Jeffries, Jane Atkinson, Michelle Shubnell et plusieurs autres. C’est évident que les techniques sont empruntées de ces gourous américains et comme tu dis, elles fonctionnent très bien.

    Étant intéressé aux mécanismes d’influence, de persuasion et de manipulation, j’ai étudié grandement les mécanismes utilisés pour attirer et convaincre les gens à acheter ce qui est offert. Après plus de 2 ans d’exploration, j’en viens aux mêmes conclusions que toi au sujet de l’expertise, des anecdotes personnelles, des témoignages qui attirent tant de gens.

    En fait, une des techniques utilisées est de trouver des histoires personnelles de malheurs, d’échecs, de maladies conquises pour générer des émotions dans lesquelles les gens peuvent se reconnaître pour ensuite leur proposer une solution qui a réussi à la personne qui en fait le récit. J’ai même entendu différentes conférences d’une même personne qui savait évoquer à la demande les larmes et trémolos de voix associés avec son malheur pour émouvoir « l’audience » et la convaincre d’acheter un livre ou une formation.

    Je me suis aperçu aussi qu’un très faible pourcentage de personnes pouvaient réussir suite à une formation qui ne donne que les introductions à différentes carrières. Comme tu mentionnes, les éléments de déontologie, d’expériences, de coaching pertinent et de soutien, de simples compétences en la matière sont souvent balayés du revers de la main. Pour contourner ou justifier ces carences, on propose plutôt de surmonter le syndrome de l’imposteur.

    Autre constatation, plusieurs personnes semblent carburer au mécanisme de motivation comme fin en soi sans passer aux actes pour réussir un quelconque commerce. La pensée magique se promène au-dessus de cet environnement dont une des sources est la pensée positive. Le modelage de quelqu’un qui a « réussi » est souvent évoqué pour démontrer que c’est possible. La phrase « Si je suis capable, n’importe qui est capable ! » Je sais que bien des gens qui ont réussi et qui écrivent des bouquins — autant qu’ils veulent être sincères — ne font pas part de tous les éléments de leur succès, plusieurs étant de nature inconsciente.

    Beaucoup de slogans pour alimenter le tout d’une façon constante. Puis, comme tout multipalier ou autres formes de commerce vendus en ligne, l’on retrouve les besoins de Maslow de survenir à ses besoins fondamentaux, la sécurité, l’appartenance, la reconnaissance et la fameuse actualisation de soi. Les communautés sur Facebook aident à alimenter ces besoins.

    Il n’y a rien de mal en soi. Certains diront qu’il vaut mieux carburer à la pensée positive qu’à la pensée morose ou négative. Néanmoins, l’intention promue est d’en faire un commerce, de faire « une différence dans le monde », de s’y faire une place et c’est vrai que c’est possible. Malheureusement, plusieurs sont appelés et peu sont élus. Mais, autant qu’ils se sentent bien, qui peut s’en plaindre.

    • Bonjour Richard.
      Je te remercie de ton commentaire.
      Je n’ai rien contre la pensée positive, tant qu’elle ne devient justement pas une pensée magique.
      J’y préfère cependant la psychologie positive qui a fait l’objet de nombreuses études et démontré cliniquement son efficacité.
      Au plaisir.

  6. Wow Jean,

    C’est une synthèse très bien réfléchit. Ton discourt est cohérent et il semble aussi en cohérence avec ton Être. C’est ce qui est le plus important.

