Accueil Amour LA PENSÉE MAGIQUE QU’UN JOUR ON RENCONTRERA « LA BONNE » PERSONNE

LA PENSÉE MAGIQUE QU’UN JOUR ON RENCONTRERA « LA BONNE » PERSONNE

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Ce week-end, je discutais avec une amie qui me disait qu’elle était mûre pour vivre une grande passion. Que ça lui ferait du bien.

Depuis, sur Facebook, je vois plein de gens qui disent attendre « la bonne personne », comme si un seul être sur les milliards d’humains nous était destiné et qu’il était en route inexorablement vers nous.

Personnellement, j’avoue être convaincu qu’il y a des gens sur notre route avec qui on peut bâtir quelque chose. Il y a effectivement une sorte de « reconnaissance » lorsque nous rencontrons ces personnes. Pourtant, la question ne devrait pas être « C’est le bon ou la bonne ? », mais bien « Je suis le bon ? », « Je suis la bonne ? ».

Oh, nous sommes toujours « le bon » pour la passion. En fait, on n’y a aucun mérite puisque ce sont les hormones qui règnent en maître sur cette partie de la relation. Il suffit que les hormones soient activées de deux côtés pour qu’une passion commence. Plus ou moins intense. Plus ou moins souffrante d’ailleurs, car la passion ne tolère pas la privation. On voit l’autre dans sa soupe, on espère qu’il appellera, qu’elle donnera signe de vie. Dès les premières minutes sans l’autre, on a déjà hâte qu’il revienne.

Avec un peu de chance, on vivra ça pendant quelques mois.

Seulement voilà. Tôt ou tard, cette passion torride va passer. Inexorablement. Ce qu’on admirait au début risque de commencer à nous taper sur les nerfs. On se dira peut-être alors : oh ce n’est pas le bon.

Le problème, c’est qu’un « bon » avec qui ça ne fera pas ça, ça n’existe pas. Et si le seul critère de notre « grand amour » est que la passion ne tombe pas, il vaut mieux se résigner à vivre au cours de notre vie plusieurs petites passions. Forcément, elles seront nombreuses. Mais ne faisons pas de plan d’avenir, car l’avenir sera bref.

Loin de moi l’idée de juger ce type d’expérience. Je l’ai vécue moi-même il y a quelques années. Une femme de 32 ans ma cadette m’avait proposé « de faire un bout » ensemble. C’était son expression. Elle avait été claire. « Tôt ou tard, je partirai, car je veux des enfants et tu es trop vieux. » J’avais dit oui. Ça a duré deux ans et ça reste à ce jour une magnifique histoire dont je me souviens avec plaisir.

Mais ce n’est pas une vie de couple. C’est un « trip ». Oh un méchant beau « trip ». Mais un « trip » quand même.

Certaines personnes devraient peut-être s’en ternir à ce type de rencontres. Surtout si leurs critères sont que la passion ne tombe pas et que la relation soit relativement facile. Car un couple à long terme, ça se travaille. Il faut le vouloir, le désirer, le choisir. Yves Dalpé et Johanne Coté dans « La puissance des amoureux de longue durée » mentionnent les six conditions de Gottman et Gottman (2008) pour faire un couple de longue durée :

« L’engagement à long terme est nécessaire; l’exclusivité romantique et sexuelle est assurée; il n’y aura ni secrets, ni mensonges, ni trahisons; on s’engage à prendre soin l’un de l’autre; on va se traiter avec respect et affection; chacun va essayer de satisfaire les désirs et les besoins de l’autre. »

Tout un engagement n’est-ce pas ? Et en réalité, cela nécessite du travail. Des efforts. Du temps.

Dalpé et Côté affirment que si on n’est pas d’accord avec ces énoncés, il ne faut pas s’engager dans des relations de longue durée.

D’où ma question de départ : non pas « est-ce le bon », mais plutôt « suis-je le bon » ?

Est-ce que c’est ça que je veux ?

Est-ce que j’accepte d’y travailler de tout mon cœur ?

Est-ce que je suis prêt à mettre des efforts à construire cette relation ?

Si c’est le cas, dites-le à votre future partenaire.

Si l’autre est aussi d’accord avec ça, alors vous êtes les « bons » l’un pour l’autre.

Mais ne misez pas sur la passion. Misez sur la durée.

Et préparez-vous à être le « bon » pour l’autre.

Oh oui. Préparez-vous.

En apprenant à vous connaître.

En sachant nommer vos besoins.

En sachant vous donner priorité, mais aussi l’effacer lorsque c’est nécessaire.

En montrant du respect aux autres.

En vous aimant aussi, avec sollicitude et bienveillance.

En aimant aussi ces parties de vous-mêmes dont vous n’êtes pas très fiers.

En faisant le ménage dans vos bagages passés.

Et effectuant vos deuils.

Une fois cela fait, en partie du moins parce que l’on n’a jamais fini, alors vous pourrez aspirer à une rencontre.

Ce sera une grande passion. Au début.

Et si vous choisissez le long terme, ce sera aussi un immense apprentissage d’une vie à deux riche, magnifique, qui tire vers le haut.

Pour sûr, vous serez « les bons » l’un pour l’autre.

Et vous vivrez. Pas toujours heureux, mais le plus souvent. Pas toujours contents, mais le plus souvent. Mais toujours engagés, et toujours aimants. Dans le respect et la réciprocité d’une union qui élève. Physiquement. Psychologiquement. Spirituellement.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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