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QUAND LE CONCEPT D’ATTACHEMENT EST GALVAUDÉ

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Il arrive que l’on tombe de plus en plus souvent sur des publications où l’on nous dit que l’attachement est une mauvaise façon d’aimer.

Ainsi, une petite vidéo du site « Sympa » affirme que l’attachement, c’est de dire : « je t’aime, rend-moi heureux ».

Une telle affirmation est simplement la démonstration d’une incompréhension de ce qu’est l’attachement… et par extension, de l’amour.

Évidemment, on ne sait pas qui a réalisé cette vidéo qui a pourtant été vue par un million sept cent mille personnes à ce jour.

C’est beaucoup comparé à ce texte qui sera lu tout au plus deux ou trois cents fois.

Et c’est tout le problème des médias sociaux qui permettent à des « experts » de tout acabit de lâcher des énoncés que tout le monde prendra pour la vérité alors que, très souvent, ils ne partent pas d’informations sûres et fiables.

Ce qui est triste dans cela, c’est que ça risque de faire des ravages énormes parmi les gens qui auront cru à ces affirmations, parce que ça encourage l’évitement qui est une forme toxique d’attachement.

En fait, l’attachement est un mécanisme normal chez l’être humain qui est construit naturellement pour s’attacher. C’est le cas de l’enfant qui s’attache à ses parents, et plus tard de l’adulte qui s’attache à ses amis et à son conjoint.

Ce qui est le plus intéressant, c’est que l’effet de l’attachement est paradoxal du fait qu’il amène la sécurité et conduit donc à l’autonomie.

On pourrait croire que l’attachement mène à une sorte de dépendance morbide. C’est ce que laisse entendre d’ailleurs la vidéo dont je parle au début de ce texte.

Pourtant, l’observation des enfants a amené les psychologues de l’attachement à une tout autre conclusion.

L’enfant a besoin de la sécurité de pouvoir compter sur ses parents quand ça va mal. Il a besoin de pouvoir se fier que l’autre sera là pour lui si une situation devient angoissante. Lorsqu’il a cette sécurité, il vaque alors à ses occupations sans se préoccuper outre mesure de son parent. Il fait ses explorations. Il découvre le monde. Et bien sûr, s’il se fait mal, il revient vers son parent pour recevoir une consolation. Une fois cette consolation obtenue, il reprend ses activités.

Si l’attachement ne s’est pas bien passé, il peut être en demande constante de l’attention de ses parents. On dit alors que cet enfant a un attachement anxieux. Il peut aussi faire complètement fi de ses parents. On dit alors qu’il a un attachement évitant. Bref, dans les deux cas, il n’est pas bien attaché à ses parents.

Il en va de même dans le couple.

C’est par l’attachement que l’on trouve sa sécurité. Si l’attachement est normal (on appelle cela « sécure »), alors chacun des deux partenaires se sent libre d’explorer ses capacités, ses envies, ses passions et s’occupe en général lui-même de ses besoins. Bien sûr, quand ça se mettra à aller mal, il aura naturellement envie de se faire consoler par son partenaire — ce qui est normal et pas du tout toxique — jusqu’à ce qu’il retrouve son équilibre.

Si son attachement est anormal, il attendra de son partenaire qu’il comble tous ses besoins (attachement anxieux) ou verra son partenaire comme inutile et même entravant dans son développement (attachement évitant).

Être attaché à son partenaire, c’est un processus normal de l’amour. Cela fait partie de l’engagement. Cela fait partie de l’amour. Et bien sûr, cet attachement implique que l’on a envie d’aider son partenaire à être toujours plus une meilleure personne.

Avoir besoin de son partenaire, particulièrement dans les vicissitudes de la vie, c’est aussi quelque chose de normal et de pleinement humain.

Est-ce de la dépendance ?

Bien-sûr.

C’est une saine dépendance.

Cette dépendance qui, contrairement aux idées reçues, rend pleinement autonome. (C’est ça, le paradoxe de l’attachement).

Avoir peur de l’attachement, c’est avoir peur de l’intimité.

Parce que s’attacher, ça veut aussi dire se présenter tout nu à l’autre. Avec ses travers. Avec ses fragilités.

S’attacher, c’est s’engager auprès d’une personne en lui donnant du pouvoir sur soi, confiant qu’elle n’en abusera pas.

Et quand l’attachement est réciproque, on s’engage. On construit. On s’élève.

Et on appelle ça l’amour.

Parce que l’amour, au final, c’est de pouvoir dire : je suis là, tu peux compter sur moi.

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