Accueil Uncategorized POUR CEUX DONT LES RÊVES FURENT BRISÉS EN 2017

POUR CEUX DONT LES RÊVES FURENT BRISÉS EN 2017

4100
0
PARTAGER

J’écris cet article le 31 décembre 2017.

L’année se termine ce soir. Une autre commence. Certains diront… enfin.

Parmi vous, certains ont eu une année de rêve peut-être, une année normale en tout cas, mais pas une année de merde. Ce n’est pas pour vous que j’écris aujourd’hui.

Non. Aujourd’hui, je veux écrire pour tous ceux dont les rêves se sont cassés en 2017. Des rêves on ne peut plus normaux. Pas des rêves de grandeur. Non. Juste des petits rêves de rien du tout. Des rêves comme tout le monde en fait. Avoir un boulot qu’on aime, aimer et être aimé, boucler son budget, vivre une vie de famille épanouissante.

Quand ces rêves-là se cassent, on ne sait plus quoi penser. On ne sait plus quoi ou qui croire. On ne sait plus rien. Notre sentiment de sécurité se brise. Notre vie semble terminée. Pour de bon. Et parfois même, on peut être tenté d’en finir parce que la suite des choses ne semble pas possible.

Comme elle était, en tout cas, certainement pas.

Parce que des rêves cassés, ça ne se répare pas avec de la colle contact. Ça heurte, ça brise, ça traumatise.

Quand des rêves se brisent, beaucoup de gens « bien pensants » ont envie de dire : tu t’en feras d’autres, des rêves. C’est que ceux-là n’étaient pas pour toi.

Seulement voilà. On n’a pas envie d’en faire d’autres. On a envie de ceux-là. Ils n’étaient pas des rêves pour rien. Parfois même, ce n’est que tard dans la vie qu’il nous semblait qu’on allait les atteindre.

Ces rêves, ils semblaient être « envoyés du ciel » spécialement pour nous.

On se disait : « voilà, ça y est, le temps est enfin venu ».

Imaginez la douleur quant tout ça tombe en mille morceaux.

Or, il y en a à qui c’est arrivé en 2017. Il y en a qui mettront cette année-là marquée comme « la pire année de leur vie ».

Naturellement, on espère évidemment que 2018 sera meilleure.

N’est-ce pas à un changement d’année qu’il est de mise de faire à nouveau des rêves?

Pourtant, il est possible que l’élan ne soit pas là. Surtout si vos rêves se sont cassés en 2017.

Et aujourd’hui, je veux vous dire : « ne vous en demandez pas trop ».

Il est vrai que lorsqu’une année se termine, on voudrait déboucher naturellement sur l’espérance d’une vie nouvelle.

Mais une année suivante est forcément le prolongement de l’année précédente. Certes, elle peut déboucher sur une meilleure vie et être remplie de surprises, mais il faut prendre aussi le temps de terminer les choses passées. Celles justement qu’on voudrait pourvoir recoller mais qui ne se recollent pas. Il y a des deuils à faire. Des pardons à demander et d’autres à accorder. On ne peut pas passer à autre chose sans avoir tout liquidé de ce qui fut un jour notre vie et qui s’est soudainement affaissé pour toutes sortes de raisons qui même parfois resteront obscures à jamais.

Espérez de 2018, oui. Mais apprenez surtout de 2017.

Je sais. Vous en avez mare de vous faire dire alors que vous êtes dans la merde que vous avez quelque chose à apprendre de ça. Comme je vous comprend. Et vous avez raison. Quand cette merde vous a tombé dessus (et si ça vient d’arriver encore plus), vous n’en aviez rien à foutre de l’apprentissage nécessaire. Le temps était au choc.

Puis les choses se décantent. Elles se décantent toujours. Vous commencez à y voir plus clair. Et vous apprenez. Parfois pourquoi c’est arrivé et ce que vous devez changer. Parfois juste à vivre avec ça, que vous ne vouliez pas et qu’en fait vous ne voudrez jamais. Mais oui, vous apprenez à vivre avec. Seulement parce que c’est comme ça et que vous n’avez pas de pouvoir là-dessus.

Alors quoi espérer en 2018? La sérénité. Seulement ça.

Comme celle demandée par les alcooliques dans leur prière de sérénité :

La sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer,

Le courage de changer celles que je peux

Et la sagesse d’en connaître la différence.

Ceux d’entre vous qui me connaissent savent que mes rêves à moi se sont brisés en 2016. Dans la dernière partie de l’année, tout est tombé en morceaux, de ma santé à mes amours. Tout.

Mon année 2017 a été une année de deuil et de solitude empreinte d’une immense tristesse. J’ai voulu mourir, aussi. Souvent.

Le cancer m’a appris à vivre au jour le jour. Ma rémission m’a appris à ne pas faire de plans de plus de six mois et à prendre la vie comme elle vient. La rupture m’a appris à donner plus d’importance aux gens qui m’aiment vraiment et à cesser de me battre pour un amour à sens unique qui n’est pas partagé. La faillite m’a appris à vivre uniquement avec l’argent que j’ai et à me satisfaire de petits plaisirs simples.

Je ne demande à 2018 que d’accueillir ma vie, même si elle n’est pas ce que je voulais, avec la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer ce que je peux et la sagesse d’en connaître la différence.

Juste ça, ce serait une belle réussite.

Ne vous en demandez pas trop.

Et passez, somme toute, une année 2018 surprenante.

——————————–

Vous avez aimé cet article et vous désirez contribuer? La publication de ces textes est désormais une des seules façons que j’ai de gagner ma vie. Si donc vous en avez les moyens et l’élan, vous pouvez faire un don en cliquant plus bas.




 

PARTAGER
Article précédentCOMMUNIQUER, C’EST SE DIRE À L’AUTRE
Prochain articleUN PREMIER DE L’AN PAS COMME LES AUTRES
Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

REPONDRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

un × 4 =