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« GRAND PARLEUR, PETIT FAISEUR. »

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Connaissez-vous cette expression? Ma grand-mère et ma mère la disaient tout le temps. Elle qualifie les gens qui annoncent haut et fort quelque chose mais qui ne font rien qui aille avec ce qu’ils disent.
Personnellement, j’ai été élevé avec cette expression. Et elle m’a en quelque sorte conditionné à vivre.
C’est peut-être un peu la raison pour laquelle je suis heurté constamment par les propos de gens qui dénoncent des situations mais qui ne font rien qui aille à l’encontre de ce qu’ils dénoncent.
Un exemple récent m’a beaucoup amusé. J’ai vu dernièrement quelqu’un qui dénonçait Noël comme une fête commerciale, complètement récupérée par le « capitalisme honteux ». C’était son expression. Il clamait ouvertement que le père Noël tel qu’on le connaît était une création de Coca-Cola, ce qui est vrai, et que c’était un scandale si les gens consommaient autant à Noël.
Moi qui ai toujours su que Noël avait une dimension commerciale et qui, ma foi, est bien récupéré quant à cela parce que ça ne me dérange pas outre mesure, je l’écoutais parler et commençais à me dire que je devrais peut-être réviser mes priorités.
Jusqu’à ce que j’apprenne qu’il avait deux enfants et qu’il leur avait acheté pour 4000$ de cadeaux chacun. Sans compter le reste de sa famille.
Il n’était pas fâché contre Noël… Il était fâché contre lui…
Ha ha ha ha ha… ou plutôt, comme dirait le père Noël : ho ho ho ho ho.
Comme il y en a beaucoup de ces gens qui gueulent contre quelque chose et dont la vie ne va pas avec ce qu’ils disent. Et qui ont le culot de nous dire quoi faire.
Si ça se résumait à des petits trucs comme la « dénonciation de Noël », passe encore. Mais c’est partout et de plus en plus violent.
L’avènement de FACEBOOK a permis de plus en plus aux gens de s’exprimer. Et c’est absolument incroyable ce que l’on peut lire parfois. Comme jugements… Comme violence… Comme méchanceté gratuite. Et en plus au nom de la liberté d’expression.
Mais la liberté d’expression n’autorise pas les propos haineux. Elle autorise simplement le droit d’exprimer son opinion… de façon respectueuse.
Alors un coup de gueule ce matin…
À toutes les personnes qui publient que des filles avec un surpoids qui font un vidéo ont l’air de « grosses vaches », je réponds : tu publies quoi, toi, et t’as l’air de quoi, toi?
À tous les gens qui disent que les jugements d’un groupe d’experts en psychiatrie sont « caves », je réponds : t’as étudié quoi, toi?
À tous les gens qui disent que tel artiste est stupide, je réponds : tu pratiques quel art, toi?
À tous les gens qui disent, à l’instar par exemple d’un chroniqueur connu, que les travailleurs sociaux et les psychologues ne font pas leur boulot, je réponds : toi, tu fais quoi pour que les gens aillent mieux?
À tous les gens qui se permettent de juger les interventions des profs dans les écoles, je réponds : toi, tu as enseigné combien d’années pour connaître ça à ce point-là?
À tous les gens qui se permettent un jugement, de quelque sorte que ce soit, envers quelqu’un qui essaie un tant soit peu que le monde change, je réponds : toi, tu fais quoi?
À tous les gens qui portent un jugement sur les autres, finalement, je réponds : parle-nous de toi. De comment t’es « hot », de ce que tu fais pour que le monde soit meilleur. Parle-nous de ta vie, parle-nous de ta formation, de tes convictions personnelles, oui, mais surtout de la façon dont tu appliques tes idées dans ta vie.
Parce que lorsqu’on porte des jugements personnels sur quelqu’un, il faut être parfait soi-même. Ou à tout le moins être meilleur que lui. Non? C’est le principe même de la paille et de la poutre.
Le monde que nous sommes en train de construire est un univers hypocrite qui, sous des dehors politically correct n’a jamais comporté autant de violence, autant de haine cachée, autant de colère refoulée. Jamais.
L’hypocrisie, y’en a marre.
Les critiques plates, y’en a marre.
Et il y a pire : ces gens, qui jugent de façon haineuse les autres, sont des experts dans l’art de retourner le problème en pointant du doigt l’agressé. C’est le principe même de la violence. Je suis violent parce que toi, tu as fait telle chose.
Ces mêmes personnes diront sans doute à propos de cet article : c’est ça, tu dénonces le jugement mais tu juges toi-même…
Vous voyez le truc? Plutôt que de se laisser interpeller, ils remettent le tout sur moi. C’est ça, la stratégie.
Mais je pose un jugement sur des actes et non sur des personnes. Je dénonce une situation, je ne dénigre pas les gens.
Retourner la faute sur l’autre, c’est simplement une stratégie.
Et ça ne marche pas.
Je n’ai jamais dénoncé le côté commercial de Noël parce que j’écoute de la musique de Noël, je décore ma maison et j’achète des cadeaux. Tu trouves ça quétaine? Tu as le droit de le penser. Mais tu n’as pas le droit de le dire. Occupe-toi de ta façon de fêter à toi. Et laisse les autres vivre.
J’incite les gens à donner généreusement à des organismes. Et je le fais moi-même.
Mais je ne suis pas parfait.
Il y a encore beaucoup de domaines où je pense quelque chose et où je n’agis pas comme je le pense. Malheureusement.
Et j’ai donc encore beaucoup de travail sur moi à faire.
J’ai bien l’intention de continuer d’ailleurs à tenter d’harmoniser ce que je dis avec ce que je fais.
Il me semble que si chacun réfléchissait avant d’écrire ou de parler, les choses changeraient.
La méthode est bien simple pourtant. Lorsque monte en moi : « y’est donc ben épais, lui », je pars à la recherche de l’épais en moi. Lorsque monte en moi : « y’ont donc ben l’air caves, eux-autres », je pars à la recherche du cave en moi.
Et vous savez quoi? Je le trouve tout le temps.
Parce qu’on n’a jamais fini de découvrir en soi quelques zones d’ombre qui fait qu’on est simplement des humains perfectibles.
On n’a jamais fini d’harmoniser ce que l’on pense et ce que l’on fait.
Suis-je un « grand parleur, petit faiseur »?
Mais bien sûr. Moi aussi. Dans certains domaines.
Et j’essaie d’en prendre conscience.
Parce qu’au final, ce n’est pas vraiment ce qu’on dit qui compte.
C’est beaucoup plus ce que l’on fait.
Et joyeux Noël, là… peu importe comment vous le fêterez!
Pourvu que ça vous représente vraiment!
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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

3 COMMENTAIRES

  1. Excellent texte! C'est super et ça fait vraiment réfléchir. Je crois qu'avant de juger les autres, je vais plutôt me regarder comment je suis moi. Joyeuses Fêtes à toi!

    Mylène

  2. Bien dit gentil homme, le succès n'est pas le fruit du hasard. L'effet miroir nous révèle toujours qui nous sommes vraiment. Seulement avec les yeux du coeur, nous verrons sans juger… Suzanne-plumes

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