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QUAND L’INFIDÉLITÉ NE SERT QU’À TOURNER EN ROND.

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Petite réflexion courte ce matin mais combien intense qui monte en moi suite à diverses rencontres depuis quelques semaines.

À force de voir des gens qui trompent leur conjoint, à force d’entendre des personnes piégées dans l’impossibilité de faire une choix entre deux personnes, une sorte de cri intérieur se manifeste ce matin.

J’ai déjà dit que l’infidélité, pour moi, était la manifestation d’une distance entre les deux personnes du couple. S’il y a espace, il y a place pour qu’une troisième personne vienne se placer entre les deux.

Mais pourquoi y a-t-il un espace?

Parce que certains de mes besoins ne sont pas satisfaits.

Et souvent, à défaut de les exprimer clairement, de m’en occuper adéquatement, une distance se créera entre nous.

C’est alors qu’arrive la troisième.

Je sens en moi un élan vers l’autre.

Je suis amoureux de quelqu’un d’autre? Mon couple est en danger?

Pas nécessairement.

Je suis en manque, d’une certaine façon.

Manque de tendresse, de sécurité, de communication, de sexe, peu importe.

Je porte en moi un besoin qui crie.

Cette attirance vers l’autre est donc très probablement une reconnaissance que l’autre pourrait combler ce besoin.

C’est là qu’est le piège.

Je suis en train de reconnaître qu’une personne pourrait satisfaire un besoin non comblé et je nomme ça « amour », « coup de foudre », « attirance »…

Et c’est là qu’il est possible que je « passe à l’acte ». Certains vont même aller plus loin. Ils vont prendre un amant, une maîtresse, donc s’engager dans une relation à long terme avec l’objet de leur désir (un désir de combler essentiellement un besoin).

Et souvent, ils vont se retrouver incapables de décider, incapables de choisir, incapables de mettre fin à la première relation. Pourquoi?

Parce que, il faut bien le dire, cette première relation comble aussi des besoins que la deuxième ne comble pas nécessairement.

Et voilà qu’ils se retrouvent dans une situation où, selon leur propre expression en thérapie, « il leur faudrait les deux » pour être bien.

Ils tournent en rond.

Ils sont tombés dans le piège.

Le piège qui fait que l’infidélité est souvent un moyen de ne pas quitter notre relation.

De leur côté, la maîtresse et l’amant ne comprennent pas pourquoi l’autre a beau dire qu’il va quitter son conjoint, cela ne se fait pas.

Personnellement, je crois que les relations sont à vivre l’une après l’autre et non deux en même temps. Évident, vous me direz? Je n’en suis pas certain. De plus en plus de gens trompent leur partenaire. Et c’est à mon avis le plus grand piège du couple. Et ce n’est plus uniquement les hommes qui tomebent dans ce piège. De plus en plus de femmes s’y laissent prendre aussi. Mais ça reste un piège.

Parce que ça ne permet pas de régler le problème qui existe dans la première relation.

Parce que ça ne permet pas de s’engager totalement dans la deuxième.

Parce que ça immobilise le mouvement de l’être au lieu d’y mettre un mouvement de développement essentiel.

Si je suis en couple et que cette relation ne me satisfait pas, je dois identifier mes besoins, les nommer, faire ne sorte qu’ils soient satisfaits.

Et si cette relation ne me convient pas, je dois simplement y mettre un terme.

Seul.

Héroïquement.

Puis attendre.

Attendre que je m’occupe ardemment de ces besoins qui crient en moi.

Afin de n’être plus en carence.

On n’entre pas en amour par un manque.

On entre en amour comblé. Comblé par soi.

Et c’est alors que tout devient possible.

Parce que je suis moi.

Parce que je n’ai pas besoin d’elle.

Et c’est bien parce que je n’en ai pas besoin qu’elle deviendra si importante pour moi.

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Jean Rochette
Coach personnel, psychologue et psychothérapeute, Jean Rochette se passionne pour nos deux chemins de vie: pour soi (nos enjeux) et pour les autres (la mission). Il est l'auteur de "Faites exploser vos couleurs" et "Des silences ébruités" aux Éditions du Dauphin Blanc. Diplômé de niveau maîtrise (Master) en Sciences de la religion (Université de Sherbrooke) et en Psychologie (Université Laval), il a enseigné pendant 32 ans dans un collège du Québec.

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