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QUI NE DIT MOT NE CONSENT PAS NÉCESSAIREMENT

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On a tous déjà entendu ce proverbe : « Qui ne dit mot consent ».

En général, à moins d’une énormité, on est en général d’accord avec cet énoncé et on le prend comme tel.

Évidemment, si j’annonce à ma conjointe que je l’ai trompée et qu’elle ne parle pas, je me doute bien que c’est sous le choc et que la réaction ne sera sans doute pas très positive lorsqu’elle se fera.

Pourtant, dans la vie courante, quand nous affirmons telle ou telle chose, le silence de l’autre est très souvent interprété comme un acquiescement. Et c’est d’autant plus fort si les actes suivent.

Si, par exemple, je dis : « J’aimerais bien aller à la mer aujourd’hui », qu’il n’y a pas de réactions de la part de l’autre qui me suit à la mer, j’imaginerai sans peine que cet autre était d’accord.

Sans peine, oui, mais avec raison ? Hélas pas toujours.

Il y a des gens dont l’attachement est évitant et qui répugnent tellement à la « confrontation anticipée ». Ils se taisent et vont jusqu’à faire ce qu’on suggère pour éviter cette confrontation.

On peut alors imaginer que de la colère se fabrique en eux constamment.

À la fin, qui sera tenu pour responsable de cette colère ? Nous, bien sûr.

Un jour, un homme se présente au bureau et me dit : « ma conjointe m’a apporté des papiers d’avocat pour le divorce, mais je n’étais même pas au courant que ça allait mal ».

Il a quitté la maison pour un petit appartement, mais lui a demandé de mettre par écrit tout ce qu’elle lui reprochait, juste pour savoir.

Quelques mois plus tard, l’homme reçut la liste très longue des reproches de sa conjointe. Hormis un point qu’il admettait avoir su à savoir qu’elle n’aimait pas quand il écoutait le sport à la télé, rien de ce qui était dans la liste n’avait déjà été nommé. Pire : plusieurs des choses de la liste avaient été faites facilement, sans qu’il y ait aucune forme d’objection : aller visiter ses parents, la plupart du temps quand ils faisaient l’amour, certaines séries télé qu’ils écoutaient ensemble.

J’ai pris ici l’exemple d’un homme surpris par une femme qui ne parle pas. J’aurais pu prendre également un homme qui ne parle pas. C’est le reproche des femmes le plus courant que j’entends dans mes consultations.

Qui ne dit mot ne consent pas forcément.

Cependant, comme il est impossible de les deviner et impossible de leur demander de se mettre à parler, le meilleur conseil que l’on pourrait donner est de prendre l’habitude de poser la question après une affirmation : « qu’est-ce que tu penses de ce que je viens de dire ? »

Cela implique de ne plus croire que la pensée de l’autre est toujours en accord avec la sienne lorsqu’il ne dit rien. Bien sûr, c’est décevant. Mais bien moins que de tenir pour acquis quelque chose qui, tôt ou tard, nous sera reproché.

Cependant, très souvent, à la demande : « qu’est-ce que tu penses de ce que je viens de dire », la réponse sera « je ne sais pas », ce qui veut très souvent dire : « je ne suis pas d’accord, mais je ne veux pas en discuter ».

Si cela se produit trop souvent, il ne reste de choix que de s’éloigner de cette personne.

En effet, ne pas accepter de discuter de son point de vue est très souvent un refus de relation.

Le silence, très souvent, peut aussi être une forme de violence.

Il n’y a pas de relation possible avec quelqu’un qui garde le silence.

Une relation, tant en amitié qu’en amour, suppose une ouverture de soi vers l’autre dans une communication sincère, authentique et vivante.

Qui ne dit mot consent. Vraiment ? Pas toujours. Hélas.

Par contre, lorsque l’on se fait demander ce qu’on en pense, la réponse devrait être honnête, quitte, bien sûr, à en discuter.

Et si une personne ne veut pas discuter, ne veut pas communiquer et ne veut pas s’ouvrir, il n’y a aucun inconvénient tant qu’elle reste seule.

Parce que le mensonge n’est pas de ne pas discuter.

Le mensonge est de prétendre vouloir une relation pour ensuite s’enfermer en soi-même et ne plus communiquer.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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