VOUS VOULEZ UN MONDE NOUVEAU? FAITES-LE, NE L’ATTENDEZ PAS!

VOUS VOULEZ UN MONDE NOUVEAU? FAITES-LE, NE L’ATTENDEZ PAS!

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J’ai commencé mes études par un baccalauréat en théologie catholique.

À l’époque, je voulais être prêtre.

Or, lors de ces études, je fus frappé par ce qu’on enseignait au sujet de la fin des temps. En effet, on nous disait que le Christ reviendrait établir son royaume et qu’alors, le bien serait établi définitivement. Les « méchants » seraient jugés.

On nous disait aussi que ce royaume est commencé, qu’il est déjà là, mais que pour comprendre, il faut maintenir ensemble deux énoncés contradictoires : il est déjà là mais pas encore là.

Du coup, nous devions vivre comme si le royaume de Dieu était déjà établi en attendant ardemment que cela se produise dans les faits.

Je n’ai rien contre cette doctrine que les chrétiens, particulièrement les catholiques, enseignent. Pourtant, je me posais déjà la question à l’époque : en quoi cela m’est utile aujourd’hui?

Plus tard, j’étudiai les autres religions. Encore là, on y trouvait dans beaucoup d’entre elles des promesses de bien-être, de vie nouvelle, d’avènement d’un messie, d’établissement d’une paix et d’une vie parfaite. De la même façon, je me demandais à quoi cela pouvait servir aujourd’hui.

De nos jours, dans un milieu disons un peu plus ésotérique, on nous parle d’énergies, d’astres, d’entrée dans une autre dimension, d’établissement d’un nouvel être humain. On nous dit que cela est déjà commencé. On nous dit que tout s’aligne pour qu’une nouvelle ère s’installe.

Et moi je me demande : en quoi cette nouvelle ère est-elle si différente de l’établissement du royaume par le Christ? N’est-ce pas là le même genre de promesses? N’est-ce pas là encore une fois un discours qui remet à plus tard? Qui nous place dans l’attente?

Karl Marx reprochait à la religion d’endormir le peuple avec des promesses de futur idyllique alors qu’on l’exploitait dans la vraie vie. Il avait raison sur ce point.

La promesse d’un monde meilleur n’est qu’une carotte au bout d’un bâton qui ne peut servir à rien puisqu’on n’y arrive jamais.

Encore une fois, je n’ai rien contre les gens qui croient ce genre de choses.

Pourtant, je pense qu’il existe un danger très important si le focus est mis sur cette promesse. Et c’est ce même danger que je pressentais avec la promesse de l’avènement du Royaume de Dieu.

À quoi cela sert de savoir cela si cela nous empêche de voir le présent, de travailler aujourd’hui à construire notre vie, à nous préoccuper de ce qui ne va pas maintenant.

Quand bien même je croirais que l’énergie dégagée par telle lune particulièrement bien placée est propice à l’abondance dans ma vie, à quoi cela me sert si l’abondance n’est pas au rendez-vous. À attendre la prochaine lune?

On nous dit que tout va mal mais que c’est normal car des remous agitent le monde, preuve que nous allons entrer dans des temps nouveaux. Quand? Plus tard? C’est toujours plus tard. Ce n’est jamais vraiment là.

Et nous, nous continuons d’attendre que les choses arrivent en manipulant même parfois les mots pour éviter de tomber dans le doute… L’abondance est là, mais je ne la vois pas, ma prière a été exaucée mais pas de la façon dont je voudrais, les anges ont répondu à mon appel mais je le verrai plus tard…

Nous ne sommes pas très différents alors des chrétiens qui acceptaient leur sort dans les usines en se disant qu’ils seraient récompensés au ciel.

Pourtant, on dirait que ça marche avec quelques uns. Beaucoup de choses arrivent. Ça arrive d’ailleurs beaucoup.  Et je me suis d’ailleurs demandé souvent ce qu’ils avaient compris que je n’avais pas compris.

Et en fait, c’est tout simple.

Ils n’attendent pas.

Ils n’attendent pas que les choses arrivent.

Ils les font arriver.

Ils ne sont pas bloqués par des promesses d’avènement du bien « un jour on ne sait pas quand ». Oh, certains d’entre eux le promettent aussi. Mais en même temps, ils s’occupent de leurs affaires. Ils agissent sur le présent.

Et je me dis alors: pourquoi ne pas faire comme eux?

Je suis époustouflé de voir à quel point parfois, nous pouvons attendre que les choses se règlent sans pourtant faire quoi que ce soit pour que ça arrive.

Je suis estomaqué de voir à quel point nous pouvons tolérer des situations intenables en espérant que les choses s’arrangent mais tout en continuant à les tolérer.

Je suis choqué même de constater que jour après jour, certains d’entre nous vivent déconnectés de la réalité, reléguant dans un futur hypothétique un bien-être qui devrait pourtant être là maintenant.

Je n’ai rien contre la méditation.

Je n’ai rien contre la prière.

Je n’ai rien contre le moment présent.

Mais quand le moment présent est de la merde, cessons de vouloir le rendre beau à grands coups de «tout est parfait». Agissons plutôt sur ce qui ne l’est pas.

Tout de suite.

Pas quand les astres le permettront.

Ce ne sont pas les astres qui mènent notre vie. C’est nous.

Prions pour que ça aille mieux, oui, mais faisons quelque chose pour ça.

Méditons, oui, mais n’oublions surtout pas notre mal de dos, notre mal-être, notre mal tout court. Et méditons sur les moyens de s’en sortir.

Les coachs, conférenciers, motivateur etc. de la nouvelle génération (et je m’inclus dans le tas) ne sont que les nouveaux preachers d’une ère où on a liquidé la religion. Ils promettent la même chose de la même façon. Ils utilisent les mêmes techniques. Ils nous offrent un salut qui n’est pas encore arrivé et nous promettent qu’il arrivera un jour. Seuls les mots pour le dire ont changé.

Écoutons-les si cela nous fait du bien.

Mais que cela ne nous empêche pas de le faire arriver nous-mêmes.

Et pas un jour… qu’on attendra toujours.

Pas un jour autre que: aujourd’hui.

 

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