    Pour le reste, bien que je comprends très bien tes propos, je crois qu’il y a un aspect de cette façon de faire que tu as occulté. c’est celle du bien que l’internaute retire du témoignage de succès ou de la pensée positive qui vient proviquer une petite réflexion dans l’esprit de celui-ci . De la discussion qui suit un partage d’une capsule de Martin Latulippe, Frank Nicolas, Patrick Leroux, Francois Lemay ou Jean Rochette, entre deux conjoints. Bien que le style de l’un ou de l’autre peut nous heurter et même nous agresser, c’est souvent un bon point de départ pour une discussion. Elle n’aurait peut être jamais eu lieux si cette capsule n’aurait pas été diffusé sur les réseaux sociaux. Quoi dire à toutes ces personnes qui trouve du réconfort et de l’encouragement dans tout le matériel, tout à fait gratuit qu’elles peuvent trouver sur le net. Plusieurs de ces personnes n’auraient pas les moyens de verser le 85 ou 95 $ d’une consultation privé. Sur ce point, il n’y a aucun doute que le service offert n’est pas le même et que certaines personnes auraient tout avantage à consulter en privé, mais dans ce monde imparfait, je crois qu’il est mieux de pouvoir avoir accès gratuitement à tout ce contenu sur le web, que rien du tout. Maintenant, pour qu’il puisse y avoir du matériel gratuit sur le web, il doit aussi y avoir du matériel payant pour permettre à ceux qui créent le contenu de pouvoir vivre.
    Finalement, je crois que c’est une question de cohérence avec notre Être. Pour ma part, je suis tout à fait à l’aise avec cet industrie du développement personnel.

    J’ai le sentiment profond que c’est une des avenues qui s’offre à moi pour rendre les gens autour de moi heureux. Ce n’est pas la seule, mais ça en est une.

    Je te remercie beaucoup pour tes mises en garde, ta lucidité et ton intégrité Jean. Ce texte m’a permis de réfléchir sur mon rôle dans cet industrie et sur la cohérence de celle ci avec ma propre mission. De mon côté je suis plus que jamais convaincu que je suis à ma place.

    Je continu à t’estimer tout autant et je garde en tête que partager une scène avec toi pourra être un bon moment pour nous deux et pour les gens qui y assisteraient ?

    Bonne nuit Jean et au plaisir de pouvoir en discuter de vive voix !

    • Salut Martin.
      Évidemment, je ne m’attendais pas à ce que tu m’approuves totalement dans le contenu de mon propos.
      Je te souhaite très fort de réussir sans jamais trahir les valeurs d’intégrité qui sont si importantes. J’ai admiré ton souci de venir chercher les contenus psychologiques adéquats et pertinents. C’est là une marque de volonté de compétence. Continue dans ce sens, Martin.
      Et vis ta légende.

  7. Que ça fait du bien de lire un témoignage aussi authentique! Je ne m’attendais pas à lire un si long texte mais plus je lisais. plus je voulais lire. Ça vient de m’aider à comprendre pourquoi je tourne en rond depuis quelque temps, un peu comme quand vous avez failli acheter de la formation et que votre petite voix vous retenait de le faire. J’ai lu votre livre « Faites exploser vos couleurs » dans le cadre d’un besoin d’inspiration pour l’écriture de mon premier livre. Je me suis isolée 5 jours pour chercher de l’inspiration et je n’y arrivais pas mais j’avais acheté votre livre pour y trouver de l’inspiration, des idées, des suggestions… Je l’ai lu d’un bout à l’autre en faisant mes exercices et en y écrivant plein de notes. Je n’ai pas avancé dans l’écriture de mon livre mais la lecture de votre livre était ce dont j’avais besoin à ce moment. Bref, je comprends tellement bien votre message et je confirme que moi non plus « Jamais je ne serai une vendeuse de robots culinaires »! WOW! Merci pour cette mise au point, cette clarté d’expression. Ça tombe à point pour moi, c’est une vraie prise de conscience importante et je vous dis « MERCI »! J’admire votre intégrité, votre authenticité, votre respect de vos valeurs… Bravo M. Rochette! :-) Vous avez toute mon admiration!!!!

