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ON A TOUS UN POINT DE RUPTURE

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Nous venons au monde, pour la plupart, en bonne santé.

Physique et mentale.

C’est un acquis en quelque sorte.

Souvent, nous entendons dire par des « sécialistes » qu’ils vont nous montrer comment être en santé. C’est une affirmation un peu gratuite puisque nous le sommes. L’enjeu en fait, est de le rester tout au long de notre vie.

C’est très important de comprendre cela. Nous sommes déjà en bonne santé. Autant physique que psychologique.

Et sous sommes dotés d’une capacité extraordinaire obtenue de notre évolution : la capacité de souffrir. Bizarre, hein comme affirmation?

Au cours de notre vie, il nous arrivera en effet des événements : accidents, maladie, sévices psychologiques, abus, etc. Bien-sûr, on ne se les souhaite pas. Mais ça arrivera quand même. Et sous souffrirons.

Cette douleur, on voudra alors qu’elle disparaisse. Mais pour cela, il faudra d’abord l’écouter.

La douleur en effet est un mécanisme précieux chez l’humain car il renseigne que quelque chose ne va pas. Que ce soit physiquement ou psychiquement, quand nous souffrons, c’est que quelque chose en nous se passe dont il faut s’occuper. C’est ce que fait d’ailleurs le médecin quand vous y allez pour une visite médicale : « Décrivez-moi votre douleur », dit-il. Elle est où, de quelle intensité, elle ressemble à quoi? Autant de questions qui ne visent qu’un chose : où est le problème, le déséquilibre, l’erreur. Ce sera la même chose que fera la psychologue. Qu’est-ce qui se passe? Quelles sont vos émotions? Où ressentez-vous ce stress? Depuis quand avez-vous de la peine? À quelle fréquence vous mettez-vous en colère? Bref : où est le problème?

Il arrive que le problème soit simple : un microbe, une substance pour l’éliminer… la santé revient.

Il arrive par contre que ce soit un peu plus complexe : un deuil, le temps qu’íl faut pour qu’il se fasse…  avec tout ce que ça comporte de souffrances.

Pourtant, dans un cas comme dans l’autre, on y survit généralement. Et nous sommes surpris de voir que nous sommes différents ensuite. Oh, nous allons mieux… mais nous sommes différents. Nous nous sommes… adaptés. Et curieusement, nous sommes plus forts.

Tout est adaptation.

Pour rester en bonne santé physique ou mentale, il faut s’adapter. Montrer de la résilience.[i]

Pour cela, nous allons faire appel à notre coffre d’outils habituel[ii]

Si tout va bien, le problème rentrera dans l’ordre et on fera à l’avenir plus attention pour ne plus que ça se reproduise.

Et en général, c’est comme ça que ça marche… ou que ça devrait marcher.

Pourtant, il arrive que l’on n’entende pas les avertissements de notre corps. Pour toutes sortes de raisons.

Oh, ces avertissements sont clairs et variés : fatigue croissante, maux de tête de plus en plus fréquents, malade plus souvent, insatisfaction croissante de la vie de couple, hypertension difficile à soigner, toux insistante, sentiment de non-sens ou de vide… la liste est longue.

Sauf qu’on se dit : je n’ai pas le choix, je suis capable, encore un petit effort, ça va s’arranger.

N’avons-nous pas été élevés avec le message : tais-toi et avance? Sois fort?

Et la société a ajouté à ça le mythe du « donner son 110% », la notion de « qualité totale ». Être imparfait est devenu une tare.

Alors un jour, ça casse. Une dépression, un cancer, une crise cardiaque… Tout peut arriver. Et alors on se dit presqu’à chaque fois : « j’aurais dû m’écouter ».

Sauf que pour s’écouter, il faut d’abord déprogrammer cette injonction en soi : sois fort…

Pour s’écouter, il faut accepter les conseils des gens qui nous aiment vraiment.

Pour s’écouter, il faut renoncer à être parfait.

Et ensuite, il faut devenir alerte.

Je n’ai pas aimé cette rencontre. J’ai eu un dôle de feeling. Je suis plus fatigué ces temps-ci, je dois me reposer. Je manque de défis dans mon travail, je m’ennuie. Je me sens mal mais je ne sais pas trop comment le définir…

Vous vous souvenez de ce que je vous disais de la souffrance? C’est un signal d’alarme nous renseignant que quelque chose ne va pas. Quand cela se produit, il faut l’écouter. Pas le fuir.

Si cela concerne une relation, il faut en parler à cette relation.

Si cela ne concerne que vous, il faut aussi en parler à ceux qui vous aiment.

Dans tous les cas, il faut définir ce qui se passe et y remédier.

Bien sûr, la plupart du temps, on ne le fait pas.

Des dizaines de personnes sont passées par mon bureau et auraient pu l’éviter si elles s’étaient écoutées.

On se fie beaucoup à nos mécanismes d’adaptations normaux. Mais trop. Et on oublie que parfois, il faut davantage.

On pense qu’on peut toujours en faire un peu plus, supporter encore davantage, mais c’est faux, On a tous un point de rupture. Un point où il n’y aura plus de résilience. Un point où tout va craquer.

Et ce serait une bonne idée de prendre soin de nous avant.

Bien avant.

———————–

[i] On connait ce mot. On l’a entendu partout.

Mais ce n’est pas d’abord un terme psychologique. Il est utilisé en ingénierie, en physique etc… Il signifie la capacité d’un matériau à résister au choc, à fonctionner même quand il est altéré.

Bref, du point de vue humain, la résilience, d’une certaine façon, c’est la capacité d’absorption des aléas de la vie.

Le corps est résilient. L’esprit aussi.

Sur le plan physique, il se produit inévitablement certains déséquilibres dans notre organisme. Quand vous voyagez en avion, à une certaine altitude, votre sang s’épaissit. La circulation est moins facile. Pourtant, vous n’éprouvez pas de malaise particulier. Votre corps s’adapte. À une certaine hauteur dans les montagnes, l’oxygène est plus rare. Si vous n’y êtes pas habitué, il vous faudra un certain temps mais au final, votre corps se sera adapté.

[ii] Nos mécanismes d’adaptation connus – aller voir le médecin, parfois voir un psy, se changer les idées, voir des amis, suivre une diète, se reposer etc. Parfois aussi, des mécanismes moins efficaces (en tout cas à long terme) : fuir le problème, boire, prendre de la drogue.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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