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Quand on confond besoins et stratégies.

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Ah, les besoins…

Comme nous les cherchons, parfois désespérément.

Comme nous aimerions pouvoir les énoncer clairement, surtout au conjoint, et surtout au conjoint qui veut inévitablement les connaître, non pas pour les satisfaire, mais pour y contribuer. À sa manière. À la mesure de l’amour qu’il nous porte.

Mais savons-nous vraiment ce qu’est un besoin?

Personnellement, je l’ai appris à 54 ans et, bien honnêtement, j’aurais voulu le savoir bien avant. J’aurais perdu moins de temps à me chercher.

Il faut lire Marshall Rosenberg pour bien comprendre ce qu’est un besoin (Les mots sont des fenêtres… ou des murs.)

À sa lecture, nous réalisons que l’on confond très souvent un besoin et une stratégie et nommons nos besoins par nos stratégies. Cela donne lieu à des incompréhensions de la part de nous-mêmes et des autres et souvent à une rigidité qui empêche bien des relations, malheureusement.

En effet, quand on se pose la question de nos besoins, on aboutit généralement à des stratégies : j’ai besoin de prendre une marche, j’a besoin de danser, j’ai besoin d’aller au cinéma, j’ai besoin de faire…

Or, « faire » représente toujours une stratégie et non un besoin. Car un besoin n’est jamais une action. L’action, c’est la stratégie pour y parvenir. Et parce que notre réflexion ne vas souvent pas plus loin, nous croyons à tort de que l’on a trouvé ses besoins.

C’est important, surtout en relation, de ne pas se leurrer car si un besoin n’est jamais négociable, la stratégie, elle, l’est toujours. En confondant les deux, on se retrouve à ne jamais vouloir négocier nos stratégies et cela conduit inévitablement à des rigidités qui risquent de mettre en péril nos relations.

Si, par exemple, je dis : j’ai besoin de m’affaler sur le canapé ce soir ( ce qui est forcément une stratégie), je viens contrecarrer tout ce qui pourrait sous-entendre que je ne serai pas sur le canapé. Or, mon conjoint, lui, avait prévu de repeindre le salon et avait l’intention de mettre de côté temporairement ce précieux canapé. Il répondra : et moi, j’ai besoin de repeindre le salon et de mettre le canapé sous plastique (ce qui est aussi, forcément, une stratégie).

Il s’ensuivra un dialogue de sourds à propos du canapé. Car visiblement, les deux « besoins » se contredisent.

Si chacun des deux avait poursuivi sa réflexion, il aurait vu pour l’un, qu’il a en fait besoin de repos et que, pour ça, il avait prévu de s’étendre sur le canapé et que pour l’autre, il avait besoin d’efficacité et que, pour ça, il avait choisi de repeindre le salon tout de suite étant donné son peu de disponibilité dans les semaines à venir.

Ainsi énoncé, les vrais besoins ne sont plus du tout incompatibles. Le besoin de repos de l’un (qui n’est pas négociable)  peut fort bien se satisfaire d’un autre endroit pour se reposer et le besoin d’efficacité de l’autre (qui n’est pas non plus négociable) pourrait très bien être comblé, par exemple, par une offre de partage de la tâche à un autre moment. Présenté ainsi, au final, plus personne n’a réellement besoin de ce fameux canapé.

Dans notre vie, il importe de combler ses besoins. C’est même fondamental.

Mais avons-nous conscience de nos vrais besoins?

Ça, c’est une autre histoire.

Une stratégie n’est jamais un besoin et est toujours négociable.

Un besoin n’est pas une stratégie et n’est jamais négociable.

N’est-ce pas fondamental?

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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