  8. Jean, ton talent est sans contredit ton écriture et ton sens de l’analyse. Tu arrives très bien à démontrer tes points de vue pour que le lecteur puisse bien comprendre. J’ai aussi longtemps partagé une bonne partie de ces points de vue, en commençant par la « pop up ». Tout est une question de valeur et d’intention. Je sais personnellement que j’applique certains enseignements que j’ai puisés oui du côté de l’AZ et ailleurs aussi. Ce qui me permet de faire ma .business » en pleine conscience, sans me demander si je vais arriver à la fin du mois, et sans toujours être dans l’envie des autres. Aujourd’hui je suis fier de dire que je suis fort probablement et même très certainement, celui qui DONNE le plus de contenu de valeur aux gens qui croisent ma route via le web et même en salle. J’ai compris que ma « business » je ne devais pas la reconstruire à zéro à chaque fois. Je devais bâtir une liste de contact que je vais pouvoir relancer. Tu sais sans tout ça, Inspire-toi n’existerait pas aujourd’hui, car j’aurai une liste de 300 contacts. Et sans inspire-toi, et sans avoir pris ma place dans cette « industrie » il y aurait, en toute humilité, pas mal moins d’éveil de conscience. Je suis un joueur éveillé, branché sur de profondes intentions de contribuer à un monde meilleur et j’ai choisi de travailler intelligemment et consciemment afin d’avoir une tranquillité d’esprit, prendre du bon temps avec ma famille, avoir le sentiment que je contribue à grande échelle et amener l’éveille de conscience vulgarisée à ma façon.

    Je comprends ton point de vue. Je le respect je t’aime 😉

    P.S: au plaisir de mieux te connaître
    Je comprend ton point de vue. Je le respect je t’aime 😉
    P.S: au plaisir de mieux te connaître
    P.P.S: Imagine si tu avais un Pop up box combien tu aurais reçu de nouveaux abonnés ce soir avec ce magnifique texte. Mais it’s ok, c’est ton choix

    • Je voudrais ajouter, François, ainsi que je l’ai dit dans mon article, que j’admire profondément ton énergie, ton enthousiasme, ton zèle. Le côté « business » ne te gêne visiblement pas. Tant mieux. Ce que tu exprimes de tes intentions est d’ailleurs fort louable et je ne peux qu’être en accord avec toi là-dessus. Je te souhaite une très bonne continuité dans la conscience, comme tu le dis si bien. De mon côté, je suis bien conscient que les choix que je fais maintenant me couperont vraiment de cette visibilité que tu as su aller chercher. Je crois aussi par contre que la Vie a d’autres plans pour moi et que ce sont les meilleurs. Bonne suite et bonne route.

  9. Bonsoir Jean!

    Je trouve ça dommage que tu te retire de Facebook Jean.

    Je suis bien sensible à tout ce que tu dis, on provient de deux approches différentes tous les deux, mais le sens de l’éthique et des responsabilités face non seulement à mes clients, mais à toutes les personnes qui peuvent me lire sur Facebook ou ailleurs, est en #1.

    Facebook est un outils, tu peux t’en servir à ta façon. J’trouverais ça dommage « qu’on » perde une personne qui agit avec professionnalisme, avec respect et responsabilité.

    Oui, il y a plein de gens qui abusent de technique de vente douteuse, oui, il y a plein de gens qui s’autoproclame « expert » sans l’être.

    Mais il y aussi des gens professionnel, soucieux de l’éthique et responsable envers leur auditoire. Les réseaux sociaux ont besoin de gens comme ça, de gens comme toi.

    Facebook est un outil de communication et l’attention des 16 à 55 ans est là.

    Merci pour tout tes bons textes Jean, je m’abonne à ton infolettre immédiatement.

    Au plaisir de te lire.

    Yannick Delorme TRA, Thérapeute en relation d’aide

    • Bonsoir Yannick. Je me suis sans doute mal fait comprendre. Je ne me retires pas de Facebook complètement. Je vais simplement cesser de faire ce que les autres font. Par conséquent, notamment, les images et les réflexions avec l’adresse de mon blogue que l’on retrouve partout. Je vais encore publier des choses, mais moins souvent, moins comme une « obligation marketing » d’être présent.

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